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Le silence, la soumission ; vecteurs d’autodestruction du peuple haïtien

Le silence, la soumission ; vecteurs d’autodestruction du peuple haïtien



Selon le grand principe établi déjà il y a quinze siècles par le philosophe Augustin d’Hippone : « À force de tout voir, on finit par tout supporter… À force de tout supporter, on finit par tout tolérer… À force de tout tolérer, on finit par tout accepter… À force de tout accepter, on finit par tout approuver ! » (citation de Saint Augustin).


Voilà ! Cette belle parole du grand Augustin d’Hippone nous sert de pesanteur pour faire le point sur la situation actuelle du pays. On ne pourrait imaginer comment il est si facile en moins de dix (10) ans, qu’Haïti atteigne son niveau le plus crapuleux de toute l’histoire. Des gens qui n’avaient rien à voir avec le développement, la croissance, le bien-être collectif ou même l’importance de la vie. Ces gens-là n’ont aucune connaissance scientifique des domaines moteurs et incontournables pouvant être boostés dans le pays ; ils ne savent rien du mieux-être collectif ou des domaines comme l’agriculture, l’éducation et la technique pour ne citer que ceux-là. Ils sont arrivés au pouvoir pour réduire Haïti à cette expression folle et honteuse. Leur seule raison d’existence est de participer à un complot avec la complicité des pays impérialistes de l’international et la bourgeoisie du pays déjà mal qualifiée depuis toujours pour avoir pris le pays en otage. Comme conséquence, les résultats sont inquiétants à tous les points de vue de la vie nationale ; tel n’était pas le cas auparavant même si le pays était déjà sur la pente descendante.

On assiste à l’effondrement total des institutions du pays, il ne reste plus de norme ni rigueur dans les affaires de l’État ; les occasions importantes, les moments forts et prestigieux en ce qui concerne l’organisation de l’État se font sans protocole et sans décence. La démocratie se résume à une simple question d’une durée de mandat ou d’organisation d’élections, quelles élections ! Tous les acquis et les droits fondamentaux que réclame la démocratie sont écartés, et ceci sous le regard des gens qui se disent lettrés, formés, éduqués et intellectuels. Ces adjectifs, qui aujourd’hui sont dépourvus de sens par rapport au mode de gouvernance, d’organisation et de la planification des soi-disant dirigeants au plus haut niveau de l’État.

« Le pays n’est ni dirigé ni gouverné », il a déclaré le matin de sa mort… Cela n’aurait pas dû lui causer la mort, mais c’est la réalité haïtienne. La question, pourquoi cela n’est-il pas aussi une goutte d’eau pour renverser le vase des maux dont nous souffrons ? La mort d’un bâtonnier, un bâtonnier de grand calibre, pas n’importe qui. Ces morts regrettables représentent une perte énorme pour le pays. Sans omission aucune, hommage à tous ceux qui se sont baignés dans leur sang sans être coupables de leur mort. Ils sont victimes de l’État et par l’État. Qui a le courage de hausser la voix pour dire que nous faisons face à un État prédateur, un État criminel ? Le silence est presque absolu. Les directeurs d’opinions assistant cette situation de leurs propres vus et leurs propres sus ne font que le travail de leurs patrons.

OK, c’en est assez ! Combien de bâtonniers, de juges et d’avocats doivent être assassinés pour que le pouvoir judiciaire se rende compte que son silence et sa soumission au pouvoir exécutif font trop de mal au pays ? Combien de directeurs d’opinions, de journalistes, de présentateurs radio-télé doivent baigner dans leur sang pour que la presse haïtienne, les médias se rendent compte qu’ils détruisent l’information au détriment du pays ? Combien d’étudiants doivent être forcés hors des universités, des facultés, pour que les concernés et la jeunesse universitaire haïtienne se rendent compte qu’ils n’ont aucune mission et vision pour la construction du savoir haïtien ? Combien de bébés, de gens du ghetto, de gens de toute sorte de différentes couches de la sphère sociale haïtienne doivent être massacrés, brûlés, mutilés par le banditisme d’État ? Combien et combien encore...

Rendons-nous compte que nous sommes tous victimes de notre silence et de notre soumission au mal infernal auxquels nous faisons face depuis toujours et pire encore durant cette dernière décennie ? Nous acceptons tout ce que nous voyons et entendons, nous supportons tous les maux, nous tolérons toutes les fautes, nous acceptons toutes les bêtises et nous finissons par tout approuver. Et, nous voici par-devant notre image réelle. Qu’attendons-nous pour nous défaire de nos êtres insupportables ? Il est temps de dire NON au mal de toute sorte auquel fait face le pays, à la violence d’État en se battant pour le bien-être collectif, la justice sociale, la sécurité et la liberté.

Féguens Joseph,
éducateur, économiste, spécialiste en Business management




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