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Diego, el oro rarísimo !

Diego, el oro rarísimo !



Oui Foot ! Du talent, du génie, de l’art, de la finesse, de l’efficacité, de la générosité, de l’intelligence, de l’excellence ; tout de go, Diego est au football ce qu’est Albert Einstein à la science moderne.


Force de caractère, capitaine, leader incontestable et incontesté, entraîneur sur le terrain, qu’il soit en sélection nationale ou à ses différents clubs, « El Pibe de Oro » se démarquait de plusieurs années-lumière de ses coéquipiers et de ses adversaires. Aucune discussion, aucune controverse, aucun doute ; par sa confiance en soi et sa maturité psychologique, Maradona s’impose au terrain, en dehors du terrain, dans les vestiaires et dans les entrainements. Gamin de mon état, je pensais toujours que Diego était le plus âgé de tous, tant par rapport à ses coéquipiers que ses adversaires.

Sur les plans artistique et pragmatique, Maradona n’a pas fait comme les autres ; il a accompli ce que beaucoup de génies n’ont même pas su entamer. Armando n’a pas toujours bossé pour les meilleurs clubs, mais par sa présence les petits poussins festoyaient dans la cour des grands. Qu’il soit des équipes ou de simples joueurs, Diego a su transformer les moyens en excellents !

Dribbles, coups francs, lobes, ailes de pigeon, coups du sombrero, talonnades, feintes de corps, passes décisives, des buts ; rarement footballeur n’a sorti autant de délices assortis de résultats spectaculaires.

Le génie n’a pas qu’un siècle, il est éternel

Partant d’une référence en différentiel, absolument personne n’a apporté autant de valeur ajoutée individuelle à ce beau jeu collectif reposé fort souvent sur l’exploit et la magie de Maradona. Doté d’un talent surhumain, dans tous les matchs, à l’unanimité, Diego a été toujours comme un « Argentin » emprunté de Jupiter. Accélération balle au pied, passes dosées d’une précision chirurgicale, il n’y a eu d’armure ni de mur solide pour stopper Armando en son armada de gestes légendaires. Il détenait la mission de faire des miracles pour assurer des victoires et des trophées même aux piètres équipes au sein desquelles il mouillait le maillot.

D’une prestance de paon, dans une fière allure, en posture idoine, la présence de ce pied gauche imprévisible renforçait les conditions psychologiques de ses camarades. De l’autre côté, les cœurs des gardiens battaient la chamaille pendant 90 minutes de stress, car difficile pour eux de ne pas donner dos au rectangle puisque Diego est en face. Ce n’est rien qu’une question de minute, certitude quasiment absolue que le cuir va secouer le filet.

Quand, non loin de la surface, Diego dépose son pied gauche magique sur la boule, cela ne tourne pas rond pour le responsable de la cage. Les goalkeepers ont vu des couleurs. Pas uniquement dans les rencontres ordinaires, mais aussi dans les classicos et les derbys, Diego ne passe jamais inaperçu. Quel quarantenaire ne se rappelle des fameuses prestations maradonesques classiques Napoli-Milan AC face au trio hollandais GURIVA ?
Adulée par des dizaines de millions de fans, cette idole du sport faisait de la concurrence avec la superstar de la musique pop. Dans tous les coins et les recoins, Michael Jackson faisait mimer les enfants et les adolescents à travers des mouvements élastiques du corps. Dans les championnats de vacances, les Ti-kan et même à la coupe Pradel, le sacré numéro 10, fétiche de Diego, se départageait en des conflits entre coéquipiers, car ce dossard envoyait toujours, à juste titre, le signal du meilleur des onze. Une multitude de disciples du beau, de l’exquis et de la classe, Diego en a fidélisé.

Dieu gratifia l’humanité de Martin L. King oint d’une énergie surhumaine, d’un cœur magnanime et d’un souffle charismatique inouï pour accomplir la mission impossible de persuader et de transformer les cœurs des bourreaux pour que la fraternité et l’amour règnent dans les relations humaines, peu importe l’enveloppe épidermique. Dieu dota Toussaint, Dessalines, Christophe et consort de l’esprit ingénieux de planifier la délivrance d’Haïti et de nombreux pays de la région de la fournaise ardente de l’esclavage. Cette ineffable prouesse accomplie par nos ancêtres a donné naissance et de la substance à des conventions, des traités et à la Déclaration des droits humains qui bannissent les crimes contre l’humanité.

Moïse avait reçu la vocation de sauver le peuple d’Israël de l’esclavage séculaire des Pharaons d’Egypte. Décidément, le Créateur avait fait choix d’un Diego pour procurer du plaisir jouissif à un jeu sportif admiré par des centaines de millions d’humains. En plus de la devise sportive sacro-sainte « Mens sana in corpore sano », Diego y procurait une immense joie supplémentaire qui pouvait faire taire les petits caprices et rancunes entre frangins qui se réconciliaient pour savourer ensemble devant leur petit écran les pas de tango de Diego en des virtuoses de goals.

Les deux sexes confondus, il n’y a pas que le point de Gutenberg qui puisse déclencher l’orgasme féminin, à gagner dans la plus grande patience. Il n’y a pas qu’une seule façon d’atteindre le septième ciel. Même à l’époque de l’embargo, si on disposait juste d’un petit frigo et d’un téléviseur qui accueille les œuvres magistrales de Diego, l’extase pouvait être à son paroxysme. Des gouvernements populistes savaient en profiter pour ériger des écrans géants sur les places publiques tout en s’assurant que le bonheur généré par le génie de Diego servirait d’opium pour le peuple.

Un jeu collectif souvent métamorphosé par l’empreinte d’un seul

Évidemment, je concède l’idée plausible que le football est un jeu collectif ; toutefois, j’ai été témoin de victoires impossibles, de trophées conquis par le truchement d’un seul du groupe. Juste enlevez Maradona de la sélection d’Argentine de 1986, il ne reste que des joueurs moyens, incapables alors de détrôner l’Angleterre de Lineker, le Brésil de Ziko, la France de Platini. Simulez le Napoli sans Diego, l’équipe se réduit à une peau de chagrin. Jamais pion individuel n’a été aussi déterminant pour assurer cette confiance de gladiateur chez ses coéquipiers et le douzième homme qui faisait tout le temps des paris sur ce pied gauche prodigieux.
Annoncez à l’affiche que Diego n’y sera pas, le stade peut se vider et se réduire de moitié. À l’image du sel de la cuisson haïtienne, ôtez Diego à un match et le football perd sa saveur. Duels aériens, contrôles déguisés, lob intuitif, pichenettes, roulettes, grands ponts, petits ponts, Diego ne portait pas ses « crampons » pour de belles dents.

Comment un tifosi de ce beau jeu aurait-il raté même une rencontre amicale si d’avance il savait que Diego serait sur le terrain ? Au cours des années 90, quelque fervent que soit un jeune, difficile de suivre les 52 leçons dominicales programmées pour l’année. Car, le dimanche matin, Diego était le principal « vilain » qui alimentait un certain conflit calcio-église, tout en nous gâtant de goals à gogo.

Toujours dans un lago fatidique où ils sont le dindon de la farce, Diego ridiculisait de dribbles les défenseurs qui souvent se triplent, se quadruplent et se quintuplent. Quand ils appliquent la stratégie du marquage à la culotte de mettre presque tous leurs œufs dans un seul panier, Diego s’en débarrasse dans une pichenette, une aile de pigeon ou une talonnade magique en mettant un amigo en orbite. Souvent ce numéro 10 crucifie son ego pour laisser briller des numéros 7, des numéros 9 tels que Carnevale, Careca, Caniggia, Valdona ou Burruchaga qui détiennent la dextérité de catapulter le cuir dans le filet. Bingo !

C’est bien dommage que le plaisir footballistique au sommet ne puisse pas être créé après la trentaine. Sinon, j’aurais savouré soixante ans de jubilation avec ce prodige qui caressait le ballon rond « de la tête au pied » et faisait vibrer les filets en permanence. Dieu merci que Youtube et Facebook ont été inventés pour nous consoler en des exploits en différé de notre Pibe de Oro que nous ne cesserons de déguster à soixante reprises.

Toute belle histoire a une fin

De la convoitise, de la drogue, de l’alcool, des Dalida en complot avec la mafia, tous les projecteurs étaient braqués sur cette légende. « Errare humani est » ; humain quand même, à l’instar de beaucoup d’autres, Maradona n’a pas été épargné de certaines folies. Et les conséquences désastreuses ont été payées au prix fort. Crise cardiaque, hématome à la tête, une fin de vie rythmée en dent de scie, Diego avait subi des interventions chirurgicales aux genoux, à l’estomac, au cerveau. Un guerrier épuisé, on sentait qu’il jouait les phases de prolongation au jeu de la vie.

Une étoile éteinte après 60 bougies allumées tout feu tout flamme, on est témoin que ce parcours terrestre a été exalté d’une trente glorieuse avant de sombrer dans la grande dépression.

Après tant de plaisir qu’il a su apporter à l’humanité, si le paradis a été promis même au mauvais Larron auto-avoué, nous avons la certitude que l’intelligence qui animait Diego pendant son périple terrestre l’avait guidé à débarrasser son cœur de tout sentiment de haine et de rancune éventuelle pour décrocher une couronne auprès du Père. Adieu Diego !

Carly Dollin
carlydollin@gmail.com




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