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À califourchon!

À califourchon!



« Les vertus se perdent dans l’intérêt comme les fleuves dans la mer ». La Rochefoucauld Derrière toute neutralité se cachent la lâcheté, la passivité, l’infamie, sinon l’hypocrisie, la facticité et la ruse nourries par l’attitude pervertie, invertie et travestie de toujours gagner quelque soient les vicissitudes, incertitudes et inquiétudes provoquées par les dynamiques cosmiques.

L’univers pervers regorge de ces attitudes oscillatoires qui savent cerner avec promptitude, les amplitudes, latitudes et longitudes des privilèges et opportunités dans leur complétude. Quitte à ce qu’elles témoignent à la postérité une ingratitude dans une ample infinitude, les âmes blasées dans la platitude - prêtes à hypothéquer les trames académiques, les fondements déontologiques et leur foi ecclésiastique – poignardent, dans un bruyant vacarme, la logique et la dialectique en des flopées de coups d’épées dramatiques.
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Sans conviction, sans position, sans décision- incohérents, aberrants, ridicules, à la fois à l’envers et à l’endroit, démocrates et républicains, de gauche et de droite, ange et démon – le caméléon politique lance constamment le sophisme d’être politiquement correct à chaque fois qu’il salit l’esthétique et noie l’éthique dans un océan de confusion.

Au sein de cette Haïti d’aujourd’hui, martyrisée, indignée, décatie, abêtie et anéantie, on compte tellement « d’intellectuels petits », expression empruntée à Alain Dhainaut. Ces esprits arides, vides, avides, toujours à califourchon - qui s’alignent, se désalignent et se réalignent en clignant les yeux - sont vivides, limpides et intrépides à vanter tristement la culpabilité et à éventrer sinistrement l’innocence.

À cause de la volonté involontaire de la majorité souffrante d’adopter un silence suicidaire, la minorité tonitruante s’abonne avec la presse prostituée en s’adonnant à des randonnées abracadabrantes pour nettoyer le badigeonnage de l’inculture et de la sinécure des sauvages dans leur rage de planifier le naufrage titanesque de la barque nationale.

De ces comportements zigzagués affichés par les affairistes et arrivistes au contrôle des régimes politiques débiles pour constamment tordre la vérité et assassiner la justice à longueur de journée, par télépathie les larmes des immortels savants et philosophes se versent dans une pénible hémorragie.

Au prisme de la critique de la raison pure où Emmanuel Kant argue que le « noumène » contrairement au phénomène nous mène et nous traine dans la subjectivité et l’illogisme susceptible d’obstruer la lumière sur les faits réels, faudrait-il déduire que le philosophe axait ses analyses transcendantales sur la fausseté préméditée des pensées biaisées des sophismes politiques du siècle présent ?

Privées de conscience et de convenance intellectuelle, une palanquée de personnalités diminuées vacillent dans une connivence répugnante avec l’indécence pour se suicider en des acrobaties périlleuses à travers des « subterfuges sophistiques » pour noircir le blanc et blanchir le noir moyennant des intérêts mesquins et des privilèges éphémères.

Les indécis

Détenteurs de carte de résidence étrangère, de nombreux cadres des secteurs privé et public à notre lamentable Haïti seraient tout bonnement des passagers clandestins à leur propre terrain de naissance. Réflexe du sauvetage individuel, cette catégorie n’est pas nécessairement à califourchon de manière délibérée.

Hormis les rares mordus dans une attache patriotique viscérale qui tiennent mordicus qu’ils prennent l’option courageuse de rester cloués dans le corps et dans l’esprit à notre terre démonisée dans une gouvernance mazette endiablée, les cerveaux sains qui restent au pays sont juste à califourchon entre le froid glacial d’outre-mer et un certain poste « prestigieux » à une banque, un ministère ou une organisation internationale.

À ce point culminant d’une pyromanie extrême provoquée par des maniaques et des démoniaques dans un risque de renversement du baril de poudre corrosif que la moindre étincelle peut faire sauter, l’instinct de survie inviterait tout détenteur d’un visa à se déguerpir au Brésil, au Chili, aux États-Unis afin de ne pas succomber de ce stress traumatique au quotidien. Cette tendance amplifie davantage l’acuité de la fuite massive de la matière grise que la Banque mondiale évaluait à plus de 82%, depuis déjà cinq ans.

L’IHSI ne disposant pas de boule de Crystal ne saurait être précis sur les statistiques actualisées relatives à cette perte sèche d’une jeunesse désespérée qui s’enfuit à des destinations qui les accueilleraient dans la prostitution comme porte de salut. Mais pas besoin d’une expertise avérée, pour le moins, le gros bon sens observe dans une clarté obscure comment se rétrécissent les bases de cartes, de dominos, des jeux collectifs voire l’effectif de la population estudiantine aux niveaux secondaire et tertiaire. Dans la solitude, l’indignité et la tristesse, le pays se vide de ses fils et de ses filles.

De cette crise identitaire accrue par ce contexte social incendiaire, aucune nation ne peut garantir la mobilité sociale sur laquelle pourtant repose la détection de meilleurs citoyens pour assurer la bonne gouvernance, l’acquisition et l’implémentation des nouvelles technologies et méthodologies socioéconomiques. Seule une politique de fuite inversée des cerveaux saura rétablir l’équilibre. Un projet épineux, mais salvateur dans le cadre de la nouvelle Haïti.

Le climax du crime et de la peur !

Aujourd’hui, in abstracto et in concreto, tout le système a franchi la barre terrifiante de la criminalité paroxysmique au point que les institutions régaliennes, laissées dans l’insouciance au contrôle d’âmes chtoniennes, recrutent des malfaiteurs, protègent des fraudeurs, fédèrent des fauteurs de troubles et des assassins de grand chemin. De cette mouvance bizarre, la dialectique s’étonne de constater que promotion et couronne sont réservées à la médiocratie pendant que la méritocratie peine à décrocher un stage.

À défaut de brigadiers des principes républicains pour assurer le ferme plaidoyer d’emprunter le sentier de la justice, les contrebandiers économiques jouent le drôle de jeu vicieux, droit et gauche, de financer à la fois la gauche et la droite. Cette attitude sinusoïdale truffée de mesquinerie et de cleptomanie hypothèque les vertus de l’intégrité, de la dignité, de l’équité et de la prospérité partagée propulsées depuis l’antiquité par nos valeureux grenadiers, pionniers de la liberté et de la fin des cruautés de l’esclavage contre l’humanité.

Erreur de croire que les financeurs des adversaires de la démocratie - faussaires d’élections frauduleuses, thuriféraires intellectuels, commissaires des œuvres lucifériennes, métazoaires de la jungle politique - seraient des égarés ou des idiots tombés de la dernière pluie. Faux amis externes et traitres fils internes, ils y font tous leur beurre !

En effet, les turbulences se dressent en occasion propice aux hypocrites pour forcer les capitaines déchus à décréter des projets de mauvaises mœurs pour se pérenniser dans un pouvoir de perturbation. Pendant que le peuple se ride dans une laideur effarante, c’est paradoxalement le moment de mauvais deal entre faux leaders et dealers. Après avoir parcouru des centaines de kilomètres dans une caravane de procrastination, trop tard pour un U-Turn salvateur. « Gouverner c’est prévoir et pour prévoir il faut savoir ».

Pas de messie étranger

La coopération internationale fait semblant de résoudre les problèmes qu’elle s’applique à entretenir (Assistance mortelle). Dans la même veine, William Easterly (2006) dans « The White Man’s Burden », a déjà indexé la problématique de l’incitation des acteurs comme le coupable de l’échec des coopérations. Qu’il soit le gouvernement ou les administrateurs de l’aide étrangère, on ne saurait espérer des résultats soutenables ni des améliorations au profit des classes défavorisées sans pouvoir compter sur leur feedback qui sont censés être les principaux bénéficiaires.

Pour sa part, Joseph Stiglitz dans « People, Power and Profits » (2019) - qui évoque souvent le problème classique de la théorie de l’agence à titre de parallèle pour argumenter dans le même sens que William Easterly – explique le fossé des inégalités inter et intra nations par le côté inique des pouvoirs de marché. Ce dernier point cadre avec la nécessité de l’autodétermination des sociétés pour pouvoir changer de trajectoire. Dans le chaos, ce ne sont pas véritablement les multinationales qui vont apporter la sécurité, la stabilité, la paix et donc des solutions soutenables.

D’ailleurs, la loyauté est le cadet de leur souci. Dans la facilité, les récipiendaires sournois, sans foi ni loi, en contrepartie de leurs vieux jours allongés à la bulle, livreront tous les endroits du sol, du sous-sol et de la mer à ces bourgeois et sponsors pharisiens - Parisiens, Canadiens, États-uniens, Dominicains et vauriens de l’élite crasseuse – pour toiser les plus démunis de leurs yeux vairons pendant qu’ils fourrent leurs nez allongés et leurs doigts belle longueur dans les ressources économiques du pays.

À long terme, peu importe les occupants du terrain politique, ces vilains parrains se confortent comme des barons macarons, des fanfarons, des patrons habillés en paons, en pharaons condescendants, pour escamoter la cagnotte et capoter le canot national en des négociations souterraines avec leurs petits copains aux postes régaliens puisqu’ils seraient les vrais capitaines souverains qui pilotent l’engin.

Parlant de la rentabilité de l’industrie du chocolat, les Ivoiriens fournisseurs de la fève de cacao n’y voient rien. Dans la technologie, les citoyens de la République Démocratique du Congo, productrice du cobalt, sont tagués de cons. Les flibustiers de l’Occident emportent les biens des Libyens. Haïtiens, Guinéens, Ethiopiens, Nigériens, Ghanéens, Zambiens, Libériens, Zimbabwéens, Centrafricains, nous sommes tous ridiculisés par le capitalisme fou et aveugle. Le Rwanda a montré le chemin ; il faut aux postes régaliens de la colonne vertébrale si l’on veut consolider les pylônes de la liberté intégrale.

Il est temps de cesser d’entonner les mêmes refrains, les mêmes traintrains et les mêmes pétrins connus par nos frères Africains appauvris dans une sempiternelle connivence d’exploitation entre officiels au destin pénitencier avec des criminels financiers de la pire espèce.
Quand l’élite nationale ne joue pas sa partition dans la dignité, en des positions justes sans vaciller dans toutes les directions, la disparition d’une nation peut devenir imminente.

Carly Dollin
carlydollin@gmail.com




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