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La santé : Dr Lominy et Dr Sanon font Le Point !

La santé : Dr Lominy et Dr Sanon font Le Point !



À l’émission phare Le Point de ce mardi 6 avril, animée par le journaliste Wendel Théodore, qui portait sur des éclairages relatifs au cancer, à l’insécurité alimentaire, aux maladies des reins et à la Covid, la Radio et Télé Métropole a reçu au profit de la population et du gouvernement deux sommités du champ médical aux États-Unis, docteure Shella S.F. Lominy et docteur Julien Sanon.

Cinquante minutes d’interactions cognitives d’excellente facture - résultant en des conseils salutaires à l’intention de la population et des consultations gratuites au gouvernement - quand l’expérience professionnelle pertinente est couplée de notoriété, la qualité répond toujours au rendez-vous.

Le cancer colorectal, un tueur silencieux

Le cancer a en général un cachet pernicieux dans la mesure où les symptômes y relatifs ne sont détectables tant qu’une biopsie le permette. À propos du cancer du côlon, troisième type de cancer au Canada, cinquième chez les hommes et troisième chez les femmes en Haïti suivi du cancer du col de l'utérus et du sein, Dr Shella Lominy exhorte des pratiques de dépistage, à des phases précoces. L’oncologue de la « New-York University School of Medicine (NYUSOM) » soutient que la déficience en fer, la constipation, le changement dans les selles et des douleurs au ventre comptent parmi les symptômes les plus courants du cancer colorectal. Si le patient ne décrète pas une certaine vigilance pour éviter l’atteinte du stade critique, le foie serait alors affecté, et cela pourrait se solder en une situation irréversible. Prévenir vaut mieux que guérir.

Dépistage : Contrairement au dépistage du cancer de la prostate - pour lequel le recours à un test du sang ou l’analyse manuelle du contour de la glande de l’anus et du rectum peut se révéler suffisant – l’examen du cancer colorectal requiert surtout une approche sophistiquée qui interpelle des méthodes microscopiques, telle que la colonoscopie, affirme Dr Lominy. Toutefois, du saignement imperceptible détectable à travers la matière fécale pourrait s’illustrer comme un signe précurseur de la tumeur cancéreuse au niveau du côlon.

S’il se révèle des anomalies dans les selles puis à travers la colonoscopie, des biopsies additionnelles peuvent s’ensuivre afin d’identifier le stade du cancer. Malheureusement, à la phase la plus critique, il ne peut se nourrir chez le patient que l’espoir d’un traitement partiel ; la guérison ne serait faisable qu’au stade embryonnaire. D’où l’importance du dépistage, le plus tôt possible, afin d’éviter le pire.

Les recherches ont établi que le cancer du côlon affecte davantage les pays qui accusent une espérance de vie très élevée. Ainsi, à l’instar de toutes les formes de cancer, plus on est âgé, plus on est exposé au cancer du côlon, dont l’âge moyen de manifestation se situe autour de 50 ans. Cependant, l’ex-récipiendaire de la bourse « National Institute of Health » qui offre ses services cliniques et académiques au NYUSOM prévient qu’en raison de problèmes génétiques, certaines strates peuvent être classifiées beaucoup plus à risque.

En moyenne un cancer met dix ans pour se développer en des étapes successives du polype à l’adénome avant d’atteindre la phase aiguë de l’adénocarcinome. Ainsi, Dr Lominy exhorte aux familles héritées de génotypes cancéreux de procéder à des tests de dépistage dix ans plutôt en comparaison avec la période de la découverte de la tumeur chez un proche parent. Par exemple, si Jean avait été informé que son père, sa mère ou son frère a été atteint d’un cancer à l’âge de 50 ans, Jean devrait lui-même être plus vigilant en procédant à un test de dépistage dès l’âge de 40 ans.

Prévention : La spécialiste en oncologie et hématologie professant aux USA conseille d’adopter des démarches de prévention par le truchement d’une nutrition balancée, « multicolore », tout en évitant les viandes rouges, ainsi que la cuisson à des niveaux de chauffage exagérés comme des BBQ. La raison est que la chaleur possède la capacité de décomposer la protéine en des produits cancérigènes. La consommation de fruits et légumes, des compléments en vitamine D et l’exercice physique sont également des comportements favorables au maintien d’une santé robuste face au cancer. Par contre, si l’aspirine détient la vertu de réduire le risque du cancer, l’automédication de ce produit est découragée, car les effets secondaires peuvent être néfastes, selon la spécialiste en maladie du cancer et du sang.

Environ 8 millions d’Haïtiens en insécurité alimentaire, selon Dr Sanon

Les statistiques d’environ 4.2 millions d’Haïtiens en insécurité alimentaire seraient erronées ou du moins, ont failli d’apposer l’étiquette de l’insécurité alimentaire uniquement de phases 3 et 4, selon le spécialiste en santé publique Julien Sanon. En effet, l’insécurité alimentaire embrasse cinq piliers ; les troisième et quatrième s’intéressent à la catégorie des personnes n’ayant accès en moyenne qu’à un plat par jour, au hasard, s’inquiétant alors de leur nutrition aujourd’hui et demain. La phase la plus saillante étant la cinquième qui se résume à la famine, c’est-à-dire aucune garantie de manger un plat par jour.

Le nutritionniste revient à la charge pour nous éclaircir que les phases 1 &2 de l’insécurité alimentaire portant sur l’accès et la disponibilité ne sont pas à négliger. Outre l’accès ponctuel à des plats par jour, la capacité de production et le pouvoir d’achat sont des indicateurs pertinents pour mieux cerner la sécurité alimentaire. L’agrégation de tous ces niveaux aboutirait à une insécurité alimentaire qui affecte quasiment 8 millions de la population haïtienne, a rapporté le Dr julien Sanon.

Irréversibilité : Au stade critique de l’insécurité alimentaire, le nutritionniste partage sa vive inquiétude dans la malnutrition chronique à laquelle est exposée la couche la plus défavorisée. En effet, Dr Sanon rapporte que les 2000 premiers jours d’un nourrisson sont déterminants en vue d’empêcher des dégâts irréparables dus à des déficiences en fer et en iode qui auraient pour répercussions négatives le rachitisme et la perte de 5 à 10% du niveau de quotient intellectuel. Puisque le cerveau est peu développé dans le contexte d’une malnutrition à la phase néo-natale et infantile, cela entraine à long terme un déficit de potentiel humain qui se répercute dans l’incapacité d’apprentissage, la difficulté d’intégration sociale et le chômage. Dans les pays qui accordent une importance majeure au capital humain, le gouvernement met en œuvre des programmes de partage de la nourriture modifiée et fortifiée aux nouveaux nés jusqu’à un certain âge, afin de les immuniser contre des maladies qui puissent entraver leur bien-être futur de manière irréversible.

Nutrition et maladies des reins : Portant aussi un chapeau de néphrologue, Dr Sanon s’inquiète de l’augmentation du risque de mortalité pour des personnes victimes des maladies liées aux reins. La malnutrition, l’obésité, le manque considérable en des nutriments - dont les carbohydrates, les graisses, les protéines – peuvent se révéler des facteurs de dysfonctionnement rénal. Pour des personnes vivant avec des conditions rénales, il est conseillé que des modèles de nutrition soient taillés sur mesure. Par exemple, une diète acétique, à base de protéine et de produits sucrés, serait fragile dans le cas de l’insuffisance rénale, alors que les feuilles et les fruits – diète alcaline – seraient plutôt conseillés.

Puisque la sécurité alimentaire indique qu’en tout temps et en tous lieux, la nourriture est suffisante en quantité et en qualité, cet obstacle économique et social demeure alors un problème mondial. Si elle affecte davantage les pays sous-développés, les sociétés modernes n’en sont pas non plus exemptes. À preuve, les États-Unis affichent un taux d’insécurité alimentaire de 14.7%, et le Canada, 12.7% selon les statistiques rapportées par le nutritionniste.

De nombreux secteurs transversaux du système social et économique sont dès lors concernés pour assurer la sécurité alimentaire ; ce phénomène doit être abordé suivant une approche multidimensionnelle. L’efficience de la disponibilité de la nourriture en qualité et en quantité - dont la production, le stockage, l’importation et l’aide alimentaire – doit incorporer les caractéristiques particulières des différentes catégories sociales, des groupes d’âge, des changements climatiques, des facilités de transport, etc.

D’autres facteurs tels que la précarité infrastructurelle, le manque de moyens financiers, l’insalubrité, l’indisponibilité de terres agricoles, la faiblesse des moyens de transport, le changement climatique et la pollution sont susceptibles d’aggraver l’insécurité alimentaire. Ainsi, des solutions soutenables requièrent un engagement proactif des institutions publiques ainsi que la participation consciente de tous les acteurs clés de la société.

Vaccin Covid : La thèse de l’échappée immunitaire réfutée par Dr Lominy

À propos de la vaccination anti-Covid, le médecin Belge, Geert V. Bossche, Phd en virologie, a émis la thèse de l’échappée immunitaire selon laquelle l'humanité pourrait faire face à une catastrophe en voyant un virus tout à fait inoffensif se muter en un monstre incontrôlable. Cette affirmation est farouchement démentie par Dr Lominy, Phd en Immunologie, qui précise que la mutation de la Covid a été observée bien avant la disponibilité des vaccins et de la campagne de vaccination. D’ailleurs, ont soutenu Dr Julien et Dr Lominy, l’expérience à succès de la vaccination contre le coronavirus en Israël atteste l’efficacité du vaccin Pfizer qui assure un taux d’infection post-vaccin de seulement 16 pour 10 000 vaccinés.

Qu’il soit sur le plan individuel ou collectif, un vaccin est motivé par une approche-bénéfice-risque. Contrairement à la vision du médecin belge à propos du vaccin Covid qui risque de se transformer en une catastrophe humanitaire, Dr Lominy préconise une vaccination de masse « calculée » en vue de stopper cette dérive sanitaire qui hypothèque le bien-être de l’humanité.

Déjà 132.7 millions de personnes infectées dans le monde ; 2.88 millions de décès dont plus de 558 mille aux États-Unis, 337 mille au Brésil et 205 mille au Mexique, la catastrophe a déjà frappé à nos portes. Contrairement aux appréhensions du Dr Bossche, qui ne ferait pas véritablement autorité dans le domaine puisqu’il est médecin vétérinaire, Dr Lominy est « crystal clear », le vaccin constitue le moyen le plus sûr de rétablir l’équilibre sanitaire face à la pandémie de la Covid. En plus des cas de décès, le spécialiste en santé publique, Dr Julien Sanon qui côtoie et qui soigne des patients Covid au quotidien, rappelle que ce coronavirus laisse également de graves séquelles sur les reins, la respiration, la mémoire, le cœur et le sang.

Ces deux médecins haïtiens qui se sont multipliés en quatre et qui ont pleuré au chevet de bon nombre de leurs patients qui ont exhalé leur dernier souffle en leur présence, rappellent qu’aucun vaccin ne confère une immunité à probabilité certaine. Cependant, cette approche de l’acquisition de l’immunité adaptative permet de minimiser le risque de contamination et de faciliter les interactions sociales quand il se trouve que la maladie est très contagieuse.

Dans le cas des vaccins Pfizer et Moderna, deux phases sont nécessaires pour se prémunir à un niveau de confiance de 95%. À la suite de la première injection, le patient n’est immunisé qu’à 50%. Ce point est soulevé dans l’optique de faire taire les anecdotes « marginales » répulsives qui laisseraient croire que des patients auraient connu des complications jusqu’à même rendre l’âme après la vaccination. Ce sophisme, connu sous le vocable de « hasty-generalization », ne fait qu’induire en erreur les esprits naïfs. Juste pour vous en persuader, avec ou sans le vaccin, des gens allaient quand même mourir. Corrélation n’est pas causalité.

Si l’ancien cadre de la Gavi et de la fondation Bill & Melinda Gates taxe le vaccin anti-Covid de « bombe biologique de masse » par l’affaiblissement du système immunitaire de l’espèce humaine puisqu’il rendrait caducs les anticorps par l’injection du génome de la protéine virale Spike, Dr Lominy juge infondée les allégations du Belge qui aurait confondu l’immunité innée et l’immunité adaptative. De surcroit, dans la même idée émise par les médecins haïtiens intervenant sur la Télé Métropole, plusieurs courants s’accordent sur le fait que tous les virus peuvent muter, mais sans devenir systématiquement plus infectieux ou plus dangereux.

Tout en reconnaissant que la recherche ne vit pas de l’absolu, que le vaccin n’est pas une panacée à la pandémie et que la science est en permanence à la recherche de la vérité, Dr Sanon et Dr Lominy sont confiants par rapport aux avancées scientifiques sur les principaux vaccins anti-Covid. La validation de ces produits pharmaceutiques a été passée au moule de l’expérimentation à différentes phases avant qu’ils soient rendus disponibles aux populations.

Vacciner ou ne pas vacciner ; une analyse avantage-risque devrait permettre d’y répondre. La décision est personnelle ; elle dépend de chaque personne, de chaque famille et de chaque gouvernement. Haïti devrait en tenir compte.

Carly Dollin
carlydollin@gmail.com




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