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Une refonte académique pour de meilleures performances scientifiques et économiques

Une refonte académique pour de meilleures performances scientifiques et économiques









Tout faire pour sauver l’Université d’État d’Haïti. Tel est, on dirait, le but de ces ateliers préparatoires des États généraux. Qui, dans ces conditions, conservant la présomption de vouloir son amélioration à tous les points de vue, trouverait encore une raison pour ne pas y prendre part ? Qui, on se le demande légitimement ?

Les thématiques changent chaque fois. Mais l’objectif inchangé : sortir l’université d’État d’Haïti de ses crises à répétition, la doter d’un système de gouvernance légal lui garantissant les meilleurs résultats, l’inscrire dans la modernité, lui donner le rayonnement qui lui revient…voilà pourquoi, aux dernières assises des ateliers préparatoires des États généraux imminents de l’UEH, toute l’attention fut portée sur la question académique. Quoi de plus normal ? Il s’agit bien du plus grand centre d’enseignement supérieur haïtien.

Quatre (4) grands axes. Quatre (4) voies d’action furent retenues pour le déploiement et la mise en oeuvre de la refonte académique. En effet, la réforme des programmes d’études, l’harmonisation et l’élargissement de l’offre de formation, le développement de programmes de cycle court au sein de l’Université d’État d’Haïti, et la valorisation de la condition enseignante sont envisagés comme réponse aux forts déséquilibres constatés entre les domaines et l’absence de congruence dans le plan curriculaire même de certains programmes. Cette formation toujours plus éclatée au sein d’une même université ne peut plus durer.

1/La réforme des programmes d’études

Puisque l’université doit répondre aux besoins de la société, l’identification de tels besoins, notamment ses besoins en compétence, l’université d’État d’Haïti devra en tenir compte pour toute politique de réforme des programmes d’études. Ce sera une façon éloquente de s’engager mieux encore dans la bataille pour l’amélioration des compétences haïtiennes. Deux exemples au moins sont fournis en l’occurrence : la faculté de médecine qui a redéfini le profil de formation de ses diplômés ; l’évaluation des programmes de formation de la faculté d’ethnologie commanditée par l’UEH.

Cette réforme s’impose. Elle promet de faciliter l’augmentation de la capacité d’accueil de l’UEH, puisqu’il s’agit d’une démarche économique. C’est toute une réorganisation académique qui se profile à l’horizon.

Pour y parvenir, la mutualisation des compétences disponibles, des ressources matérielles, des équipements à disposition sont tout à fait indiquée. Cela pourra en outre faciliter le développement d’un lieu systématique d’échanges entre professeurs de champs disciplinaires différents pour une meilleure intelligence de la nécessité de cette réorganisation académique.

2/L’harmonisation et l’élargissement de l’offre de formation

Si l’harmonisation des programmes de formation doit faciliter l’élargissement de l’offre de formation, elle doit donc atteindre quelques objectifs précis : la souplesse et la performance des cursus de formation; elle doit favoriser la réorientation en cours de formation (par exemple sortir de l’économie pour se rendre en philosophie); il faut rechercher la pertinence économique et sociale de formations offertes; mettre sur pied un système mixte de formation, au sens de poursuivre avec les programmes de sciences fondamentales et de recherche et, en même temps, développer des filières de formation professionnelle.

Une telle orientation devra rendre possible la mobilité des étudiants au sein de l’UEH, selon les participants à ces ateliers. Elle pourrait aussi, selon eux, ouvrir cette mobilité des étudiants de l’UEH vers les autres universités nationales et internationales. Ce qui, il faut le dire tout de suite, nous fait penser à une mauvaise utilisation de la notion d’harmonisation des programmes (au sein de l’UEH). Il nous semble plus correct, tenant des objectifs clairement affirmés par les acteurs, de parler de standardisation des programmes de formation au lieu d’harmonisation. En effet, si le travail d’harmonisation est interne, il ne garantit pas les effets escomptés au plan externe. Alors que la standardisation, pour être plutôt globale, peut effectivement ouvrir la mobilité estudiantine aux autres universités. Ainsi, les diplômes et les grades délivrés par l’UEH seront plus parlants, les équivalences s’obtiendront plus facilement.

3/ Le développement de programmes de cycle court

Développer des programmes de cycle court répond en effet a un besoin, c’est encore faire justice à la société haïtienne et la servir mieux. Vu l’état de pauvreté de la population, s’engager dans des études de longue durée est une épreuve pour les familles haïtiennes, d’ailleurs qui ne peuvent toutes trouver une place au sein de l’UEH. Donc, ces formations de cycle court permettront aux jeunes d’obtenir assez rapidement des compétences professionnelles pour intégrer mieux le marché de l’emploi. En plus, c’est une source de revenus potentielle de l’UEH qui devra, c’est entendu, diversifier ses sources de financement.

À cet effet, on envisagera la création d’un comité de pilotage de la formation permanente. Qui aura aussi la mission d’identifier les domaines à retenir pour la constitution de programmes-phares à l’UEH. Il pourra en outre, en commandite de l’État et de particuliers, monter d’autres programmes professionnels répondant aux besoins exprimés par ceux-là.

4/ La valorisation de la condition enseignante

Bien entendu. C’est la question d’un million de dollars. Pas par cupidité, mais parce qu’il s’agit d’offrir de meilleures conditions d’existence aux chercheurs, aux enseignants. Parce qu’aussi c’est une façon de les retenir dans l’activité enseignante. Bien plus, il convient d’assurer la relève académique aux plans quantitatif et qualitatif. Il faut donc revitaliser le corps enseignant et renforcer sa qualification.

Pour cela, il faut définir un statut de l’enseignant à travers un instrument juridique, une révision de la loi sur fonction publique notamment. Y inclure « l’environnement de travail, le logement et les autres avantages sociaux ». Bien entendu, définir les qualifications requises pour prétendre à tels statuts, soit enseignant, soit professeur chercheur, selon les statuts reconnus par l’institution universitaire.

De même, donner un connu objectif légal à la notion de congé d’études ; prévoir un plan pour contourner les limites restrictives des partenaires et organismes de financement relativement à l’octroi de bourses ; adopter des mesures incitatives au doctorat et, plus important encore, définir des mécanismes d’évaluation systématique des enseignants pour pouvoir garantir le maintien de l’excellence académique. Il faudra aussi envisager de rechercher d’autres voies et moyens pour atteindre ces objectifs tels la mise en place de mécanismes de validation des acquis de l’expérience. Mais, malgré les meilleures intentions, il y a lieu de craindre la mise en oeuvre utile de ce dernier point : dans la mesure où il n’y a jamais eu d’évaluation, à partir de quels critères objectifs pourra-t-on décider que telle expérience mérite une validation qui reconnaitrait à quelqu’un des acquis quelconques ? La durée suffit-elle ici ? Quelles autres marques de distinction pourraient bien servir ? N’est-ce pas bien une impasse ? Car il s’agit bien de rompre avec nos pratiques surannées, et garantir définitivement l’excellence dans nos rangs.

Des raisons d’espérer

Si tout se passe bien, c’est-à-dire que l’État haïtien songe à augmenter sa participation financière à l’UEH, que d’autres institutions de la sphère privée profitent de ce tournant de l’UEH pour y investir, ne serait-ce que par un soutien significatif à la recherche (dans leurs intérêts), voilà l’UEH qui se déploie et rayonne, voilà des professeurs encore plus engagés que jamais dans leur propre formation et dans la formation de la nouvelle génération. Nous verrons des diplômés plus à même d’intégrer le marché de l’emploi, ayant les compétences voulues par l’employeur. Enfin, nous voilà avec des grades académiques standardisés, et des enseignants dont la compétence éprouvée est, chaque fois, réévaluée. Nous voilà désormais avec une UEH tournée vers la concurrence assumée, et une accréditation arrachée au prix de l’effort renouvelé.



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