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Agonie du système politique en place

Agonie du système politique en place









Nos héros une nouvelle fois assassinés, nos symboles crucifiés, la compétence trop longtemps muselée et menottée, la monnaie martyrisée, les institutions désacralisées, l’avenir hypothéqué, l’enfance non protégée et mal exposée, les valeurs dévalorisées, la femme harcelée et ridiculisée, la diplomatie humiliée et agenouillée, la santé hospitalisée, le voile est tombé ! La déchéance du régime en place touche à son paroxysme.

C’était un 18 novembre, oui le 18 novembre 1803, que la fin de l’esclavage et des crimes inhumains allait être signée et scellée dans notre pays, après plus de trois cents ans de barbarie et de férocité qui avaient trop duré. Comme parents responsables, affectueux …on ne saurait laisser passer sous silence même l’anniversaire d’un enfant. Ni la famille, ni les amis, ni les voisins ne comprendraient le sens d’un tel mutisme. Le 18 novembre 2018, soit 215 ans après que le sang de nos ancêtres a coulé à flots, leurs têtes décapitées ; des femmes et des enfants mutilés et violés, l’histoire retiendra que la présidence et le gouvernement actuels ont boudé l’anniversaire de ce glorieux évènement de notre histoire de peuple. Par lâcheté ou par ignorance, rien ne peut expliquer le comportement de nos dirigeants qui ont brillé de mille feux par leur absence sur la place de Vertières, ce 18 novembre 2018.

Vertières, pardonnez-nous nos offenses.

Des “Blancs” reconnaissent, à sa juste valeur, la portée de la geste historique du 18 Novembre 1803. Des citoyens et citoyennes responsables d’outre-mer en font des plaidoiries avec véhémence. L’historien québécois Jean Pierre Le Glaunec en a partagé une tonne de réflexions et a exposé à la face du monde les multiples bienfaits cachés et occultés par la France sur cet illustre phénomène. La femme influente de la France Christiane Taubira, ancienne garde des sceaux sous la présidence de F. Hollande et ancienne députée, en tire sa révérence et en trouve des inspirations profondes pour mener des luttes sociales. De fameux et courageux dirigeants influents du monde actuel, notamment nos voisins du Cuba, du Venezuela, en font l’éloge. L’immortel Fidel Castro a cherché, a tissé et a consolidé une amitié profonde avec Haïti en signe de gratitude aux monstres sacrifices consentis par nos héros pour accompagner le Cuba dans sa lutte et sa prise d’indépendance. Dans un discours prononcé en 2011, l’ancien président du Venezuela, Hugo Chavez, a rendu un vibrant hommage à nos ancêtres en déclarant : « Haïti est un peuple angélique ! Le plus éminent général Napoléon Bonaparte y a été vaincu ». Son successeur, Nicolas Maduro, a abondé dans la même veine, à l’occasion de notre 214e anniversaire d’Indépendance, pour rappeler qu’Haïti est le premier peuple noir à avoir dit non aux pratiques inhumaines et criminelles de l’esclavage. Des intellectuels américains, canadiens, haïtiens et même des Français ont évoqué l’ampleur du tort causé par la rançon de la dette de l’indépendance, qu’ils ont évaluée aujourd’hui à plus de 21 milliards de dollars américains. Pourtant, nos frères Haïtiens, nos « petits » dirigeants haïtiens abordent la question de Vertières avec légèreté, ignorance et désinvolture. Ils font l’autruche sur la question, semble-t-il, pour ne pas déranger les « Grands » dirigeants du monde occidental dans l’exercice de leur fonction. Au stade où nous en sommes, avec des nations « modernes » qui font la promotion des Droits de l’Homme et du Citoyen, la paix, la justice, l’équité, etc., il est donc temps que la France s’asseye en nation responsable avec Haïti pour débattre et discuter dans un climat serein, respectueux et en toute objectivité pour épuiser et trancher sur la question de la restitution de la dette de l’indépendance. C’est alors que cette « grande nation » dite moderne méritera son siège dans le concert des Nations modernes qui disent non à l’esclavage, aux injustices sociales, à la faim, aux inégalités …. « Les Bons Comptes font de Bons Amis ! ».

L’international, il est venu le temps de tisser des liens d’amitiés sincères

Nos « amis » de l’Hexagone, du pays à la feuille d’érable et du pays de l’Oncle Sam, il est temps de cesser vos politiques narcissiques et égocentriques visant exclusivement vos propres intérêts mesquins. La Perle des Antilles en a trop souffert. Il est venu le temps des réparations, des restitutions, des accompagnements fraternels et sincères. Par vos puissantes mains, vous avez le contrôle des manettes de l’insécurité, de la pauvreté tout comme leur opposé (la stabilité, la paix, la justice, la richesse). Aujourd’hui, faites quelque chose qui soit digne devant les yeux de Dieu. Réfléchissez, agissez pour contribuer à retirer Haïti dans ce labyrinthe, dans cette misère atroce. Vous êtes convaincus que ce pays a produit des fils et des filles extraordinaires, dignes, honnêtes, compétents, soit la matière première du développement et de la richesse. Ils s’en sont prouvé au niveau local, mais aussi, chez vous, dans vos systèmes compétitifs, où fort souvent ils sont initialement dotés de « désavantages naturels », mais ils arrivent quand même à se hisser aux meilleures positions, avec classe et dignité. Ils apportent d’énormes valeurs ajoutées dans vos systèmes éducatifs, économiques et culturels en rehaussant vos images, en participant à la création d’idées nouvelles et à accroître vos richesses. Certains ont dévoilé leur identité et ont eu le courage de toujours exprimer leur amour et leur attachement à leur origine ; beaucoup d’autres sont restés ternes et d’autres encore vous accordent le 100 % de crédit en ignorant, malgré eux, leur racine et leur origine. Mais, quasiment tous, ils sont prêts et ils peuvent servir leur pays, si vous faites de ce projet, l’une de vos priorités. Il est temps de vous divorcer d’avec ces pratiques d’imposer des crapules dans les plus hautes fonctions de la République. Cela ne fait pas honneur à des sociétés modernes et progressistes qui disent NON aux pratiques inhumaines, à la pauvreté, à la misère, aux inégalités, aux inefficiences et à leurs corollaires. Nous sommes à l’ère de la domination du savoir, du savoir-faire et du savoir-être pour emprunter le chemin de la création de richesses, la liberté, l’opulence, l’égalité, la justice, le bonheur. Cessez de vous immiscer à dicter des lois et des choix qui vous arrangent, mais qui hypothèquent la vie et l’avenir de nos enfants, de notre jeunesse si forte et si courageuse, mais toujours infortunée de se voir diriger par des énergumènes. Lisez et appliquez, pour le cas d’Haïti, les préceptes du discours tenu par Victor Hugo sur la misère (9 juillet 1849), vieille de plus d’un siècle et demi, pourtant très actuelles. Cette plaidoirie va au-delà de diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, mais détruire ce fléau qui abêtit l’être humain. Il a ajouté : « Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n’est pas fait, le devoir n’est pas rempli ». Oui, si vous n’avez rien fait, ou pire encore que vous avez tout fait pour garder ce peuple dans la misère et la pauvreté, vous ne faites pas des torts uniquement envers l’homme, mais ce sont des crimes envers Dieu !

Haïti, il est venu le temps de nous responsabiliser

À ce grand peuple que nous sommes, non uniquement par le passé ; mais encore et toujours. La mobilisation petro challenge en est une expression vivante. Compliments pour cette résurrection tant rêvée. On en a vu ici et ailleurs une prise de conscience généralisée dont il faut profiter pour en tirer des leçons de nos errements du passé. Il est vrai que nous sommes et restons un peuple génial devant les yeux du monde entier. Mais, nous avons quand même commis des erreurs monumentales qu’il faut définitivement éviter de réitérer. Par exemple, les élections ne sont pas l’affaire de gens non avisés, ce ne sont pas un programme de débauche pour aller se défouler, ce n’est pas une entreprise où il faudra négocier son vote en échange de quelques sous ou de promesses, d’ailleurs souvent fallacieuses. C’est un moment de mûres réflexions, d’analyse critique où la raison doit le remporter sur l’émotion, où la compétence doit triompher sur la médiocrité, où la décence, l’esthétique et l’élégance doivent damer le pion à l’indécence, la laideur et l’incohérence ; c’est un moment où le cerveau doit le conquérir au détriment des bas instincts. Finis les raisonnements absurdes défiant le sens de discernement. Plus question de penser que la direction d’un pays peut être destinée à des sans vergogne, des vagabonds, incompétents, bandits « légaux ». Ce sont nos systèmes qui en pâtissent, ce sont nos enfants qui en payent le prix, c’est notre jeunesse qui en subit les conséquences, c’est notre monnaie qui se déprécie. Les résultats sautent aux yeux : absence d’hôpitaux, d’écoles, d’infrastructures sportives, sociales, économiques.

En effet, il n’existe pas de gens ou de groupes parfaits dans les sphères sociales ou politiques. Mais, les différences entre les gens médiocres/malhonnêtes et les gens compétents/honnêtes sont toujours évidentes. Lorsque vous avez des cartes à jouer, dans vos communautés, dans vos quartiers, dans votre pays, visez l’honnêteté, la compétence, l’excellence ; prenez toujours les bonnes options. Celles qui tiennent compte de votre avenir, du progrès de vos communautés, de votre bien-être et de celui de vos progénitures. Les plus récents évènements ont montré que c’est vous qui dictez les lois ; les messages de ton ferme ne peuvent définitivement venir que du peuple. Vous avez réalisé en un jour ce que le Parlement n’a pas pu réaliser en des décennies. Vous avez révoqué de haut-cadres de l’Administration publique, vous avez incité à diligenter des enquêtes pour connaitre la vérité et trouver justice sur des questions qui vous interpellent, vous avez fait parler et « déparler » de « Haut-dignitaires ». Vous avez mis fin au règne de la médiocrité et de l’arrogance. Vox Populi, Vox Dei.

À l’instar du 18 novembre 1803, la fin de l’année 2018 aura été marquée par la défaite et la chute de l’arrogance, la médiocrité, l’incompétence, la méchanceté, l’injustice et la corruption. Les autorités de l’État que nos taxes alimentent ont cessé de se payer des maisons de luxe qu’ils n’habitent même pas, nos tympans sont devenus débouchés par les cérumens apportés par les sirènes des officiels parlementaires, « bourgeois », ministres, directeurs généraux, etc. La capitale pourra alors respirer et se détendre dans la symphonie du cri naturel de nos oiseaux.

Un bilan chaotique et révoltant

Depuis les évènements du 6-7 juillet dernier, la présidence a du vent dans ses voiles « Pep Ayisien, nou pale, tande ». Passé d’un statut de têtu impénitent, avec une fausse ingénuité, au stade de docile enfant comme un malade en coma, la présidence, est définitivement frappée du délire paranoïaque. Son comportement sinusoïdal s’apparentait déjà à une démission et une incapacité flagrante de pouvoir cerner les comportements sociaux. Gouverner, c’est prévoir ! À en regarder les dégâts économiques, les déficits politiques et sociaux, les motifs suffisaient déjà pour en voir les principales têtes du pouvoir jeter leur tablier. Les sorties surpuissantes des challengers le 17 octobre ont encore secoué les feuilles pourries de ce régime à peine agrippées à des écorces fertiles. Les esprits et les positions de tous les grands acteurs chancellent et vacillent. La présidence limoge, désaffecte, réaffecte des ressources humaines, sans cadre légal ni méthodologique. Sans succès, la Banque centrale hésite entre les politiques de dollariser, dédollariser, injecter, éponger, sanctionner. La gourde est abasourdie.

Nous avons été témoins au cours de cette

dernière décennie que tapis rouge a été déroulé par ce régime pour accueillir et instaurer la bêtise. Pour les récompenser de leur efficacité à véhiculer des programmes Ti-Rat et Ti-Sourit à travers tous les coins et les recoins de la capitale, les DJs sont devenus de plus en plus adulés par nos autorités. Amis de la présidence, des mairies, des ministères, ces gens qui écrasent nos tympans sont plus proches des présidents, des parlementaires que le sont les intellectuels, les recteurs et professeurs d’université. La « cerise sur le gâteau », au moins l’un d’entre eux a été nommé ambassadeur de la jeunesse après son « apport » productif dans le dévergondage de la jeunesse. Ces « vedettes » font grouiller à toute heure de la journée, des jeunes, des femmes, des hommes et même des enfants en bas âge. La présidence s’en régale au point d’octroyer à une enfant de moins de dix ans, une voiture en contrepartie de « grouillades extraordinaires » en son honneur.

La jeunesse est fatiguée, hypothéquée, gaspillée, décapitalisée. Seulement l’année 2017, plus de cent mille compatriotes haïtiens avaient laissé le pays dans l’espoir d’un meilleur lendemain sur le territoire étroit et long de l’Amérique latine. Ils ont liquidé terrains, véhicules, maisons, etc. pour atteindre leurs objectifs. Pourtant, moins de deux ans après, le retour au bercail est devenu la meilleure option pour ces gens qui ont tous perdu. Ils ont dépensé des milliers de dollars US et sont arrivés au Chili avec de l’argent en poche ; depuis mai dernier ils sont nombreux à expérimenter le « coming back home » sans espoir et sans un sou. Qui prend la défense de ces pauvres citoyens, dépourvus d’informations pertinentes et d’aucune alternative pouvant les inciter à mettre leur force, leur compétence au service du pays. Ils sont professeurs, étudiants finissants, ingénieurs, économistes, ils sont tout bonnement des jeunes avec une force de travail compétitive.

Les institutions publiques n’avaient jamais connu ce niveau de déchéance. À voir défiler sur les réseaux sociaux un directeur général fou qui se donnait « Lajoie » en se masturbant puis qui reste à son poste plusieurs jours après, à constater de hauts fonctionnaires d’un ministère régalien de la République impliqués dans le trafic de visa, à entendre les témoignages d’un scandale très vraisemblable d’un ministre qui avait utilisé son influence sur une femme vulnérable pour satisfaire ses bas instincts et avoir d’elle, par accident, une enfant qu’il a nié, la répugnance bat son plein au sein des familles haïtiennes tant à l’interne qu’au niveau international lorsqu’en outre, aucun suivi légal n’est assuré pour prendre des décisions et faire jaillir de la lumière sur ces dossiers.

Plus récemment, à enregistrer la malhonnêteté flagrante de la nouvelle équipe gouvernementale, combinée avec la complicité intéressée du Parlement et d’autres hauts fonctionnaires de l’État pour remplir leurs déclarations définitivement d’impôts la veille de la déclaration de politique générale, il y a matière à en vouloir en pleurer et se révolter.

À entendre des déclarations/accusations vraisemblablement fondées d’un haut cadre de l’Administration (du palais et du Parlement), gestionnaire du programme scolaire EPT, M. Norbert Stimphile, qui a failli laisser sa peau avec sa famille l’année dernière, on doit comprendre que l’accumulation de tous ces déboires, toutes ces gabegies et malversations débordent du contenant « mal gouvernance ». Comment peut-on espérer des discussions réfléchies, indépendantes, nuancées de nos représentants sur les projets de notre pays face à leurs homologues de la région ou de l’Occident.

À l’élite du pays : il faut saisir le momentum

La conscience du peuple meurtri retrouvée, le régime actuel failli, les bandits « légal » évincés, le moment est arrivé pour cesser les querelles de chapelle et réunir les forces vives de la nation pour permettre à Haïti de redorer son blason. L’université, les médias, la société civile, la diaspora, les partis politiques, vous êtes appelés à jouer vos partitions avec probité, professionnalisme et le sens de l’intérêt collectif dans la perspective de contribuer à mettre notre Haïti sur les rails du développement. Tant au niveau local que dans la diaspora, le pays possède des hommes et des femmes de grande dimension, avec leurs colonnes vertébrales idoines, des femmes et des hommes compétents et honnêtes dont certains resplendissent de mille feux sur la scène internationale. À ce stade, le peuple en est indigné et a pleinement joué sa partition en exprimant son ras-le-bol avec le système en place. À ce point critique, le pays a besoin d’un leadership empreint de sincérité, de compétence, de respect, de personnalité et du sens de l’indignation. Haïti a besoin de voir la lumière dans cette obscure clarté. Le pays a soif de connaitre de hautes personnalités (président, sénateurs, ministres, directeurs généraux, diplomates) dignes des honorables titres à leur conférer.

“Le meilleur moyen de prédire l’avenir, c’est de l’inventer”. Cette invention ne peut se faire qu’avec des personnes et des institutions crédibles, responsables, compétentes et intègres. La politique ne doit plus être l’affaire de racketteurs, de bandits, de trafiquants ; car ce champ définit le destin d’un peuple. La santé, l’éducation, la paix, la sécurité, l’humilité, la générosité, le sens du service public sont le fruit de la conception politique. La nature a horreur du vide, si les honnêtes gens continuent de s’écarter des affaires politiques et économiques du pays, ce sont encore et toujours des dirigeants cupides, sans quorum, souillés dans toutes les malversations et les prévarications qui vont occuper les positions de hautes décisions pour définir l’avenir et la vie. Un avenir, cela se façonne ; un avenir, cela se veut. Il faut un engagement citoyen pour contribuer à sauver les familles, nos enfants et à redonner l’espoir à la jeunesse.

Carly Dollin



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