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La nécessité de l’implication de la jeunesse

La nécessité de l’implication de la jeunesse








L’État s’établit quotidiennement à côté, autour, au-dessus de chaque individu pour l’assister, lui conseiller. À travers les lois, il dicte les comportements et enfin il le contraint. Depuis des décennies, nous constatons que l’État haïtien perd de plus en plus le monopole de la violence légitime et nous n’avons connu que des populistes comme dirigeants. Le pouvoir actuel n’est pas exempté, Pierre Corneille, loin de comprendre notre réalité a écrit dans Ô rage! Ô désespoir!: le pire des États, c’est l’État populaire.

Je fais partie de ceux qui croient que la montée de l’insécurité, la vie chère, la situation chaotique de l’économie haïtienne, l’effritement de nos valeurs sont le résultat et les conséquences de l’irresponsabilité des élites particulièrement économiques et politiques qui, dans leur sentiment de vouloir s’enrichir au détriment de la majorité, suscitent le sadisme, la revanche chez les opprimés. À ce stade, je crois que Dieu ne peut pas effacer les erreurs comme vous le croyez. C’est à nous qu’incombe cette responsabilité.

Je me permets de partager ce constat loin de l’associer à un quotient scientifique. Le Premier ministre, le président de la République, le garde des Sceaux ignorent complètement la crise qui existe depuis plus d’un mois dans le système judiciaire, une crise qui pourrait augmenter quantitativement les problèmes auxquels fait face le système en Haïti. Disons que la montée de l’insécurité, même si c’est la conséquence de l’inégalité, mais dirait-on que le dysfonctionnement de la justice tend à réduire l’autorité de l’État dans les rues puisque qu’elle génère, chaque fois, arrêt de fonctionnement de l’appareil judiciaire.

Un État dont la justice et l’autorité publique sont invisibles, est à appeler à disparaître, à ce stade Joseph Goebbels a dit celui qui peut régner sur la rue régnera sur l’État, car toute forme de pouvoir politique et de dictature a ses racines dans la rue. Plus les racines sont violentes, plus les ressources sont mal utilisées, plus elles sont encrées sur une société civile organisée indépendante et instruite, plus l’État sera de providence.

Il faut accepter que nous planifiions pour le conjoncturel et nous agissions en bon pompier sur le structurel, c’est la société à controverse. À titre d’exemple, SMCRS qui devrait être l’institution responsable de la collecte de résidus solides dans le pays en permanence n’a pas les moyens à sa disposition, pourtant le Premier ministre, chef du gouvernement, se rend dans les rues du Champ de Mars pour donner 50 000 jobs dans l’objectif de nettoyer Port-au-Prince, les institutions qui devraient être structurelles sont devenues conjoncturelles et remplacées par des projets. « Eske nou serye ? Nou vle fè peyi ? Banm nouvèl ». !

Il n’y a pas de vision commune, chaque institution publique, chaque ministère réalisent ses projets en dehors d’un cadre de gouvernance globale. Ces projets dans la majorité des cas alimentent les avoirs d’un groupe soit du secteur privé ou du secteur politique. Plus les projets sont exécutés sans vision commune, plus les frustrations s’accroissent. À ce moment, les désespérés recourent à leurs propres moyens de subsistance. La lutte contre les inégalités sociales est le grand dessein collectif qu’une nation devrait se donner (Jacques de Bourdon Busset, la nature est un talisman, 1966).

La lutte contre les inégalités sociales ne traduit pas une pensée communiste, mais la création de conditions matérielles d’existence pour tout le monde. « Jodi a bagay la tèlman rèd, depi ou rezoud pwoblèm manje ak bwè, ou gentan sible paske majorite a nan kras, wap viv, wap kache sanw pa annafè. Pèp la vin vyolan, longè mizè, longè santiman pou revanj lan ».

Selon Jean Paul Sartre, un intellectuel est quelqu’un qui est fidèle à un ensemble politique et social, mais qui ne cesse de le contester. Sans vouloir offenser l’élite intellectuelle en Haïti, lorsqu’une nation va mal, elle peut compter sur son élite, en Haïti, cette équation n’est pas possible. Car l’élite intellectuelle est en quête de subsistance, elle est consultante de gauche et de droite, elle conseille dans les coulisses et crie au haut et fort à la double faute dans les médias. « Nou pa ret anpil tan pou Nou aji, sinon sa ka pi grav toujou ».

À cet effet, nous sommes obligés de transposer la lutte et l’engagement dans une logique de génération nouvelle. La jeunesse a toujours été le leader de demain et l’avenir. Cependant, elle est aussi le leader d’aujourd’hui et le présent d’Haïti. Je finis comme à l’accoutumée bien qu’ il y ait beaucoup de jeunes qui donnent à penser au lieu d’avancer, nous sommes obligés d’engager la génération. La vieillesse regrette le passé, et la jeunesse dévore le présent, pour anticiper sur l’avenir (Pierre-Jules Stahl, les méfaits de polichinelle 1841).

En face d’un lourd passé, d’un présent incertain nous ne pouvons déterminer l’avenir. La jeunesse est la troisième voie à côté d’un pouvoir qui alimente l’opposition et d’une opposition qui s’autodétruit.
La jeunesse maintenant ou jamais.

Lacks-Guvens Cadette



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