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À Dieu Petrocaribe Challenge!

À Dieu Petrocaribe Challenge!









Le petrocaribe challenge n’est peut-être pas encore mort, mais il est présentement en agonie, ces heures sont comptées, depuis environ deux semaines l’ardeur des pseudo-militants s’est vu refroidir sur les différents réseaux sociaux, les hagtags (kot kob petro karibe a) se rarifient et l’orgie de publications reflétant les trois rêves du pétrochallenger typique, a savoir: une reddition des fonds pétrocaribe sans délai ; une nouvelle Haïti belle et prospère et une administration publique saine et incorruptible, commencent à se conjuguer au passé.

En effet, ce fameux mouvement citoyen initié sur la toile avance vers sa fin, pire encore sa dissipation tend à exposer le vrai visage de ceux qui se sont improvisés patriotes et porte-étendard d’une révolution pacifique. Et pourtant, rien de tout ça ne m’étonne, au contraire j’avais même eu la malchance d’avoir réalisé et dénoncé, un peu tôt, qu’il ne s’agissait pas d’une lutte sociale viable, mais d’un phénomène de mode dépourvu de racine idéologique. En réalité, point besoin d’être devin pour comprendre que le jeune haïtien ne saura, sauf miracle, amorcer une action politique sérieuse étant donné qu’il n’est pas fait pour ce métier.

Les petro-challengers sont de jeunes haïtiens âgés entre 18 ans et 35 ans, avec 9 chances sur 10 qu’ils aient été politiquement socialisés par des parents encore dogmatisés par la répression des makoutes, des pères et mères traumatisés et incapables d’inculquer des valeurs qu’ils n’ont même pas eu la chance d’intérioriser, lorsqu’on considère à quel point la dictature leur interdisait toutes formes d’ entreprises à caractère politique.

En conséquence, ces petro-challengers ne possèdent en eux aucun gène révolutionnaire, vu qu’ils ont été formé a l’école du “tais-toi et espère”, les préceptes du makoutisme leur ont donc été parvenus, la superstructure sociale post-duvaliériste s’est chargée de cimenter la peur dans leur esprit et ce n’est malheureusement pas un challenge qui leur permettra de s’en défaire. En bref, l’échec de ce mouvement est l’irrésistible preuve que les valeurs de l’implication et de la résilience ne lui sont guère intrinsèques.

Ce qu’il faut retenir, c’est que l’Haïtien n’a généralement pas un ensemble relativement cohérent de représentations, de valeurs et de normes qui orientent ses attitudes politiques de membre du groupe social vers la participation et l’engagement, ce que les philosophes américains Gabriel Almond et Sydney Volta ont considéré comme une “culture de sujétion” ,dans leurs travaux publiés en 1963 (intitulée The Civic Culture. Political attitudes and democracy in five nations) sur la catégorisation des cultures politiques, c’est à dire, le jeune haïtien possède une culture politique qui entretient la passivité des gouvernés, qui ne raisonnent qu’en termes de règlements à subir et de bienfaits à espérer.

Tout compte fait, ce fameux challenge ne saurait survivre à l’incapacité de ses propres orchestrateurs à surmonter les contraintes fonctionnelles de leur culture politique stagnante, pas avant que l’élite politique se propose à manoeuvrer les leviers de la conscientisation démocratique afin de changer les attitudes politiques désagrégeant de jeunes Haïtiens on enclenchera toujours des processus mort-nés, je répète toujours des processus morts-nés!

Kevin Oreste



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