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Le baccalauréat haïtien, sa représentation sociale et sa professionnalisation

Le baccalauréat haïtien, sa représentation sociale et sa professionnalisation








La représentation est une forme de connaissance, socialement élaborée et partagée, ayant une visée pratique et concourant à la construction d’une réalité commune à un ensemble social. En fait, la représentation est une réalité imposée, elle est donc construite socialement et a un impact sur le psychique des gens. Ainsi le Baccalauréat haïtien en tant qu’objet social d’investissement, n’est pas tombé du ciel, il est construit socialement, autour de lui, il y a un ensemble de représentations (prestige, valeur, croyance, idéologie …). C’est pour cela que, de manière consciente ou inconsciente, les élèves investissent le Baccalauréat haïtien.

Autrement dit, il existe des représentations sociales autour du baccalauréat haïtien. Selon Moscovici, une représentation sociale comporte trois dimensions: l’attitude, l’information et le champ de représentation. Nous élaborons autour des deux premiers.

L’attitude pour lui, elle exprime un positionnement, une orientation générale, positive ou négative par rapport à l’objet de la représentation. Chaque individu incorpore ou intériorise le Baccalauréat de manière différente. En Haïti, il y a une catégorie d’élèves qui considère le baccalauréat comme une « étape » et une autre catégorie le considère comme une « fin en soi », pour ces deux catégories d’élèves, le baccalauréat est donc « un passage obligé ».

L’information, quant à elle, renvoie à la somme et à l’organisation des connaissances sur l’objet de la représentation. Elles peuvent être plus ou moins nombreuses, variées, précises ou stéréotypées. Les organes qui véhiculent les idées sur l’objet de la représentation, particulièrement le baccalauréat haïtien, ce sont : la famille, le groupe de pairs, les médias et le reste de la société. L’individu est donc influencé par ces composantes.

En dépit de tout, il faut constater que le baccalauréat haïtien n’offre que peu de débouchés aux bacheliers haïtiens. D’où l’importance de ces interrogations suivantes : pourquoi les élèves s’investissent le baccalauréat ? Et qu’est-ce qui fait que cette institution du bac soit maintenue en Haïti ?

L’intérêt de cet article consiste à montrer comment il existe une forte représentation sociale autour du baccalauréat haïtien et pourquoi le système éducatif haïtien n’accorde pas d’importance aux filières professionnelles. Il faut signaler que nous décidons d’écrire cet article suite à plusieurs entretiens avec plus d’une vingtaine d’élèves et parents haïtiens qui ont une approche subjective du bac.

Approche subjective du bac.

Le baccalauréat est un diplôme du système éducatif haïtien qui a la double particularité de marquer la fin des études secondaires et d’ouvrir l’accès à l’enseignement supérieur et professionnel. L’obtention de ce diplôme du baccalauréat, la société haïtienne la considère comme une réalisation de soi, une réussite scolaire … le bachelier est donc considéré aussi comme un «philosophe », le bac suscite la joie, le contentement ... Mais il ne suscite pas que ces éléments, il est aussi source du stress, d’émotion, de souffrance et de solitude.

Avant l’épreuve du bac le candidat est dans l’angoisse, le doute, la réflexion, tout cela engendre le stress qui se symbolise par la peur de l’échec. Après l’épreuve du bac quand l’élève est en attente du résultat, cela augmente le stress chez lui. Une fois qu’il a eu le résultat et qu’il a réussi, cela diminue le stress chez lui. Cependant, pour celui qui n’a pas eu son bac, la souffrance s’installe au point de faire surgir la solitude. Cet échec au bac produit dans bien des cas chez le non-bachelier un sentiment d’impuissance, de manque de confiance, de déception, de découragement, de colère, de haine de soi, de haine de l’autre …

La société haïtienne est très sévère contre l’élève qui n’a pas eu son bac, on le considère comme un « crétin », un « nul » … Etc.

En fait, l’échec au bac peut résulter de multiples causes, comme: le stress, la peur de l’échec, le sentiment de réussir, etc. Il revient à la société haïtienne de relativiser les jugements après l’échec d’un élève au bac, ce dernier pouvant être intelligent, mais juste une erreur au bac peut engendrer son échec et du coup, il devient le crétin par excellence pour sa famille, ses amis, sa promotion, et pour l’ensemble de la société. Il devient un rejet de la société. Tandis que, ce dernier a besoin de soutien de la société et dans beaucoup de cas l’intervention d’un psychologue ou d’un psychosociologue est la bienvenue afin de l’aider à surmonter cette souffrance. En fait, les représentations sociales autour du bac doivent être repensées, parce qu’elles font surgir chez les non-bacheliers des émotions pénibles.

Au final, l’échec au bac, c’est une situation qui est émotionnellement difficile à surmonter chez les non-bacheliers haïtiens, c’est la raison pour laquelle qu’il faut une autre perception face aux non-bacheliers. Pour ainsi dire, les chiffres peuvent en témoigner d’année en d’année un bon nombre d’élèves qui sont dans cette situation. Cependant, il faut signaler la perception d’une bonne école et du baccalauréat en Haïti jouent un rôle primordial sur les élèves haïtiens et le reste de la société.

La perception d’une bonne école et du baccalauréat en Haïti
La perception d’une bonne école en Haïti

La subjectivité individuelle et la subjectivité sociale ont des sens. Les sens subjectifs ne viennent pas seulement d’une pratique individuelle, ils particularisent des fois, dans des interactions variées qui se créent dans plusieurs univers de vie du sujet. Il faut dire que la subjectivité sociale intériorise les sens subjectifs et les dispositions subjectives de chaque univers social créent une réelle organisation. En outre, ce qui se déroule dans chaque univers social réel comme : la famille, le groupe formel et informel, l’école … etc. sont approvisionnés par des fabrications subjectives d’autres espaces sociaux. C’est ainsi que la perception des écoles en terme du taux de réussite au bac constitue en Haïti le critère d’appréciation d’une école, autrement dit, une bonne école en Haïti se symbolise : « par le taux de réussite au bac », « quand un élève d’une école donnée parle français », « quand les parents parlent beaucoup d’une école donnée », « quand une école est chère en écolage », « quand une école à belle architecture », « quand un enfant d’un sénateur ou d’un maire … etc., fréquente une école », ces idées subjectives sont socialement élaborées et partagées par les groupes sociaux (formels ou informels) et même des fois, par l’ensemble de la société. Autrement dit, le choix d’une école n’est pas un hasard, il est calculé par des critères subjectifs, il dépend d’une fabrication de la subjectivité sociale, cette idée est vraiment présente dans l’esprit des écoliers et des parents haïtiens. Ainsi, une enquêtée souligne que «Je dois te dire que ma mère m’a mis dans ce collège pour moi parce qu’elle a une amie qui lui avait dit que ce collège est un « bon collège » bon pour ma mère parce que la fille de son amie parle « français » et le taux de réussite au bac était élevé ».

Qui plus est, le plus souvent, ils ne savent même pas si « l’école choisie » répond aux normes académiques et disciplinaires : « Je ne pense pas qu’elle était informée du respect des normes académiques. Généralement le choix de l’école est subjectif », selon cette même enquête.

La subjectivité sociale n’est pas une « instance supra-individuelle » qui subsiste en dehors des personnes. Il est un assemblage de sens subjectifs et de systèmes subjectifs qui s’établit dans une forme de lien ou d’appartenance sociale, « ma fille fréquente une école où fréquentent les gens aisés ». Cela a un sens pour la personne quand elle répète et donne cette information , elle envoie une double résonance : « j’ai de l’argent » et « j’ai fait beaucoup d’efforts pour ma fille pour qu’elle appartienne à la même classe sociale que moi », ce choix a un sens pour la personne, et cela tisse de nouveau lien social pour sa fille. Ce type de valeurs dominantes est le plus souvent véhiculé par la classe moyenne en Haïti.

Enfin, la subjectivité sociale dégage et provoque des émotions, c’est un processus symbolique qui alimente la subjectivité individuelle, un ou plusieurs individus peuvent être porteur (s) d’une subjectivité sociale une fois, qu’elle influence le choix ou l’action des individus.

La perception du baccalauréat en Haïti

L’élément déterminant, dans cet article, est la perception sociale du baccalauréat par les élèves, comme un besoin nécessaire pour eux. Ils considèrent le bac comme une « étape » et une « fin en soi ». Il faut signaler que ces deux catégories d’élèves n’ont pas le même objectif. Par contre, ils ont une seule chose en commun, c’est de concevoir le bac comme un « passage obligé ».

Pour les élèves, le passage du baccalauréat est tellement « obligé » qu’ ils n’ont pas le droit à l’échec, la réussite étant indispensable et paraissant comme une évidence pour eux. Pour une catégorie d’élèves c’est parce qu’après l’obtention du bac, ils vont s’inscrire dans une formation supérieure : « je suis obligé de réussir, si on ne réussit pas cela risque de perturber mon parcours universitaire, je dois dépasser mon père, cela veut dire qu’il faut accéder à l’Université et avoir une licence au moins ». Et pour une autre catégorie d’élèves ils vont arrêter leur formation, parfois, il y a des bacheliers qui ne font rien après le bac, comme exemple, « je connais un jeune homme qui termine son bac, ses parents vivent aux États unis, un élève moyen, je pense, faire une formation professionnelle ou une étude supérieure, cela ne l’intéressait pas, tandis que, ses parents pouvaient financer une formation pour lui, tout simplement il n’avait pas envie de continuer ses études » et même prendre un congé sabbatique afin de s’inscrire dans une formation professionnelle même après deux ans ou trois ans, cela dépend de la force des choses. Ainsi témoigne un élève « après ma réussite au bac, c’était un ouf, j’ai pris un an de congé, et juste après que j’ai été dans une formation professionnelle ». Il faut signaler qu’en dépit de la perception d’une bonne école et du baccalauréat en Haïti, il n’en demeure pas moins qu’il y a aussi une portée symbolique du baccalauréat haïtien.

La portée symbolique du baccalauréat haïtien

La portée symbolique renvoie à un symbole, le bac est donc pour les élèves et même pour l’ensemble de la société une valeur symbolique. Si on se réfère à Jacques Lacan (« le symbolique, l’imaginaire et le réel »), qui parle de : « le symbolique » qui est un registre de l’ordre de l’inconscient, celui des signifiants. Il concerne la capacité de représentation. Le bac est dans l’inconscient et représente beaucoup de choses pour les élèves. C’est pour cela qu’ils se sentent la nécessité de ce « rite de passage » (Marcel Mauss, utilité sociale et efficacité) chaque année. Le bac est donc une action symbolique qui est liée à un rite, et ce rite à un impact sur le corps social. Mlle A. « Le bac c’est le stress pour moi, c’est une grande épreuve, la façon dont les gens parlent du baccalauréat, j’ai l’impression qu’on ne va pas réussir au bac, il y a tension comme ça, dans la sphère familiale c’est une fierté lorsqu’on voit qu’un membre de la famille va passer le bac, il y a toujours une préparation pour cet événement. Dans les quartiers on forme un groupe de travail avec les élèves tout horizon, il reste très tard la nuit pour qu’on puisse travailler ». Cette influence suscite le consentement du plus grand nombre de la société et aussi donne aux individus la capacité de tirer profit de ce rite de passage, tout en allant vers le résultat attendu, qui est la réussite au bac. Dans ce même d’ordre d’idée, Mr K souligne « Le bac était un carrefour décisif pour moi, il était comme un passage obligé, le premier jour du bac, j’étais stressé, pourquoi ? Parce qu’on est obligé de réussir, si on n’a pas réussi cela risque de perturber mon parcours universitaire ».

Parmi nos enquêtés, même pour celui qui n’a pas vécu cette épreuve du bac, tous sentent l’obligation de passer le bac, Mr L « même si mon fils benjamin termine son bac à 25 ou 27 ans, j’aimerais qu’il termine pour qu’il puisse aller apprendre un métier ».

Pareil pour l’appareil étatique et le gouvernement, c’est une énorme exigence d’organiser les examens du bac. Pour ainsi dire, le bac est une, des obligations politiques. Imaginons par exemple que le baccalauréat n’ait pas lieu soit en Haïti soit en France. Il constitue un bon indicateur de la stabilité et le bon fonctionnement d’un pays, même si, parfois, dans la réalité ce n’est pas le cas. Prenons quelques exemples historiques pour élucider cette nécessité d’organiser le baccalauréat par le ministère de l’Éducation nationale en France et en Haïti. Après la Seconde Guerre mondiale en 1943, les mouvements de mai 1968 la France a quand même organisé le baccalauréat, cela témoigne la nécessité de préserver au baccalauréat son statut du système de « chef de voûte du système ».

Après le départ du président de Jean Claude DUVALIER en 1986, l’armée sous le commandement d’un général a pris le pouvoir, et jusqu’après Haïti a connu une crise politique et une instabilité sans précédent. Malgré ces successions de coups d’état, et de mouvements sociaux, cela n’empêche pas l’organisation du baccalauréat par le ministère de l’Éducation nationale, « la crise politique a perturbé le lycée, absence de professeur, manque de motivation pour certains élèves, malgré la crise l’examen du bac a été organisé ». L’organisation du baccalauréat comporte une ambivalence : tout d’abord, montrer à la face du monde, même si, c’est un gouvernement putschiste, qu’ils ont la capacité d’organiser l’épreuve. Ensuite, le baccalauréat est également un rite de passage pour le ministre de l’Éducation nationale, l’organisation du bac est donc une épreuve pour le ministre, si le ministre ne réussit pas cet examen de passage, il pourrait être destitué de son poste et très critiqué par la presse et par le reste de la société en Haïti.

En effet, l’organisation du baccalauréat symbolise une société qui fonctionne ou qui connaît le retour à la normale, le maintien et le rétablissement d’un ordre social, même si c’était un ordre apparent. Le baccalauréat rassure les gouvernements, c’est un élément de la permanence et de l’identité du corps social. Il ne suffit pas d’organiser le baccalauréat, mais il faut tenir compte du taux d’échec au bac et un bac qui répond aux besoins de la société (bac professionnel).

La massification de l’échec scolaire et la professionnalisation du baccalauréat haïtien

Chaque année on assiste à de nombreux élèves qui sont en échec scolaire. C’est pour cela qu’il faut prendre des décisions en vue de solutionner ce problème en Haïti. Un ministre qui a eu le courage d’élaborer une réforme en 1979 pour le système éducatif haïtien se nomme « Joseph Bernard ». Sa réforme porte son nom la « reforme de Bernard », celle-ci a suggéré une réorganisation du système éducatif reposant sur la professionnalisation du secondaire.

Cette vision de l’éducation pourrait conduire à un bac général, technologique et un bac professionnel.

Cette réforme est bloquée, elle ne fait pas partie de la priorité politique, chaque ministre de l’Éducation nationale n’ose pas tenter de reformer ou de ressusciter la reforme de Bernard.

Après Bernard, il y a eu à peu près une trentaine de ministres de l’Éducation nationale qui se sont succédé. Rien n’a été fait en matière de réforme moderne dans le système éducatif haïtien. En dehors du ministère de l’Éducation nationale, les syndicats d’enseignants doivent être porteurs d’un vrai « projet éducatif » aussi.

Le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) en Haïti, malgré le nom qu’il porte, ignore cependant la « formation professionnelle », la réforme du système éducatif haïtien semblant plus politique qu’éducative. Haïti n’est pas le seul pays qui va innover par rapport à son système éducatif, des pays comme les États-Unis, le Canada, l’Allemagne, la Chine, et la France intègrent dans leurs corpus scolaires des filières technologiques et professionnelles. Le système éducatif haïtien doit faire face aux grands défis qui attendent Haïti au 21e siècle, il est avéré que la structuration des cycles du système scolaire haïtien en application dévoile une désadaptation avec les grands enjeux de développement politique, social, économique, culturel auxquels Haïti est confrontée. Il faut dire qu’en Haïti les secteurs professionnels sont négligés sur le plan pratique, autrement dit, il y a donc un mépris pour ces secteurs. Le système éducatif haïtien instruit une grande partie des élèves à orientation générale, c’est pour cette raison que la majorité des bacheliers veulent aller à l’Université. En quelque sorte, cela suscite l’échec scolaire de nombreux jeunes, parce que tout le monde n’a pas la même capacité, et ne peut pas donc aller à l’Université. L’étude supérieure demande beaucoup de ressources cognitives … du coup, il faut une vision plus large de l’éducation, celle-ci doit être adaptée aux aptitudes des élèves. La naissance d’une ou plusieurs filière (s) professionnelle (s) doit aboutir à un bac professionnel pour une catégorie d’élève qui ne peut pas ou ne veut pas aller à l’Université.

L’objectif du bac professionnel est de permettre aux élèves d’acquérir des connaissances et des compétences dans un domaine professionnel. Les élèves peuvent se diriger particulièrement vers la vie active ou sur le marché du travail. Le baccalauréat professionnel permet l’insertion dans la vie active ou la poursuite d’études en section de technicien supérieur.

Enfin , le baccalauréat haïtien a une représentation sociale qui est forte en Haïti, c’est pour cela que la réussite au bac prouve qu’on n’est pas « crétin », « nul », « imbécile », « idiot » … cela donne un certain prestige social, la société haïtienne a un regard valorisant des bacheliers.

Psychologiquement la réussite au bac donne une assurance et montre que le bachelier a une capacité d’apprentissage, cognitive réelle, une valeur intellectuelle reconnue, une reconnaissance sociale, comme quoi il peut accéder à l’Université même s’il n’y est pas, tout cela constitue des facteurs qui poussent les élèves haïtiens à investir le Bac.

Et cette institution comme le baccalauréat est maintenue en Haïti parce qu’il est avéré que chez les élèves et le reste de la société haïtienne prédominent l’opinion selon laquelle l’obtention du baccalauréat constitue la seule et unique voie de la réussite scolaire. Cette opinion est d’autant plus ancrée dans l’imaginaire collectif que le système éducatif n’accorde guère d’importance à la création de filières professionnelles.

DEJEAN Jean Dario,

Sociologue, diplômé en Économie et en Psychosociologie. Spécialiste en Éducation et en Prévention contre la délinquance juvénile ; en Médiation sociale et familiale ; expert en Criminologie et en Sureté aéroportuaire.



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