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PERSPECTIVES 2054

PERSPECTIVES 2054








Qui pourrait l’imaginer ? Le temps, contre toute attente, milite contre nous. Déjà nous avons épuisé, dilapidé trente-deux longues années depuis le départ du dictateur Jean-Claude DUVALIER. À qui nous nous apprêtons à donner raison ? Et ce, malgré les catastrophiques dégâts causés par le régime (père et fils) à cette terre que nous paraissons chérir tous.

En effet, si nous faisons une rétrospection, trente-deux ans se sont déjà écoulés, comme nous venons de le souligner plus haut, nous ne nous sommes pas contentés que de tergiversations, de piétinements, nous nous enfonçons de préférence beaucoup plus profondément dans cette béante crevasse créée de toute force par ledit régime.

Les pertinentes questions à se poser sont bien celles-ci : Où sont donc ceux-là qui se sont imposés comme leaders du peuple au temps des papa et baby docs ? Où sont les grands meneurs de jeu qui ont eu le toupet de promettre monts et merveilles à ce peuple martyr et qui malgré l’accession de plus d’un d’entre eux au timon des affaires de l’État, nous sommes encore à ce stade ?

Où se pose le problème ? La réponse est simple : En nous-mêmes. À preuve, depuis la fondation de cette patrie par les vaillants va-nu-pieds, à moins que nous ne fassions état de mémoire courte, nous ne pouvons pas nous rappeler un seul instant où nous nous étions mis ensemble pour établir quelque chose de durable. J’attends votre cinglant démenti à ce compte.

Toute notre histoire est parsemée de luttes acharnées pour le pouvoir. Mais hélas ! C’était pour la prise du pouvoir uniquement. Nous insistons, rien que pour le pouvoir ! Mais réaliser quelque chose de concret, faire oeuvre qui vaille semblent passer très loin de nous, trop trop loin de notre discernement pour être appréhendés.

Qui pis est, ceux qui s’acharnent, comme avant-gardistes sans excuser la quote-part de chacun d’entre nous, à creuser cette excavation à relent génocidaire semblent avoir la vie dure et les racines beaucoup profondes que celles évoquées par Toussaint LOUVERTURE lors de son infâme reversement par le général français, Leclerc.

Alors, jusqu’à quand, comme le mentionnent fréquemment les Saintes Ecritures dans le livre des psaumes, oui jusqu’ à quand prendrons-nous conscience de notre état de délabrement ô combien scandaleux, avilissant, deshumanisant ?

D’ici à trente-six (36) ans, à voir sous l’angle de trente-six jours, ou même trente-six heures, nous allons devoir commémorer notre deux cent cinquantième anniversaire d’Indépendance. Avec quel primat allons-nous aborder ces 250 ans d’Indépendance pour oser discourir au nom de nos héros qui se sont sacrifiés pour nous laisser cette riche contrée, malheureusement aujourd’hui, sauvagement dévastée par nos incessantes luttes fratricides et impénitentes ?

Qu’est-ce qui nous empêche de nous unir en vue de lutter pour le bien commun ? Notre condition de nègres ? Allons ! C’est avec cette même condition de nègres que nous avons vaincu l’esclavage.

Nous avons cette mauvaise manie que de rendre responsable l’étranger ou le blanc. Mais jamais nous-mêmes. Il est grand temps de faire place à la bonne entente. Trouver un modus vivendi, un modus operandi doit notre seul leitmotiv à l’approche de cette date butoir. Alors concitoyens, à nos marques !

Il est grand temps d’écarter notre dérangeant égoïsme, de faire taire nos petits intérêts mesquins, nos avidités gargantuesques et nous en passons.

Aujourd’hui, la dépréciation de la gourde par rapport aux autres monnaies internationales, plus précisément, au dollar, est des plus criantes : 78 gourdes pour un dollar. Sous Salomon, deux gourdes pour un dollar.

Nous ne savons même pas quand il faut attaquer ou replier dans le cadre d’une lutte pour la bonne cause que nous transformons très souvent en catastrophe. Nous ne nous sommes même pas habitués à observer une trêve comme c’était le cas en 2004. Tout est donc banalisé, galvaudé, désacralisé. Le peuple, le gros peuple, dis-je, la jeunesse dans son incertitude en font toujours les frais.

Ce qui fait notre renommée de nos jours aussi étrange que cela puisse paraitre c’est notre volonté de détruire le peu qui nous reste encore de ce coin de terre tant par les pneus enflammés que par le pillage des biens de l’État, le kidnapping etc. Les valeurs morales s’en vont. Plus de conscience patriotique. Sauf l’envie du gain nous motive dans nos faits et gestes.

Chacun dans sa sphère d’action doit pouvoir communiquer sa quote-part aussi infime qu’elle puisse être à la construction effective de ce grand édifice national. Moi, à la justice et à la foi chrétienne. Et vous ?

Nous l’admettons bien : il faut penser à l’avenir de sa progéniture. Mais, il faut tout aussi bien penser aux autres, penser à ce pays qui doit allaiter les générations présente et future y compris les fils et filles de vos progénitures. En partant vers le tombeau vous n’y emporterez que vos bonnes oeuvres. Et c’est tout. Or, argent et autres biens précieux feront office de foutaises. Pensez-y.

Que le DIEU TOUT-PUISSANT dans sa sagesse infinie nous prête vie, au moins à ceux qui y sont destinés, pour qu’avant 2054 nous évoluions tous dans une Haïti prospère et accueillante tant pour nous-mêmes que pour l’étranger.

Paix et Amour à nous tous !

Antoine O. VILAIRE,
Juge et Juge d’Instruction.



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