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Affaire Dermalog : le point sur le comportement de la Première dame, Martine Joseph Moïse

Affaire Dermalog : le point sur le comportement de la Première dame, Martine Joseph Moïse








La question du contrat Dermalog, qui constitue le talon d’Achille de l’image et de la crédibilité de la Première dame et de la présidence, devrait faire au moins l’objet d’une entrevue d’une heure à une émission de radio et de télévision très prisée de la Capitale.

Depuis le début du mois de décembre 2018, à l’instigation de la fameuse commission éthique et anti-corruption du Sénat de la République pilotée par le sénateur Youri Latortue, les projecteurs sont braqués sur la Première dame de la République, suspecte de corruption, et d’immixtion flagrante dans des affaires de l’État qui ne relèvent pas de ses fonctions honorifiques. Invité au Sénat pour clarifier le contrat signé, sans la bénédiction de la Cour supérieure des Comptes et du Contentieux administratif, le directeur général de l’Office national d’Identification (ONI), Jude Jacques Elibert, a enfilé la chemise de l’incohérence et de la confusion en tenant deux réponses contradictoires sur une question spécifique adressée par la commission. Qui faisait partie de la délégation vers l’Hexagone pour négocier à la conférence de Trustech le contrat de 27.7 millions de dollars avec la firme Dermalog ? Dans un premier temps, M. Elibert a brusquement mentionné le nom de Mme Martine Moïse. Par la suite, sous les pressions des serviles serviteurs de la présidence, M. s’est démenti pour soutenir qu’il n’avait pas bien compris la question et qu’il a maladroitement tenu de nouveaux propos : « C’était par coïncidence que j’avais rencontré la Première dame dans mon avion en route pour la conférence Trustech ». Comme pour dire, la Première dame était au mauvais endroit et au mauvais moment ! Un pur hasard qui allait se convertir en certitude lorsque le Sénat, dans l’approfondissement de son enquête, avait décelé que le directeur général de l’ONI et la Première dame ont passé trois jours de réflexions et de discussions intenses dans cette mission, entachée de doute. La coïncidence est encore plus étonnante lorsque la Première dame, qui devait avoir dans son agenda des projets d’ordre social, se mêle à fond dans des dossiers stratégiques du pays. Mme fait irruption dans des initiatives pouvant même influencer les résultats des scrutins à l’avenir. On se rappelle les scandales de la fameuse firme Ostos & Sola accusée de corruption, fraudes et malversations aux dernières élections présidentielles en Haïti. « Konte m, mwen konte », que vient chercher la Première dame dans ce projet qui est une mission régalienne dévolue exclusivement à des entités de l’État, notamment le ministère de la Justice qui délègue cette attribution a l’ONI ? En outre, les mauvais signaux envoyés par des flagorneurs dans le sillage de la présidence - ne faisant honneur ni au poste prestigieux de Premier ministre ni à Hippocrate - qui lancent très tôt des propos anti-démocratiques « Nous avons ce pouvoir pour au moins trente ans » s’inquiètent déjà les esprits avisés dans la mise en oeuvre de la machine électorale aux prochaines élections. De tels discours, remplis d’incohérence et d’une absence de respect de soi et de l’autre, trahissent et contredisent déjà les propos tenus ce lundi 14 janvier par le Président lors de la rentrée parlementaire au cours duquel il promet et récite, les mensonges habituels, « des élections honnêtes, crédibles et démocratiques ».

Cohérence et mensonge ne font jamais bon ménage

Le mensonge est toujours vêtu de ses habits nauséabonds et accompagné de ses fidèles amis : la confusion, l’absurdité et l’incohérence. Pas nécessaire d’utiliser la maïeutique socratique pour accoucher la vérité dans certains scénarios. Les esprits vifs et éveillés peuvent facilement déceler les incohérences dans les discours, dans les comportements et les actions de leurs interfaces. La vérité est tellement facile à discerner qu’elle est même un attribut du sens spontané des enfants. Cette vertu est corrélée avec la beauté, la promptitude, l’esthétique, la conviction et la persuasion. Personne ne peut tenir, au profit de ses intérêts mesquins, un discours cohérent pendant quelques bonnes minutes et se souvenir des histoires inventées pour tenter de soigner l’être et le paraitre. Si la nature ne vous met pas à nu, si l’autre ne vous met pas à découvert, vous allez vous-mêmes vous avilir. Le durable, le soutenable, le viable, le défendable ne peuvent prendre corps que dans le mensonge et la tromperie. La défaite du droit est toujours provisoire, dit-on.

Lorsque vous regardez autour de la présidence, vous vivez les incohérences et les mensonges au grand jour. Les multiples promesses fallacieuses, les nombreuses positions sinusoïdales, les discours présidentiels, à l’occasion de fêtes de nos victoires, infectés de haine, de colère et de désespoir font déjà la toile de fond des meringues carnavalesques.

La Cour des Comptes écartée dans le contrat Dermalog, « l’os dans la gorge » de la Première dame

Violation flagrante des principes élémentaires établis par la Cour supérieure des Comptes et du Contentieux administratifs (CSC/CA), le contrat de 27.7 millions de dollars engageant l’État haïtien avec la firme Dermalog ne faisait pas objet de passation de marchés selon les règles de l’art. Cette démarche n’est même pas soutenue par document technique élaboré par l’ONI, a rapporté le Sénat. Pourtant, dans son article 1er, et en droite ligne avec les principes fondamentaux de la Constitution, les statuts de la CSC/CA stipulent que la CSC/CA doit donner son avis sur tous les projets à caractère financier et commercial engageant l’État afin de garantir l’intérêt public.

Prétexte classique des dirigeants haïtiens de la dernière décennie, à chaque fois que le mobile consiste à nager dans les malversations et la corruption, ils sortent la carte de « situation d’urgence ». Le Premier ministre Laurent Lamothe est passé champion dans cette pratique honteuse et irresponsable. De tels comportements découragent toute approche compétitive, mais plutôt propulsent les collusions déloyales entre les grands commis de l’État avec des firmes privées, leurs propres firmes ou celles avec lesquelles ils ont des accointances en passant des contrats de gré à gré pour des montants faramineux. Ce qui ne garantit donc ni l’efficacité ni l’efficience des marchés publics. Tel est surtout le comportement à la base du tarissement de la source des fonds Petrocaribe. En situation d’urgence, les contraintes sont molles, les balises ne tiennent plus ; elles sont levées dans l’idée de donner des réponses immédiates à certains besoins pressants. Les gouvernements qui fonctionnaient sous l’administration du président Michel Martelly prenaient le malin plaisir de faire un usage abusif de cette marge de manoeuvre que procure la Constitution, au point que monsieur Lamothe dans son amateurisme administratif déclarait, « tout est urgence en Haïti. On se rappelle d’ailleurs que c’est en raison de sa volonté manifeste de bien scruter les contrats publics que la tête du docteur Garry Conille a été décapitée à la Primature, sous Martelly.

Prendre exclusivement le chemin de la presse pour s’innocenter ne tient plus la route

Les pratiques de propagandes pour redorer le blason de la présidence et des gouvernements font toujours long feu. Ce sont des comportements empreints de myopie et d’inculture, pour paraphraser l’illustre historien Michel Soukar. Les histoires des gouvernements passés peuvent en dire long. Le règne de Martelly/ Lamothe caractérisé par des publicités mensongères à outrance de toutes sortes sous le slogan-parapluie : « Haïti Is open for Business », a été fragilisé tant les slogans ne rimaient guère avec les réalités.

Sortir des notes pour porter des démentis « formels » aux déclarations et aux investigations conduites par des sénateurs, des dépositaires du pouvoir public ne peut tenir la route. Dans une perspective de sauver l’image de la présidence, il va falloir faire mieux que cela. Il ne suffit pas de prendre un directeur général comme bouc émissaire et comme fusible pour faire la navette dans les médias et porter le fardeau de l’autre en faisant des élucubrations excessives pour fabriquer et vendre une histoire farfelue à la société. La nation exige des preuves, des approches convaincantes, car la femme de César ne devait même pas être soupçonnée, pourtant elle semble être prise la main dans le sac. Car, au cas où la Première dame ne serait pas coupable, la commission sénatoriale éthique et anti-corruption devrait être poursuivie en justice pour diffamation et atteinte à la réputation et l’image d’une honorable femme de la République.

Au cours d’une émission très prisée de la Radio Télé Métropole, hormis les éclats de rire qui ne rimaient pas toujours avec les questions posées, vous avez eu madame la Première dame, une très bonne posture ; vous avez fait tomber de nombreux préjugés, nous en sommes fiers. Car vous avez eu une très bonne impression sur les gens. Vous vous occupez, à juste titre, de projets relevant effectivement de votre position. Oui, la création de votre fondation pour encadrer la petite enfance, les femmes et les artisans sont des projets porteurs et très bien accueillis. Cependant, s’il se trouve que la femme du Président est innocente pendant qu’elle est l’objet d’une si mauvaise presse et d’une diffamation acharnée de cette prestigieuse institution républicaine qu’est le Sénat, une interview devrait être sollicitée une à l’émission très prisée telle que « Le Point » prendre la largesse de clarifier sans démagogie cette question Dermalog qui interpelle toute la société.

Le président de la commission éthique et anti-corruption du Sénat a souligné à l’encre forte que la Première dame a usurpé en faisant bel et bien partie de cette délégation de l’ONI alors qu’elle n’a ni mandat ni qualité pour y prendre part et négocier des contrats au nom de l’État haïtien. Deux versements sont déjà versés à la firme Dermalog, dont un premier de 8,2 millions de dollars, et un deuxième de 2 millions de dollars, toujours sans l’approbation de la Cour des Comptes et du Contentieux administratif. C’est donc un dossier brûlant et préoccupant.

Mme la Première dame, au cours de l’entrevue sur Radio Télé Métropole le 4 décembre dernier, à plusieurs reprises, vous avez convié les politiciens à cesser d’être méchants, à cesser de détruire les gens. Dans le dossier Dermalog, si vous n’avez pas vos mains trempées dans le corps du délit, sachez que les sénateurs et les politiciens ne sont pas méchants envers vous. Si vous avez des preuves et des moyens tangibles pour vous défendre, vous êtes tout simplement une masochiste. Car, le dossier reste dans l’esprit de chaque haïtien comme un acte qui met en péril la crédibilité de la présidence et qui ne fait pas honneur au poste honorifique que vous détenez.

Carly Dollin



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