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De 2004 à aujourd’hui : les mêmes histoires, les mêmes répercussions, le résultat différent ne peut-être que le pire

De 2004 à aujourd’hui : les mêmes histoires, les mêmes répercussions, le résultat différent ne peut-être que le pire








La situation sociopolitique actuelle nous rappelle celle que nous vivions en l’année qui allait marquer le bicentenaire de l’Indépendance nationale. Nous avions connu la faim, l’insécurité... Encore, la misère, générée par la corruption, fait rage.

Notre économie devient de plus en plus fragilisée. Cela a servi de prétexte à de violentes manifestations exigeant la démission du Président de la République. La population qui gagne son pain au jour le jour est contrainte de rester à la maison consommant sa misère.

Le secteur éducatif est touché de fond en comble. Le pays est resté fermé depuis des jours.

L’Académie française ou le créole haïtien admettra peut-être un nouveau

mot étranger français/créole: pays lock / peyi lòk. Comprendre ce concept consiste à savoir par exemple que les paysans-cultivateurs, surtout dans mon département, viennent d’enregistrer de considérables pertes relatives aux denrées telles : tomates, poids, oignons, aubergines, etc., prêtes pour la vente, tombées en pourriture soit au jardin soit dans les camions puisque les voies de transport ont été bloquées et inaccessibles partout.

Comment répondre aux redevances de leurs crédits agricoles et aux obligations scolaires de leurs enfants ? Il y a de quoi se lamenter.

En général, les écoles haïtiennes répartissent les frais de scolarité en quatre versements : le premier en septembre, deuxième en décembre, troisième en février, quatrième en avril/mai. Cette répartition est faite en fonction d’une prise en compte des rentrées des parents qui ne vivent en grande partie que du jardin. Quand les récoltes passent mal, l’école doit être aussi affectée. Car beaucoup de parents ont misé, pour acquitter l’écolage des enfants, sur les denrées, déjà (en proportion considérables) gâtées durant les périodes de crise. On peut voir que le pire, pour la population vivant la vraie misère, est prévisible.

Les inquiétudes sont de taille. Pourtant on n’est pas encore au mois réputé “mwa grangou”: mai. Le prix des produits de première nécessité, le coût du transport (quand c’est possible de se déplacer en moto ou en taptap) montent de manière exponentielle. Car

le prix du carburant, produit transversal, est quatre fois plus cher que d’habitude.

L’école n’était (est) pas possible même dans les milieux où des barricades enflammées n’ont pas été dressées.

Pas de disposition pour la concentration. Je travaillais un lundi dans l’un des rares établissements ayant ouvert leurs portes, je remarquais que les élèves étaient plutôt pour la plupart dans la rue que dans la classe. Après des vacances forcées (par les troubles) il faudra remobiliser la concentration.

Les enseignants recevront des enfants revenant du jeûne, traumatisés. Car nombreux les écoliers, étudiants qui sont obligés de laisser, non sans grandes difficultés, les grandes villes pour rejoindre leurs parents à la campagne.

Enfin, un calme apparent vient. Mais on est loin d’une solution à la grave crise que connait le pays. D’ailleurs, le pouvoir ne montre ni la volonté ni la capacité de la pallier et l’opposition divisée ne propose au peuple aucune alternative viable. Que peut-on attendre d’un exécutif scissionnaire, des parlementaires perdant totalement le sens de leur fonction, d’une opposition dont la seule soif est de reprendre le contrôle du pouvoir? Des journées de classe sont perdues, alors que le nombre de jours prévus dans le calendrier scolaire ne paraissait pas suffisant. Attendons juin (mois de fermeture de l’année académique) pour savoir si les établissements ne seront pas obligés de refermer leurs portes.

Joël Saintiphat Éducateur



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