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Politique en Haïti, des comédies aux séries dramatiques et d’actions réelles

Politique en Haïti, des comédies aux séries dramatiques et d’actions réelles








Championne des comédies - sans fictions, sans montages, sans légendes, avec des acteurs réels de l’Exécutif, du Législatif, du Judicaire, notamment lors de cette dernière décennie - Haïti verse aujourd’hui dans un nouveau genre cinématographique, le drame et les séries d’actions.

Fictions, imaginations, abstractions, allégories, dissimulations, utopies, illusions, mensonges, simulations, métaphores, prétéritions, hyperboles, oxymores, polysyndètes, les burlesques productions hollywoodiennes sont habillées de toutes les figures de style et nourries de tous les sens de l’humour pour les rendre hilarantes, captivantes, divertissantes et attrayantes à la consommation de masse dans les quatre coins du globe. Pour atteindre leurs objectifs de conduire les téléspectateurs dans des aventures et des représentations fascinantes, ludiques et amusantes, les réalisateurs font appel à leur sens poussé de créativité, leur intelligence, leur hyper imagination, puis identifient des acteurs et des actrices capables d’entrer dans les schémas et les scénarios des oeuvres qu’ils veulent offrir aux différentes salles de cinéma et aux chaines de télévision de la planète. Les créations de l’industrie cinématographique requièrent des années de préparation et de gigantesques fonds d’investissement, puis génèrent des rentrées pécuniaires très lucratives. Souvent, certaines productions sont avortées en chemin et n’atteignent pas le stade de maturité, en raison de contraintes financières et des exigences de qualité imposées par les réalisateurs et les promoteurs.

Pourtant, sur cet espace de 27 750 km carrés, occupé par onze millions d’humains en quête de mieux-être, mais gouvernés par des comédiens, des acteurs politiques des trois pouvoirs, des animaux politiques ne pouvant respirer que grâce à l’oxygène de l’immunité officielle, les productions théâtrales et artistiques, notamment les comédies, les satires, les drames et les horreurs sont achevés aux coûts quasiment nuls. Il suffirait ainsi de quelques caméras et de quelques décors additionnels à fournir par les réalisateurs hollywoodiens pour offrir au monde des comédies à couper le souffle; car les acteurs sont là ; ils sont à l’oeuvre, à longueur de journée ; au Parlement, à la Primature, au Palais national et au Parquet.

Tant dans les verbes que dans les actions, les personnages du Bicentenaire rivalisent avec les grands comédiens de la Hollywood, en bichonnant la population haïtienne d’une série de tragi-comédies épiques, mais polluant l’harmonie, l’efficience et la bonne marche de l’institution bicamérale, qui devait être le temple de mûres réflexions, de dialectiques, de débats et de pensées critiques exigeant des conflits entre des matières grises diversifiées. Ils sont de tous âges, Ti-granmoun comme Ti-Bredgen, les honorables sénateurs à nous émerveiller dans leur colère « Bull Shit, caca harengs, pipi de chat », dans leur « Humilité parlementaire», leurs lectures hilarantes qui peuvent nous faire exploser de rires, nous désarticuler (le section) et nous rendre ivres (chapitre IV) jusqu’à perdre l’émail (adresse courriel) de nos dents.

Autosuffisants, autoritaires, agressifs, belliqueux, ils peuvent édenter tous les étudiants en leur dressant des obstacles au sein de leurs départements. Ils peuvent assaisonner des journalistes de crachats, d’invectives et d’injures en pleine émission radiophonique. À la moindre menace, ils s’apprêtent à décrocher, de leurs armoires, leurs kimonos de shaolin pour monter sur le ring face à leurs collègues pour faire valoir leur habileté et leurs talents dans le Taekwondo, le Kunfu, le Chotokan en extériorisant l’animal politique, l’éléphant, qui se cache en eux pour briser des faïences. Des gladiateurs, des cowboys sensibles à la gâchette, ils peuvent dégainer leurs pistolets en pleine séance pour intimider leurs homologues. Ce sont des faits, des synopsis réels, des feuilletons humoristiques, sans légendes aucunes, et qui mettent à l’affiche des acteurs réels du Parlement haïtien au cours des cinq dernières années. Imaginez les bienfaits et les richesses qu’aurait apportés une compilation de ces exploits si on savait les rassembler dans une série ou dans un long métrage « Parlement haïtien en actions ! »

Ces oeuvres, souvent en direct, avec des acteurs politiques réels, détrônent celles des comédiens haïtiens tels que Jesifra et Tonton Bicha. Dommage que le Capitol, l’Impérial et le Lido ont fait fiasco. Sinon, il y aurait matière à afficher des oeuvres comiques haïtiennes pour déclarer la concurrence avec l’art comique de Hollywood. Diner de Cons, Le Masque, La Cloche et l’Idiot, Le drôle de Noël, autant de films comiques à succès de M. Bean, d’Eddie Murphy et de Jim Carey que nos célèbres personnages politiques haïtiens auraient pu détrôner. Si les réalisateurs et les promoteurs hollywoodiens savaient ce qui se dessinait dans les séances du Parlement haïtien, au sein du judiciaire et de l’exécutif, ils ne se donneraient pas autant de peine à dépenser des dizaines de millions de dollars et à patienter pendant des mois et des années avant de soumettre un film à l’appréciation des cinéphiles. Ils se seraient tournés vers le Bicentenaire, vers le Parquet, au Palais et à la Primature pour accoucher des séries télévisées ou des longs métrages très divertissants, très comiques et à fort suspens, au titre « Les cons des trois pouvoirs en Haïti »,

Les huit mercenaires armés jusqu’aux dents, acteurs de 24 heures-chrono

Récemment, un autre genre vient s’ajouter à la riche liste de films humoristiques haïtiens, mettant à nouveau en vedette, les mêmes acteurs réels de l’Exécutif, du Législatif et du Judiciaire. Un film dramatique et d’actions sans précédent, qui maintient le téléspectateur en haleine du début à la fin. Ce drame, agrémenté d’actes de tragi-comédie, offert gratuitement par les autorités haïtiennes avec d’autres acteurs de l’international, ressemble à la continuité de la série dramatique époustouflante, captivante, très prisée aux États-Unis et mettant en vedette, le fameux acteur au sobriquet, Jack Bauer.

Huit Bandits, de trois différentes nationalités, armés jusqu’aux dents, en mission gouvernementale, capturés par la police nationale d’Haïti, puis relâchés moins de 2 jours après pour être transférés dans leurs pays d’origine, suite à des appels téléphoniques aux plus hauts niveaux. Secrets d’État, deals politiques, manipulations, dissuasions,…., il faut croire que la 10e saison de cette série télévisée primée aux Golden Globes et aux Emmy Awards, jouée avec maestria par l’acteur principal Kieffer Sutherland, connu sous le pseudo Jack Bauer, a été lancée en Haïti, à la mi-février 2019.

Les grands dignitaires, président, Premier ministre et des ministres s’accusent, se déresponsabilisent, s’humilient, se contredisent. Tels sont exactement les types de scénarios, de décors et d’aventures qui se profilent dans les saisons de la série télévisée 24 heures Chrono. Les mercenaires voulaient les têtes de la Primature et du parlement, ils visaient le braquage de la Banque centrale pour éliminer les fichiers de transferts financiers opérés vers des comptes internationaux. Les confusions, les diffamations, les manoeuvres dilatoires et les cacophonies s’amplifient. Les médias, les sénateurs, les députés, les ministres, toute la ville en parle. Secret d’État oblige, comme cela se tourne dans 24h Chrono, toute entité régalienne n’est pas censée être informée des actions secrètes du gouvernement, car certaines fois commanditée au plus haut niveau et avec la plus grande discrétion. La Police nationale d’Haïti (PNH), à la lumière des statuts de son existence et de ses champs d’action, jouait convenablement son rôle dans la soirée du 18 février. Cependant, de bonne foi, la PNH s’est immiscée « maladroitement » dans cette mission secrète pour défier les mercenaires, embauchés par un gouvernement (on ne sait lequel), et qui ont définitivement raté leur cible. Pendant deux jours, comme cela se passe avec les séries romantiques, comiques ou dramatiques, la population haïtienne est restée sur sa soif ; elle vit le suspens et s’évertue à interpeller sa curiosité pour découvrir la claire obscurité dans cette rarissime tragi-comédie. La population a été encore plongée dans un plus profond blackout en apprenant que les missionnaires étrangers ont laissé la capitale, en toute tranquillité, à l’insu de la présidence et de la primature, pour se rendre dans leur pays d’origine. La série va-t-elle avoir des suites et donc une chute ? Ce n’est absolument pas sûr. Alors comme toujours, pour faire dormir les enfants, l’enquête va se poursuivre.

S’il s’avère que ces mercenaires, ces huit grands acteurs, coincés le 18 février par la PNH, étaient effectivement en mission spéciale et recrutés par un certain gouvernement, alors de grandes inquiétudes planent à l’horizon. Et la vie de ces policiers, ces braves serviteurs qui ont réalisé ce coup de filets avec sérieux et professionnalisme ? Au lieu de médaille en contrepartie de service loyal rendu à la nation, ces policiers, ne risquent-ils pas de perdre leurs postes, voire leur vie ?

Ce feuilleton témoigne la forte personnalité et le sens de professionnalisme qui animent certains dignitaires de la Police nationale du pays qui gardent encore aujourd’hui leur prestige et leur dignité, malgré la flagornerie, la bassesse et la lâcheté qui prédominent au sein des entités de l’État.

Vu l’incompétence, l’absence de veille stratégique, la perte de confiance et d’autorité du régime en place, si effectivement les mercenaires, à travers un groupe « terroriste » quelconque, voulaient effectivement détruire la Primature et le Parlement, alors qui pourrait bien les en empêcher, à l’avenir? Souhaitons vivement au final qu’il s’agisse d’une manoeuvre de diversion pour estomper la vitesse de croisière que prenaient les manifestations et les révoltes anti-corruption en Haïti et que les vies des hauts dignitaires soient hors de danger.

Cinéma, montage, scènes réelles ou imaginaires, l’acte de transfert de ces personnages étrangers vers leur terre d’origine est un sacré coup pour l’image et le prestige de cette nation dirigée par un régime politique nul, incompétent et dépourvu de stratèges, qui continue de fissurer les bases et les ossatures de la justice, de la sécurité, de la dignité, de la paix et de la démocratie établie dans ce pays depuis trois décennies.

Carly Dollin



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