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Plus rien n’est possible avec ce régime

Plus rien n’est possible avec ce régime








Le divorce est consommé, le vin est tiré il faut le boire. Une éventuelle négociation dans laquelle la démission du président Jovenel Moïse est mise sur la table, pourrait être un des éléments de solution à la crise sociétale et la possibilité d’entamer un véritable dialogue national.

Le régime du Parti Haïtien Tèt Kale ( PHTK) perd le contrôle total de la situation socio-politique et économique du pays. Il n’a pas la confiance ni du prolétariat ni de la bourgeoisie mafieuse et crasseuse pour continuer à asseoir son pouvoir et ses plans machiavéliques.

Historiquement, un peuple qui subit toutes sortes d’injustices sociales, d’agressions de la part des autorités qu’il a lui-même établies; sa porte de sortie n’est jamais la soumission, mais la désobéissance, la rébellion. La liberté ne se donne pas, elle s’acquiert dans la lutte constante au prix du sang et du sacrifice.

La population haïtienne est dans une situation politico-économique extrêmement compliquée qui exige surtout l’engagement de l’élite intellectuelle aux côtés du prolétariat haïtien qui crache sa colère, exprime son désarroi et son mécontentement en investissant le macadam pour porter ses revendications contre : la corruption, la cherté de la vie, la décote de la gourde par rapport au dollar, l’insécurité généralisée qui sévit particulièrement dans la capitale, l’incapacité et l’incompétence de l’exécutif à apporter des éléments de solution viable. En revanche, le régime en place fait la sourde oreille, les manifestants reçoivent comme réponse à leurs différentes revendications, la répression policière.

En fait, j’avais mentionné plus haut l’élite intellectuelle, alors je ne parle pas d’intellectuel au sens mécanique du terme. C’est-à-dire : un ouvrier intellectuel qui vend son expertise à la classe possédante et aux organismes internationaux pour avoir quelques petits privilèges et avantages socio-économiques et politiques. Mais en parlant d’intellectuel, je veux dire quelqu’un qui s’enracine dans le paradigme culturel ancestral. Comme Frantz Fanon l’a si bien défini, un intellectuel : c’est quelqu’un qui met son savoir, son intelligence en mouvement pour élever historiquement son peuple à sa dignité et à son humanité. D’où toute l’importance et le rôle capital que doivent jouer les intellectuels organiques haïtiens dans le déroulement de cette lutte populaire. Si néanmoins, ils veulent que la société dans sa quasi-totalité les prenne au sérieux.

Il est à reconnaitre, depuis des décennies, qu’il y a l’amateurisme et l’avarice qui sont au pouvoir. Ils s’organisent rien que pour amasser malhonnêtement de l’argent et transforment le pays en un vaste espace garni de bases armées où les chefs de gangs font une délimitation géographique de leurs territoires à des fins économiques. Les parlementaires et la classe possédante adoptent un comportement similaire en plaçant des ministres dans les ministères et des directeurs généraux dans des postes de direction. Donc, le prolétariat haïtien doit conduire sa lutte à un triple niveau en vue de divorcer d’avec les pratiques politiques malsaines imposées par : la classe possédante, la classe politique traditionnelle et la communauté internationale sous l’égide du “core group”. Mais la véritable contradiction qui existe dans le prolétariat c’est qu’il y a un manque de confiance et d’union entre eux. Ils peuvent se trahir l’un et l’autre pour du pouvoir et de l’argent, ils pâtissent de la peur du changement et de la liberté, ils ont une conscience dominée, ce sont des individus ayant divorcé d’avec la réalité sociale.

Malgré toutes ces contradictions, le peuple requiert une force organique incroyable qui lui permet d’installer des autorités et de les révoquer quand elles ne donnent absolument pas de satisfactions ou de résultats plausibles. Et, c’est par ce pouvoir qu’il vient de renvoyer implicitement le Premier ministre Jean H. Céant comme il l’a fait pour Jacques G. Lafontant. Si la lutte s’arrête dès ce soir, je suis certain que le gouvernement n’y sera plus et la grande victime sera la population. Cette dernière doit comprendre que : mieux vaut avoir la liberté dans la certitude que d’avoir la stabilité dans l’oppression. Cela a été une conception des esclaves lors de la bataille pour l’abolition du système colonial esclavagiste. Ces hommes et ces femmes qui sont au pouvoir sont le produit typique du système, lequel façonnant leur existence; ils ne peuvent pas le changer.

Willy Joseph



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