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Venezuela : une crise sans précédent, quelle solution ?

Venezuela : une crise sans précédent, quelle solution ?








La crise économique, politique et sociale constitue des signes révélateurs de malaise, dysfonctionnement d’un pays. Comme beaucoup d’autres pays, le Venezuela n’en est pas épargné. La crise vénézuélienne dure plusieurs mois. Son origine découle de la chute des cours du Pétrole. Pour remédier à ce problème économique, le Président Nicolas MADURO (le successeur d’Hugo Chavez) a décidé de réquisitionner les principaux ports du pays et les usines. Pour lui, il “impose l’ordre et l’autorité dans tous les maillons de l’économie”, entre-temps l’opposition vénézuélienne le critique vivement et se mobilise. Dans la rue les manifestations ont fait plusieurs morts et le pays a connu une inflation vertigineuse. La crise dégénère, une bonne partie de la population vénézuélienne n’a pas de quoi manger, c’est pour cela près de 10 % à 15 % de Vénézuéliens ont quitté le pays dans l’espace de deux ans. Déjà mal en point, la banque américaine CITIBANK fermait le compte international utilisé par le Venezuela, un coup dur pour Nicolas MADURO, car il s’agit d’un “blocus financier”. Un autre coup dur encore, c’est sa défaite aux élections législatives en avril 2015 à l’issue desquelles l’opposition devient majoritaire. Cette même opposition a réclamé l’organisation d’un référendum pour révoquer Nicolas MADURO. Beaucoup de mobilisations, pour certains y aura-t-il l’élection présidentielle en mai 2018 ? Finalement il a eu lieu la réélection de Nicolas MADURO, le chef de l’opposition Venezuela et les pays occidentaux particulièrement les États-Unis ont contesté sa réélection. Qui plus est, le chef de l’opposition Juan Guaidó, président de l’Assemblée nationale s’est autoproclamé chef d’État par intérim le 23 janvier 2019. Face à toutes ces situations, Venezuela devient l’enjeu d’une lutte de la diplomatie planétaire, certains pays de l’Amérique latine, le Vatican, les États-Unis, la France, l’Union européenne, l’OEA et l’ONU, la Chine et la Russie ont leur point de vue en ce qui concerne d’une sortie de crise. La question qui se pose : pourquoi tous ces pays et structures internationales sont intéressés à la crise vénézuélienne ? La mobilisation de l’opposition peut-elle dégénérer davantage ? Pourquoi les États-Unis n’exclurent-ils pas une intervention militaire pour soutenir l’opposition ? Quel est le rôle de l’ONU dans cette crise ?

La lutte de la diplomatie mondiale

Le Venezuela devient un point d’ancrage d’une bataille entre les pays occidentaux et le reste du monde. Les pays de l’Ouest, notamment les Etats–Unis sont contre le président MADURO et soutiennent l’opposition vénézuélienne. Ils accusent le président MADURO de dictateur, sa réélection présidentielle avait été entachée de beaucoup d’irrégularités, elle n’était pas démocratique, pour cela, il doit quitter le pouvoir. Les États-Unis ont été le premier pays à légitimer Juan Guaidó comme président par intérim. Ils sont suivis par 11 pays voisins. Même Haïti historiquement qui ne supportait pas l’ingérence, a reconnu Juan Guaidó. En Europe, l’Espagne, la France, l’Allemagne, la Grande- Bretagne, les Pays-Bas, le Portugal, rejoints par l’Autriche, exigeaient le président Nicolas MADURO qu’il doit annoncer la convocation d’une présidentielle anticipée, sinon, ils reconnaîtraient Juan Guaido, comme président. Le président MADURO a rejeté l’ultimatum, Juan GUAIDO est donc reconnu président par intérim au Venezuela. Les pays de l’Est soutiennent le président MADURO, particulièrement la Russie, la Chine et la Turkey qui dénoncent une usurpation de pouvoir par le chef de l’opposition, ces derniers jouent le jeu diplomatique aussi à l’ONU. Le président MADURO a le soutien indispensable de l’armée vénézuélienne. La bataille diplomatique continue, deux projets de résolution sur le Venezuela ont été rejetés jeudi 28 février 2019 au Conseil de sécurité de l’ONU. La résolution américaine réclamait que l’aide humanitaire doive être livrée au Venezuela malgré le refus du président Nicolás MADURO. Et celle de la Russie soutenait le gouvernement MADURO et la recherche d’une solution politique au Venezuela. Le projet américain a été bloqué par un double véto russo-chinois, tandis que le texte russe était écarté faute de voix suffisantes.

Pourquoi toute cette bataille entre les pays de l’Ouest et l’Est? Tout d’abord, c’est parce que, Venezuela est un pays pétrolier, qui possède la première réserve pétrole du monde. Les pays occidentaux particulièrement les États-Unis veulent imposer leur hégémonie et leur leadership sur Caracas depuis bien longtemps, mais le Venezuela a eu un leader charismatique au pouvoir qui s’appelait Hugo CHAVEZ qui avait résisté à leur influence. À l’époque, ils ont même tenté de faire un coup d’État contre Hugo CHAVEZ, c’est grâce à la mobilisation populaire du peuple vénézuélien le coup d’État de 48 heures a avorté. Selon certains analystes politiques, il semble que MADURO a mal remplacé CHAVEZ, il n’a pas assez de charisme et il n’est pas présent dans la vie de son peuple. CHAVEZ reste dans l’imaginaire de beaucoup de Vénézuéliens. Ensuite, la Russie et la Chine ont leurs intérêts au Venezuela, et ils veulent constituer une force majeure face aux pays occidentaux particulièrement les États Unis. Beaucoup d’analystes pensent que la reconnaissance de Juan Guaidó comme président par intérim au Venezuela est un NON-SENS et le retour au droit de l’ingérence de la part des pays occidentaux, et cela pourrait jeter de l’huile sur le feu, c’est de la division à la division. C’est un peu paradoxal et antinomique, les pays occidentaux ont reconnu un imposteur, tandis qu’ils n’ont pas reconnu l’élection présidentielle de MADURO, la raison parce qu’elle a eu de fraudes. En tout cas, c’est un mauvais précédent pour la politique internationale, pour un oui ou non, un chef de l’opposition ou un leader peut s’autoproclamer président, surtout quand il sait que son action va éventuellement valider par les pays occidentaux. L’élection entre G.W. Bush et Al Gore à la présidence des États- Unis le 7 novembre 2000 avait été soupçonnée d’irrégularité, mais Mr Al Gore ne s’était pas autoproclamé président à l’époque. En Haïti un leader de l’opposition pourrait s’autoproclamer président, ou du moins un leader des Gilets jaunes pourrait s’autoproclamer président en France … Après Juan Guaidó s’est proclamé président, les États Unis ont même accordé rapidement une aide de 20 millions dollars à Juan Guaidó. Sur ce, la presse américaine a fait une réflexion intéressante: « pour une fois son président n’aime pas un dictateur », parce que d’habitude les dictateurs s’entendent plutôt bien avec eux…. Cet agissement du président TRUMP pousse la curiosité des observateurs et des analystes. En tout cas, l’ONU doit jouer son rôle au Venezuela.

Le rôle de l’ONU

Le Venezuela est au bord de la guerre civile s’il n’y a pas une médiation internationale. L’ONU(l’Organisation des Nations Unies) ne doit pas fuir ses objectifs prioritaires : (le maintien de la paix et de la sécurité). Pour ainsi dire, les activités des Nations Unies reposent essentiellement sur les domaines de la prévention des conflits, du rétablissement, du maintien et de la consolidation de la paix et de la prise de mesures coercitives. L’ONU ne doit pas laisser l’Ouest et l’Est se battre entre eux. Tandis que, l’ONU doit être dans l’intérêt du peuple vénézuélien enretablissant la paix et la sécurité au Venezuela. Et cela passe par la médiation de l’ONU entre les protagonistes. Faute d’une résolution équitable de l’ONU, cela pourrait donner des prétextes d’intervention au Venezuela par des pays occidentaux, notamment les États-Unis qui ont déjà cette intention. Par contre, l’envie de l’intervention militaire des États- Unis au Venezuela, cela suscite de nombreuses réflexions sur la doctrine de Monroe au XXe siècle « l’Amérique aux Américains », la région leur appartient. N’est-ce pas le retour de la guerre froide ou du moins peut-on dire que la guerre froide est totalement terminée ? En tout cas, si ce n’est pas la guerre froide, la ressemblance est, pour le moins, frappante. Car on retrouve les mêmes protagonistes avec les mêmes intérêts de puissance et de domination, le même pôle « Est-Ouest », comme à l’époque de la guerre froide. D’un côté, un président de gauche est soutenu par Moscou et de l’autre Washington soutient l’opposition vénézuélienne et qui fait pression pour qu’on sanctionne, isole le pouvoir de Caracas. On peut donc, pour le moins, avouer que ces ressemblances sont troublantes. En tout cas, l’intervention n’est jamais au profit de la population d’un pays, prenons par exemple l’intervention américaine en Irak, et celle de la France en Libye….

Au final, le peuple vénézuélien ne demande pas la guerre civile ou la guerre froide et de l’ingérence des pays occidentaux, mais plutôt un climat stable pour que tout le monde puisse vivre, qu’il s’agisse des partisans de l’opposition et de pro-Maduro. L’ONU doit éviter la même crise que la Syrie au Venezuela. Cela veut dire, le moment est au dialogue entre les protagonistes, il parait que le pouvoir en place est favorable à cela. L’ONU peut jouer ce rôle de médiation ou déléguer son pouvoir afin de faciliter un accord politique entre les deux parties, pour que le Venezuela connaisse enfin une paix et un développement durable. Les Vénézuéliens qui ont quitté leur pays à cause de la crise économique, politique et sociale peuvent retourner au bercail.

DEJEAN Jean Dario,
Sociologue, diplômé en Economie et en Psychosociologie.
Spécialiste en Éducation et en Prévention contre la délinquance juvénile ;
en Médiation sociale et familiale ;
expert en Criminologie et en Sureté aéroportuaire.



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