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Port-au-Prince, la capitale forteresse de la Caraïbe

Port-au-Prince, la capitale forteresse de la Caraïbe








Comme un éclair, le notaire Céant a disparu du circuit de la Primature, sans avoir atteint la phase de maturité foetale, pour laisser le siège éjectable à une prochaine victime consentante. Entretemps, un petit Lapin, bien docile et bien sage en assure la liquidation des affaires courantes en attente du prochain crucifié pour continuer le jeu politique malsain d’un législatif expirant cohabitant avec un Exécutif moribond.

D’une impudeur incroyable, d’une inélégance honteuse et d’une indécence répugnante, au lendemain du vote de censure ignoble des comédiens de la chambre des députés le 18 mars dernier, le premier mandataire de la nation a vite brandi un carton rouge à la deuxième tête de l’exécutif, sans lui accorder la possibilité d’une prolongation à laquelle il aurait droit pour liquider les affaires en cours. Le notaire n’avait même pas eu le temps de saluer ses collaborateurs et de décrocher ses vestes à sa chaise bourrée et à sa garde-robe à la Primature. Encore, une continuité des pratiques avilissantes de cette équipe aux mêmes gênes de l’indécence, championne dans les révocations spectaculaires des hauts cadres de l’État par BBM et par Whatsapp. On sentait que le notaire coulait des océans de larmes comme un Don Diegue impuissant aux affronts d’un coéquipier, devenu soudain, un ennemi. Ô rage ! Ô désespoir ! Ô stupide option d’intégrer ce navire malodorant en mode Titanic fendu par l’iceberg du PetroChallenge en plein océan, pour succéder au médecin hypocrite du serment d’Hippocrate.

Trop accroché aux privilèges succulents procurés par ce poste de quasi-omnipotence qui coiffe de nombreuses institutions étatiques juteuses, le notaire n’a pas su parer avec justesse la traitrise et le coup macabre de la présidence. Des esprits avisés et des intelligents politiques auraient tout au moins fait une fuite en avance comme pour dire « Lè ou an afè, di dyab bonjou, li ap manje w ; pa di dyab bonjou, li ap manje w ». Donc, on saurait quoi lancer au diable. Aveuglé et obsédé par les honneurs officiels, monsieur Céant a raté deux énormes occasions successives de sortir tête moins baissée dans cet imbroglio. La première, en date du 17 mars, où il aurait pu garder une posture de chef de parti politique confiant et inspirant, évitant ainsi de se mal pointer au Parlement pour essuyer cet affront déshonorant des déshonorables de la cinquantième législature. L’autre, à l’issue de la scène ignoble et de la sentence intéressée, préméditée et dictée d’en haut aux députés pour exclure et donc renvoyer Céant dans les vestiaires. En mauvais joueur et en mauvais perdant, Céant sollicitait la vérification technologique du VAR pour s’enquérir du bien-fondé et de la pertinence de sa farouche expulsion. Ce que le chef de « Renmen Ayiti » avait oublié, il était vulnérable et fautif au départ pour avoir monté le terrain de jeu sans des crampons vissés appropriés, en plus face à des adversaires munis de gilets pare-balles, de munitions et bénéficiant d’arbitrage maison. Céant doit définitivement remercier Dieu qu’il n’ait laissé sa peau sur le ring, dans ce jeu déloyal et vicié à la base que puissent jouer confortablement seuls les initiés, les obéissants, les flatteurs, les caméléons et les serviteurs dociles du régime. Céant semble être frappé d’amnésie en ignorant le fait que ce match n’ait pas été convenablement contrôlé et supervisé par des entités régulatrices, comme la FIFA, et qu’il encourait, dans sa ténacité, le risque de connaître le même sort qu’un Robert Marcelo ou un Norbert Stimphil. À en croire les analyses politiques et les premières interventions émotionnelles du dernier locataire de la Primature, au 18 février 2019, n’est-ce pas que la comédie des sept mercenaires, au service d’un gouvernement, avait déjà mis la puce à l’oreille sur la probabilité d’une exécution sommaire de la deuxième tête de l’Exécutif.

C’est dommage que pour certaines personnalités politiques, les euphories drainées par des nominations à un poste « honorifique » l’emportent sur la raison et le sens de discernement. Un simple recul, une toute petite rétrospection aurait prédit une fin triste et prématurée de ce mariage « Je t’aime, moi non plus » forcé par les crises sociopolitiques. Certaines analyses soutiennent la thèse d’un assassinat politique du numéro un de « Renmen Ayiti » ; par contre, d’autres courants idéologiques, paraissant plus exacts, évoquent l’argumentaire d’un suicide politique de ce personnage myope, détruit de la scène comme un ancien Goliath, qui était pourtant très compétitif lors des dernières présidentielles.

Un poste stratégique et honorifique, mais vilipendé par le régime en place

Depuis des années, l’appel à candidature au poste de Premier ministre en Haïti traîne dans les rues comme du « Mabi », des « crèmes maïs » ou des barques de pistaches grillés promenés dans les coins et les recoins de la Capitale. Les sénateurs, les députés, les partis politiques, la société civile, ils sont tous motivés à y proposer et imposer des prix dans ce jeu de négociation déloyale. Ces dernières prennent toutes les formes. Certains négocient en espèce ; d’autres, en nature ; une troisième catégorie achète des « futures » ou des contrats à terme en observant les indices de valeurs de leurs investissements comme le font brillamment les experts de Wall Street.

Dans ce cercle vicieux et ce casino déloyal initiés par cet exécutif irresponsable et inculte, à peine si les plus audacieux et les plus flatteurs seront sauvés. Depuis l’accession au pouvoir de cette équipe, le pays a observé des états physiques et psychiques de délabrement d’un ensemble de citoyens ayant fourni leur service au plus haut niveau de l’État. On y a entendu des suicides de deux grands commis, dont un ancien du FAES. On y a assisté à la révocation méprisable d’un ministre de l’énergie, une figure emblématique de la Faculté des Sciences ; sans compter le gaspillage ou la disparition du cadeau divin précieux de certains d’eux, occasionnés on ne sait par quelles forces ténébreuses.

L’expérience des Premiers ministres est tout aussi sombre et amère, avec cette équipe qui prend un malin plaisir à banaliser les valeurs et les dossiers stratégiques de la République. Dans le répertoire de la dernière décennie, on y distingue trois catégories de comportements.

Soit que vous épousez la forme d’un sage lapin, auquel cas vous êtes au service de la démagogie, de la gabegie, de l’indécence, et donc vous vous alignez gentiment avec l’équipe en place comme savait le faire avec dextérité le sacrificateur d’Hippocrate, premier PM de cette deuxième présidence PHTK. Vous seriez un « j’approuve » qui connaîtrait alors du « bonheur » et de la longévité dans les bulles officielles, durant la période dominatrice de l’indécence et du cynisme.

Ou vous y arrivez avec votre forte personnalité, avec votre colonne vertébrale bien idoine, n’acceptant ainsi les ordres et les désordres des vipères politiques. Auquel cas, vous perdrez vos cheveux, les noirs se transformeront soudainement en gris, vous y connaitrez de la misère, des persécutions, voire des menaces, car il y a matière pour l’équipe politique en place à décourager la transparence, la lumière, l’honnêteté, l’objectivité et le travail bien fait. Les dossiers stratégiques ou de corruption indexant la présidence et des institutions clés de l’Etat sont pléthoriques : PetroCaribe, Dermalog, Mercenaires, etc.

La lampe de Diogène ne suffira pas à un simple personnage, édenté, défavorisé et handicapé au départ, pour faire jaillir la lumière sur les dossiers d’État qui épinglent la présidence, les ministères, les organismes autonomes et l’institution bicamérale. Dans ce contexte, dos au mur, où leurs mains sont profondément trempées dans le corps du délit, ces dilapidateurs n’auraient jamais accueilli à coeur joie et à bras ouvert une personnalité courageuse et honnête qui se mettrait en croix devant leurs déterminations de sangsue pour continuer de sucer et pulvériser cette économie jusqu’au dernier centime. Cette deuxième catégorie, si elle s’y glisserait entre l’enclume présidentielle et le marteau parlementaire, ferait long feu comme les canons ayant lancé les boulets touchant le cheval de l’intrépide Capois-La-Mort.

Une troisième catégorie, les audacieux, les hypocrites, les bluffeurs, n’ayant pas de forte conviction politique et qui vendent un discours fallacieux de personnalités braves, honnêtes, crédibles mais qui conçoivent et convoitent secrètement leur petit agenda de saisir la moindre opportunité. Cette catégorie subreptice est identifiable par ceux et celles qui savent lire entre les lignes, qui portent des lunettes politiques microscopiques, qui prennent du recul, analysent les postures et dévoilent les dits et les non-dits des discours tenus par de tels personnages. D’ailleurs, très vite, on les voit se mettre en vedette pendant l’exercice de leur fonction. Presque pas de stress, leur satisfaction est visible pendant que la population est dans la crasse. Après leurs parcours, ils s’érigent en des conseillers plénipotentiaires, de grands consultants pour prodiguer des conseils salutaires dans les situations de crises, car ils y sont le plus souvent des champions, d’anciens artisans et experts dans ce champ.

Véritable acteur de théâtre, le pompier au service des pyromanes du palais national savait anticiper les actions de l’autre. Cet intelligent politique avait su se positionner de manière stratégique pendant et après l’auto-trahison de sa famille politique pour au moins la compenser en marchandant quelques postes électifs, à travers des négociations et des incitations financières pour supporter les campagnes électorales de son groupuscule.

Malheureusement pour le notaire, Céant ne détient pas les facultés artistiques et théâtrales de ce prédécesseur, chef de parti politique comme lui, au service de ce même pouvoir qui continue de soigner son image devant la population, en vendant un faux-semblant de réussite. Ce chevalier savait déjà nager, il avait déjà expérimenté des déboires, voire des catastrophes. Il est passé maitre dans les jeux de rôle en portant différents costumes politiques comme si Armani et Gucci les avaient taillés à sa mesure. Par sa nature conciliante, monsieur KP a su banaliser les situations qui auraient dû le révolter. Ce qui lui a permis de survivre à ce poste pendant treize mois, sans afficher visiblement des violons discordants, pourtant dans un mariage arrangé comme le cas de l’autre.

Quel que soit le cas de figure, le malheureux nominé aux oscars de la Primature par la présidence, qui serait ratifié par le Parlement, ne peut sortir, à l’issue du sale boulot qui l’attend, qu’affaibli, atrophié, découragé, épuisé et déprimé par les fracas et les secousses sismiques des grands conseillers du pouvoir, du Parlement et du palais. Si pour la catégorie qui aurait fait montre de caractère scrupuleux, de forte personnalité et de respect fidèle des normes et des principes démocratiques, le déficit politique et social serait de taille ; d’un autre côté, les flagorneurs auraient révélé à leurs clients, leurs étudiants et leurs collègues, leurs vrais visages en assassinant leurs statuts professionnels et de noblesse sociale.

Ils prouvent tous qu’ils y sont malheureux ou de notables victimes de l’expérience

Tel Premier ministre vous raconte que sa vie a été menacée et qu’il aurait été la cible de tireurs d’élite, de bandits et de mercenaires ; tel autre affiche des comportements indécents de promesse d’allégeance, de soumission et d’une flatterie répugnante jusqu’à tenir des propos antidémocratiques tels que « Nou gen pouvwa sa pou 50 ans ». On y déduit, fragilité, vulnérabilité, indécence, petitesse de spécialistes de grand acabit qui mettent en péril leurs prestiges de père de famille, de maris responsables, de professeurs chevronnés et de professionnels dignes. Paradoxe. Vous avez gravi des échelons professionnels envieux, pourtant vous avez perdu vos images et vos prestiges.

Après une longue journée, vous rentrez du travail, à peine si vous pouvez regarder votre femme et vos enfants dans les yeux, car votre nom et donc leurs noms sont claironnés dans les journaux, dans les rapports de gestions malsaines. Voilà que suite à de telles expériences, vous êtes obligés de vous doter d’une batterie d’agents PNH en gris, en noir, en kaki, pourtant vous n’avez plus la sécurité, vous ne jouissez plus des bienfaits de la liberté. Au moindre bruit des « klorats de Noël » et des feux d’artifice, vous sursautez, votre esprit est tourmenté. Vous devenez insomniaques, vous faites des cauchemars même quand vous ne dormez pas. Vous sollicitez le secours de vos agents au moindre son balistique sortant de votre petit écran. Vous n’avez pas le coeur léger, vous n’avez pas l’esprit tranquille, vous cessez de vivre. Votre sélection nationale triomphe, avec des gestes et des buts envieux à la Messi, à la Ronaldinho, à la Maradonna marqués par Duckens Nazon, vous ne pouvez pourtant les déguster qu’à travers votre petit écran. Vous ne pouvez définitivement respirer que sous l’oxygène propagé par les bulles officielles. Dix minutes hors de cette bulle, vous rendez votre dernier souffle.

Que sert-il à un homme de gagner le monde s’il perd son âme ? Alors que sert-il a une âme de s’enrichir illicitement, jusqu’au dernier centime, au détriment des enfants, des jeunes, de la population pendant qu’il sacrifie sa liberté, sa sécurité et sa joie de vivre ? Que sert-il à un homme de posséder le plus beau lit « full orthopédique », et qu’il vit dans l’insomnie. Que sert-il aux hommes et aux femmes politiques de s’enrichir si déloyalement alors qu’ils ne peuvent vivre en liberté. Ils sont moins libres que ceux coincés derrière les barreaux. Ils n’ont plus le sourire, plus de joie de vivre, plus de paix. Pourquoi alors atteindre ce summum et ce point de non-retour si on ne plus rire à gorge déployée parce qu’on a signé un pacte diabolique d’immixtion volontaire dans les malversations et les dilapidations des fonds publics qui devaient être dévolus à la construction des hôpitaux, des écoles, des logements sociaux et des infrastructures économiques. Tout est noir, tout semble être perdu pour ceux et celles impliqués dans les crimes politiques et financiers des dollars cinquante de la diaspora, des fonds Petrocaribe, des contrats Dermalog, des affaires des mercenaires, etc.

Avec une prise de conscience et le pardon, une porte de sortie existe quand même

Aussi chevronné, expérimenté, intègre et compétent que puisse être un bureaucrate, un homme ou une femme politique, il n’y peut rien dans cette situation chaotique, dans cette phase terminale du cancer de l’indécence, de l’arrogance et la corruption, épithètes accolées et qui siéent bien à ce régime politique kwashiorkor en putréfaction. Pourtant, le contexte est clair, le pays a perdu un Premier ministre, un fusible, et a donc accusé de fulgurants retards, suite aux évènements du 6-7 juillet 2018. Six mois après son investiture, une autre tête de PM est décapitée à l’autel bicaméral à la mi-mars. On ne cessera de réitérer que le verre est dans le fruit. Aucun acteur politique ou économique ne peut sauver le soldat Jomo qui se trouve depuis des lustres dans une situation d’échec. Les quelques jours supplémentaires de la présidence actuelle, vécus dans l’inquiétude et la désolation, sont juste alimentés par la stratégie de la procrastination. Car, les acteurs sont unanimes à reconnaitre que les carottes sont cuites, le vin est tiré, alea jacta est. La population, les jeunes, les enfants n’en peuvent plus avec les mensonges présidentiels, les promesses fallacieuses qui ne se concrétiseront que quand les poules auront des dents. La méfiance est généralisée. L’autorité et le leadership précaires du régime sont anéantis.

La présidence détient quand même l’occasion de la dernière chance ; les minutes et les secondes comptent, le temps est précieux, le coup de sifflet final est proche. Il ne reste pas beaucoup de stratégies gagnantes. Pour bénéficier de circonstance atténuante, la présidence, coupable de beaucoup d’actes déplorables, reste une carte à jouer. Celle de la prise de conscience pour le sauvetage de la patrie pour définitivement emprunter les sentiers de la croissance, de la création de richesses et de la prospérité.

C’est avec raison que la présidence reconnait que l’ingrédient fondamental de la création de richesses est la stabilité. Il est clair que cette matière première ne peut être dégustée dans ce climat de méfiance généralisée et dans ce jeu de poker-menteur.

Est venu le moment crucial d’un sacrifice et d’un dépassement de soi pour faire le mea-culpa en faisant appel aux forces vives du pays pour trouver un consensus politique au profit des enfants, des jeunes, des hommes et des femmes du pays. La présidence peut encore sortir le grand jeu de fair-play patriotique pour interpeller les partis politiques, la société civile, les élites du pays pour inviter l’honnêteté, la décence et la compétence à redresser la barque. Ceci dessinerait un jeu à somme positive où toutes les parties prenantes sortiraient satisfaites ; les unes avec de lourdes responsabilités de conduire la population à la terre promise et les autres en voyant leur sort alléger et atténuer à travers des réductions de peine ou l’amnistie nationale.

Carly Dollin



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