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La société est plus menacée que l'État

La société est plus menacée que l'État








La sécurité devait constituer le fondement de la politique moderne. Repenser la sécurité doit nous amener à repenser complètement la manière dont nous faisons la politique depuis notre entrée dans le processus démocratique.

Alors à elle seule, la Police nationale d'Haïti ne sera jamais capable d'établir un climat sécuritaire dans le pays tant que, dans la vie quotidienne des citoyens et dans la tête des agents des forces de l'ordre, le doute, la peur et l'anxiété s'installent au détriment des valeurs morales qui sont censées notre seule boussole. Cependant, certaines des autorités qui devraient être les sentinelles de ces valeurs, manifestent une forme de complaisance et de complicité avec les bandes armées qui sèment la terreur.

Dans cette situation, il est extrêmement difficile de combattre le banditisme qui devient banditisme d'État. De ce fait, il ne suffit pas d'avoir une force de police bien équipée pour garantir la sécurité dans le pays, car la psychologie vient s'y impliquer à fond et joue un rôle prépondérant.

Généralement, tous les enjeux et risques relatifs au fonctionnement d'une société ne peuvent pas se poser en dehors de la politique et l'exercice de cette dernière ne peut pas se faire sans la présence effective de l'État. Ce dernier qui est censé l'organisation sociale la mieux structurée que possède une société est, en même temps, ce qui reste et demeure quand tous les gouvernements passent. Mais, aujourd'hui, l'État est menacé, et ceci dans sa vocation.

Et si toutes les décisions pour la réglementation d'un éventuel problème de société comme l'insécurité doivent nécessairement passer par une décision d'État via une politique bien planifiée à cet effet ou un plan de sécurité nationale, ce plan doit être élaboré avec et par des spécialistes en sécurité sociologie, économie, anthropologie, histoire, psychologie, politique, etc. D'où la contribution de nous autres, citoyens, dans les questions qui concernent note survie et notre destinée.

Maintenant, comment définir la notion de sécurité en essayant de la centraliser ?

Dans une perspective très large, la sécurité peut être appréhendée non seulement comme moyen de se libérer du danger, mais aussi comme moyen de le maîtriser, de le limiter. Et si nous estimons que l'insécurité est engendrée par la peur, la sécurité nécessite la prise de mesures pour contrôler, contenir, éliminer, neutraliser cette peur. Ainsi, implique-t-elle de se renseigner sur ce qui fait peur tout en cherchant à proscrire, à sanctionner, à punir ou, en quelque sorte, à mettre en danger ce qui menace. L'on ne peut plus continuer à concevoir la sécurité comme une simple question d'opérations policières. Mais, comme une planification et une organisation où les dangers et les conditions pouvant provoquer des dommages d'ordre tant psychologiques que physiques ou matériels, sont contrôlés de manière à garantir la santé, le bien-être, des individus et de la collectivité.

Il est évident que l'idéal en société est la sûreté. La seule force physique n'est pas déterminante pour garantir la survie des individus. C'est ainsi que l'Homme a consenti de sortir de l'état de nature ou l'état sauvage pour livrer la garantie de ses droits et de ses libertés à l'État afin que celui-ci assure sa survie. Si l'État ne parvient pas à mettre strictement en application et à exécution ce contrat, il a failli à sa mission.

Il faut également admettre tant que le problème de la sécurité sociale n’est pas résolu dans toute sa complexité, la sécurité nationale (ou sécurité de l’État) sera un véritable fiasco et l'instabilité politique et économique battra encore son plein pour longtemps.

En fin de compte, dans une société où les autorités et le secteur des affaires s'allient dans un processus de fabrication de la pauvreté, de normalisation de la corruption, l’on ne peut s'attendre qu'à la prolifération de la misère, la délocalisation du banditisme et la gangstérisassion du pays. Et autant que l'effectif de la PNH augmente, autant que les bandes armées se multiplient. Ce qu'il faut comprendre, les interventions policières à elles seules ne peuvent pas résoudre le problème de sécurité. La société se trouve beaucoup plus menacée que l'État, alors il est nécessaire d'avoir une politique de sécurité sociale sérieuse.

Willy Joseph



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