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Venezuela, deux présidents, avec chacun, deux supports différents de l’international

Venezuela, deux présidents, avec chacun, deux supports différents de l’international








Après la deuxième guerre mondiale en 1945, le monde était divisé entre deux grandes puissances militaires qui, quelques mois avant, étaient alliées contre les machines de guerre nazistes et fachistes. D’où l’idée de la guerre froide qui était une bataille idéologique entre les États Unis et la Russie. C’est au tout début de ce conflit, particulièrement en 1947 que la CIA a vu le jour. Pour expliquer les origines de la CIA, dans son livre CIA et les services secrets américains, l’auteur Denis Rancourt cite « L’effondrement de la coopération américano-soviétique à la fin de la guerre devait bientôt convaincre les Américains que le Communisme Soviétique constituait une menace pour la sécurité des États-Unis. Le développement de la guerre froide et le retrait des puissances coloniales européennes d’Asie firent apparaître que les États-Unis allaient être contraints de s’engager profondément dans la politique mondiale, à l’inverse de ce qu’ils ont fait jusqu’alors en temps de paix. »

Ainsi au commencement de la deuxième moitié du vingtième siècle et jusqu’à sa fin¸ on a vu des régimes dictatoriaux trouvés des supports économiques, militaires des États- Unis et de l’Union soviétique dépendant de leur position dans la crise de cette guerre idéologique.

Les pays de l’Amérique latine et de la Caraïbe, à l’exception de Cuba après la Révolution de Fidel Castro contre le régime de Batista en 1959 qui bénéficiait des supports des Soviets¸ étaient directement contrôlés et influencés par des décisions des États-Unis. Via la CIA¸ les ordres de Washington d’un gouvernement démocratique ou républicain¸ se faisaient exécuter par des régimes civils et militaires que supportaient les États-Unis d’Amérique. Avec la fin de la guerre froide et la chute du mur de Berlin vers la fin des années 1980, le monde entrait dans un autre système politique où le signal donné était clair, il n’y a plus de place pour des régimes dictatoriaux. C’était le nouvel ordre mondial.

Cependant presque trente ans depuis l’effondrement du mur de Berlin, aujourd’hui comme au temps de la guerre froide, Washington continue de contrôler ou d’influencer, par n’importe quel moyen, la destinée d’un candidat à la présidence aussi bien que de celle d’un chef d’État en fonction, surtout si ce dirigeant remet en cause ses intérêts. C’est ainsi, avec le soutien de la communauté internationale, spécialement par le truchement des États-Unis, et une frange de l’armée Venezuelienne, le président intérimaire autoproclamé Juan Guaido a annoncé que « des militaires le soutenaient dans sa tentative de contraindre Nicolas Maduro à quitter le pouvoir.»

Comment le Venezuela est-il arrivé à cette crise politique? Est-elle une crise profonde ou occasionnelle ? Tout en analysant à pied joint le pouvoir et le parcours du successeur de Maduro, sans pour autant entrer dans les détails d’une discussion de la profondeur de cette crise qui serait définitivement trop longue, surtout dans un court essai comme celui-ci, restons de préférence dans ce que les historiens appelleraient: causes occasionnelles. « Le 10 janvier dernier, le successeur d’Hugo Chavez n’a pas prêté serment devant l’Assemblée nationale alors qu’il entamait son 2e mandat. Le pouvoir législatif vénézuélien a donc considéré son investiture illégitime, permettant ainsi à Juan Guaido d’utiliser la Constitution pour légitimer sa prise de pouvoir 13 jours plus tard, avec le fervent soutien des États-Unis. À l’inverse, le président chaviste a dénoncé immédiatement “une tentative de coup d’État fasciste”, décidant dans la foulée de couper les ponts diplomatiques avec les États-Unis. »

Venezuela et Hugo Chavez

Pour comprendre l’instabilité politique du Venezuela, il faut comprendre l’origine et le parcours du successeur de Maduro qui était mort le 5 mars 2013, des suites d’un cancer. Hugo Rafael Chávez Frías homme politique et président du Venezuela de 1999 à sa mort en 2013 est né d’une famille de classe moyenne à Sabaneta, Barinas. Il était un officier militaire de carrière. Contrairement à beaucoup de militaires de la région, mécontent du système politique vénézuélien, ‘el commandante’ voulait avoir le pouvoir politique pour changer les conditions de vie de ses compatriotes. Ainsi, Chavez, avec d’autres collègues de même tendance que lui, a fondé le mouvement clandestin révolutionnaire bolivarien 200 (MBR-200). Il a aussi dirigé le parti politique du mouvement de la Ve République depuis sa fondation en 1997 et jusqu’en 2007, date à laquelle il a fusionné avec plusieurs autres partis pour former le parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), qu’il dirigeait jusqu’en 2012.

Chávez a dirigé le MBR-200 lors d’un coup d’État infructueux contre le gouvernement d’action démocratique du président Carlos Andrés Pérez en 1992, pour lequel il a été emprisonné. « Pardonné de prison après deux ans, il a fondé un parti politique connu sous le nom de Mouvement de la cinquième république et a été élu président du Venezuela en 1998. Il a été réélu en 2000 et à nouveau en 2006 avec plus de 60% des voix. Après avoir remporté son quatrième mandat à l’élection présidentielle d’octobre 2012, il devait prêter serment le 10 janvier 2013, mais l’Assemblée nationale du Venezuela a reporté l’inauguration pour lui permettre de se remettre d’un traitement médical à Cuba]. Souffrant d’un retour du cancer diagnostiqué à l’origine en juin 2011, Chávez est décédé à Caracas le 5 mars 2013 à l’âge de 58 ans. »

Après l’adoption d’une nouvelle constitution en 1999, Chávez s’est concentré sur l’adoption de réformes sociales dans le cadre de la révolution bolivarienne. « Utilisant des revenus pétroliers record dans les années 2000, son gouvernement nationalisa les industries clés, créa des conseils communaux démocratiques participatifs et mit en oeuvre des programmes sociaux connus sous le nom de missions bolivariennes afin d’élargir l’accès à la nourriture, au logement, aux soins de santé et à l’éducation. »

Mis à part de très bonne relation d’amitié qu’il développait avec son mentor Fidel Castro, Chavez avait de l’admiration pour bon nombre de leaders de gauche dans la région dont Che Guevara et le président populiste Omar Torrijos, le président marxisme du Chili Salavador Allende et tout particulièrement le président nationaliste et militaire du Pérou Juan Velasco Alvarado. Tous ces leaders avaient en commun un nationalisme extrême aussi bien qu’une hostilité envers les États- Unis

De coup manqué aux candidats aux campagnes électorales, Chavez se lançait à la conquête du pouvoir politique. Comme les Vénézuéliens nourrissent une adoration presque obsessionnelle pour Bolívar, « Simón Bolívar est la principale source d’inspiration de Hugo Chávez depuis sa jeunesse de conspirateur. Son groupe de rebelles de l’armée prit le nom de Movimiento Bolivariano Revolucionario [mouvement bolivarien révolutionnaire]. Dès qu’il accède à la présidence, début 1999, Hugo Chávez associe son gouvernement à une révolution « bolivarienne » et propose de rebaptiser le pays en « République bolivarienne du Venezuela », modification immédiatement retenue. Se proclamer inspiré par Bolívar, le héros national, c’était la stratégie la plus efficace pour gagner la loyauté des Vénézuéliens. Il se présente donc comme le mandataire de Bolívar. Lors des réunions ordinaires du cabinet, tout au moins au début de sa présidence, Chávez laissait libre à côté de lui un siège censé être la chaise de Bolívar. »

Quoiqu’il ne soit pas surprenant d’entendre des gens, dans leur opposition à Chavez, surtout lorsqu’ils veulent donner plus de poids à leurs arguments mentionnaient que Chávez, justement, déforme les propos du héros, qu’il cite hors contexte. Par exemple, Bolívar était un grand admirateur des États-Unis et de George Washington, même s’il admettait que la taille de ce pays représentait un danger potentiel pour les pays plus petits de la région et le proclamait publiquement. Or, Chávez utilise fréquemment cette dernière mise en garde concernant les États-Unis pour justifier son propre antagonisme à l’encontre de cet État et pour affirmer que Bolívar
en avait une opinion négative, ce qui est faux. Chávez est allé jusqu’à affirmer que, si le héros avait été encore en vie, il eût promu sa Révolution. »

Le Venezuela après Chavez

Donc, c’est ce militaire et homme d’État de gauche qui, à sa mort, était remplacé par Nicolas Maduro. Ils sont nombreux ceux qui dans leurs analyses, ont reconnu que l’homme qui a hérité du pouvoir après la mort de ‘’el commandante’’ était bien différent de son successeur. Maduro a commencé sa vie professionnelle en tant que chauffeur de bus, puis est devenu un dirigeant syndical avant d’être élu à l’Assemblée nationale en 2000. Par la suite, «, il a été nommé à plusieurs postes sous le président Hugo Chávez. “L’administrateur et le politicien le plus capable du cercle restreint de Chávez” [2]. Il a été ministre des Affaires étrangères de 2006 à 2013 et vice-président du Venezuela de 2012 à 2013 sous la direction de Chávez. Après l’annonce de la mort de Chávez le 5 mars 2013, Maduro a assumé les pouvoirs et les responsabilités présidentiels. »

Dès les premières années de son administration, tout allait bien. Mais, «Six ans après la mort d’Hugo Chavez, la République bolivarienne est en ruines, et un pays qui fut l’un des plus riches d’Amérique latine en quasi-banqueroute. Mais, depuis le 10 janvier 2019, une crise présidentielle est en cours au Venezuela. Le Venezuela connaît une crise politique, avec deux présidents: Nicolas Maduro, réélu en 2018, et Juan Guaido s’autoproclame le président par intérim du Venezuela et depuis lors, il obtient la reconnaissance d’une cinquantaine de pays, particulièrement les États-Unis. Le 23 janvier 2019 est devenu une date historique pour le Venezuela. Juan Guaido, jeune président de l’Assemblée nationale âgé de 35 ans, leader de l’opposition, s’est proclamé président de la République par intérim devant des dizaines de milliers de manifestants anti-Maduro à Caracas. Deux jours plus tôt, un soulèvement militaire a pu être évité par le gouvernement chaviste. Le pays est dorénavant gouverné par deux présidents qui dénient leur légitimité mutuellement. »

Mais, en dépit d’un support inconditionnel des États-Unis, de bon nombre pays de l’Europe et le ralliement d’une majorité des pays d’Amérique latine et de la Caraïbe, dont Haïti en faveur du président autoproclamé, «l’armée et le Tribunal de justice suprême vénézuéliens restent fidèles au dirigeant socialiste, ce qui ne facilite pas l’arbitrage entre les deux chefs d’État. Sans surprise, la Chine, la Russie et la Turquie affichent clairement leur soutien au régime chaviste pour contrer une potentielle ingérence militaire américaine dans les prochains jours. Seules l’ONU et l’Union européenne tentent de calmer la situation en promouvant le dialogue et l’établissement d’élections “libres et crédibles. »

Selon des observateurs avisés de la politique internationale, les intérêts au Venezuela ne sont pas les mêmes comme dans d’autres pays de la région, ainsi le Venezuela se retrouve comme Cuba dans la Caraïbe lors du temps de la guerre froide. À la seule différence, lors de cette guerre froide, c’étaient des pays qui, de tendance capitaliste, étaient supportés soit par les États-Unis, et de l’autre, coté ceux de tendance communiste étaient supportés par la Russie. Aujourd’hui, à l’ère du nouvel ordre mondial et de la démocratie, c’est á l’intérieur même d’un seul pays qu’a lieu le combat entre les grandes forces militaires. Selon que vous soyez appelés Venezuela ou autres, votre pouvoir politique aura un support politique autre que votre opposition.

À telle enseigne, mardi 30 avril, il y avait une tentative de coup d’État contre Maduro. Coup qui, selon le Secrétaire d’État américain, avait été avorté, dans un premier temps par l’armée vénézuélienne, mais surtout grâce au support de la Russie á Marduro Le Secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré sur les chaines de Télévision CNN que « les États-Unis savent bien que le président vénézuélien Nicolás Maduro avait un « avion sur le tarmac » lors du soulèvement d’opposition d’aujourd’hui, mais que « les Russes lui ont demandé de rester. « C’est la Russie qui retiendrait encore Maduro après l’avoir tant convaincu. »

Prof. Esau Jean-Baptiste



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