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Un remaniement ministériel sans l’ex-PM Jean-Henry Céant

Un remaniement ministériel sans l’ex-PM Jean-Henry Céant








Les crises politiques des derniers mois ont entraîné de grands moments de bouleverses dans le pays notamment des grèves, des manifestations, des mouvements sociaux et des émeutes, entres autres. De cette situation d’instabilité, l’environnement politique était favorable au renvoi du PM Céant. Pour ce faire, sous couvert d’une majorité parlementaire à la Chambre basse, l’autre branche du pouvoir exécutif sollicitait le départ du chef de la Primature.

Ainsi, la motion de censure, principal moyen dont disposent les parlementaires de la Chambre basse pour montrer leur désapprobation quant à la politique du PM Céant, avait été appliquée pour forcer le chef de la Primature d’alors à démissionner. Le PM Ceant étant parti, le processus de nomination et de ratification de politique générale d’un nouveau Premier ministre recommença. Cette fois, contrairement aux autres, le président n’est pas allé par quatre chemins pour trouver un remplaçant pour le notaire. Comme le veut la Constitution de 1987, le choix de M. Jean Michel Lapin a été désigné et mis sous évaluation des deux Chambres du Parlement. Comme le choix a été rapidement fait, l’on se demande si le processus de ratification par les deux chambres suivra ce rythme.

Avec le départ forcé de Jean-Henry Céant à la Primature, le chef de l’Exécutif et les députés majoritaires á la Chambre basse voulaient en arriver exactement à ce carrefour ? Maintenant, que peut-on espérer de M. Lapin ? A-t-il les bagages intellectuels requis et suffisamment d’expériences politiques pour réussir à ce poste. Se rend-il compte exactement de l’ampleur de la crise sociopolitique à laquelle fait face le pays ? Si oui, serait-il vraiment libre des tractations politiques du Palais national, de la classe des affaires, des manœuvres de l’international et du Parlement ? Autant de questions pour le Premier ministre nommé, Jean Michel Lapin.

Le Cabinet Céant avec un PM Lapin

D’entrée de jeu, en devenant Premier ministre, l’ancien titulaire de la Culture, Jean Michel Lapin, pour monter son équipe, a conservé huit (8) ministres sortants de l’ancien gouvernement de Jean-Henry Céant. Ce qui montre encore une fois que le problème n’était pas l’insécurité, la cherté de la vie, la dévalorisation de la gourde par rapport au dollar américain, les manifestations des rues, mais plutôt un bras de fer entre le chef de l’Exécutif et le chef du gouvernement d’alors. Comment peut-on reprocher jusqu’à même sanctionner un chef de gouvernement pour sa mauvaise gouvernance de la chose publique quand on reconduit presque la moitié de son équipe ?

Port-au-Prince, le 9 mai 2019. Le gouvernement de Jean Michel Lapin est constitué officiellement. L’arrêté présidentiel nommant le cabinet ministériel est publié, ce jeudi 9 mai, dans le journal officiel de la République d’Haïti, « Le Moniteur ». Pas moins de 7 ministres du gouvernement démissionnaire et qui a été sanctionné par les députés sont reconduits à leur poste. Il s’agit des ministres de la Justice et de la Sécurité publique, Jean Roody Aly, de l’Économie et des Finances, Ronald G. Décembre, des Affaires étrangères et des Cultes, Edmond Bocchit, des Travaux publics, Transports et Communications, Fritz Caillot et de la Santé publique et de la Population, Marie Greta Roy Clément. Sans oublier le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Pierre Josué Agénor Cadet et le Premier ministre nommé, Jean Michel Lapin qui a conservé son poste de ministre de la Culture et de la Communication. » Lit-on dans un quotidien de la place.

À cet effet, ils sont nombreux à se poser cette question : est-ce un remaniement ministériel ou un gouvernement d’ouverture comme l’auraient souhaité des chefs de partis d’une franche de l’opposition ? « Un remaniement ministériel (parfois appelé remaniement gouvernemental) est une modification partielle de la composition d’un gouvernement avant le terme officiel de son mandat. Lorsqu’un Premier ministre présente la démission de son gouvernement, et qu’il est reconduit dans ses fonctions pour former un nouveau cabinet, ce n’est pas un remaniement ministériel, mais un changement de gouvernement. »

Déjà, si au Sénat il y a certaines grognes autour de la composition du gouvernement, à la Chambre des députés le bloc majoritaire proche de Jovenel Moïse affirme avoir donné au président et au Premier ministre nommé toute l’attitude requise pour former leur gouvernement. « Le bloc Alliance parlementaire pour le renouveau (APR) n’a proposé ni participé à la formation du gouvernement. Nous avons dit au président qu’il a le champ libre pour former son gouvernement et surtout convaincre le maximum de gens dans l’opposition à intégrer le cabinet ministériel », a soutenu le député Alfredo Antoine dans une entrevue accordée à un quotidien de la place.

En tout cas, si le PM Lapin espérait obtenir sans grandes difficultés la confiance des deux Chambres du Parlement pour devenir le nouveau locataire de la Primature, il n’en demeure pas moins que les problèmes économiques, politiques, sociaux et sécuritaires que connait le pays en sont et seront les mêmes. Face à ces obstacles, la solution mérite d’autant plus d’expertises et de bonnes volontés que des promesses politiciennes qui en seront faites lors de l’énoncé de la politique générale du PM Lapin.

Que peut-on espérer du PM Lapin

Contrairement à son prédécesseur, en dépit de son portefeuille ministériel dans le gouvernement précédent, M. Lapin, si on le présente souvent comme quelqu’un qui a fait une carrière dans l’Administration publique, n’est pourtant pas un homme de terrain. Avec une certaine expérience dans la gestion de la chose publique, cela devrait, dans une certaine mesure, lui permettre de mettre en place des structures pour soulager certains problèmes sociaux certes. Mais, l’enjeu est de taille et trop important pour que l’on assiste à la gestion passive d’un chef gouvernement qui va, facilement, se laisser influencer par un président Jovenel Moise qui continuera dans la création des commissions pouvant réfléchir et faire des recommandations sur des sujets comme économie, sécurité et force publique. Recommandations qui très souvent restent dans les tiroirs.

Si la crise des derniers mois avait forcé un groupe de députés à convoquer M. Ceant et son gouvernement à la Chambre des députés pour finalement le censurer, le 18 mars 2019, par contre, plus que la moitié de son cabinet ministériel est retrouvé dans l’administration du PM Lapin. Alors l’on vient à se demander, M. Ceant était-il le fusible qu’on devait sauter pour avancer des intérêts personnels. Quoi qu’il en soit, donc il y a urgence pour de nouvelles promesses politiques.

La nouvelle équipe, par l’entremise du chef de la villa d’accueil, Jean Michel Lapin, se propose de combattre les problèmes chroniques que connait le pays pendant des années a savoir : l’insécurité, la corruption et l’impunité sur toutes ses formes, « garantir la paix publique, maintenir la cohésion sociale, contribuer à l’apaisement politique au sein d’une société rétive au changement pacifique et au consensus et organiser des élections générales transparentes et impartiales », tels ont été les grandes lignes politiques du nouveau chef de la Primature.

Le PM Lapin est arrivé à la Primature dans un contexte beaucoup plus difficile que son prédécesseur. Les défis qu’attend son équipe sont de taille. Sur chaque cinq Haïtiens, il y a au moins trois et plus qui sont en chômage. Même ceux-là qui travaillent ne sont que dans un chômage déguisé puisqu’ils ne peuvent pas, avec leur maigre salaire, répondre aux besoins de base de leurs familles. Quant aux employés de la fonction publique, bon nombre d’entre eux, certaines fois, savaient passer des mois sans avoir leurs chèques mensuels.

De plus, avec l’instabilité politique et la recrudescence d’une insécurité chronique, bon nombre d’entreprises étaient obligées de fermer leurs portes. Sur ce, l’économie haïtienne est pratiquement anéantie. Face à ce tableau accablant, il y avait urgence pour une compétente et dynamique équipe qui soit capable de faire non seulement des impacts, mais aussi d’imposer des solutions durables.

La séance du 12 mai a été renvoyée

Au Sénat de la République, en ce dimanche 12 mai 2019, cette séance laissait le souvenir d’un Parlement médiocre. C’était une comédie de mauvais goût. C’était un débat à sens unique, car, seulement quatre sénateurs, notamment Evalière Beauplan, Antonio Cheramy, Nènèl Cassy, Ricard Pierre avaient monopolisé pendant des heures cette séance de la honte. Si les sénateurs qui supportaient la présidence étaient majoritaires en nombre, ils étaient pourtant très inférieurs en capacité. Bon nombre d’entre eux étaient fiers ce jour-là pour dire qu’ils ne sont pas là pour faire des débats. Ils étaient venus juste pour donner un vote de confiance au PM Lapin. Et, on pouvait lire l’impatience sur leurs visages quand le président du Sénat, Dr Carl Murat Cantave, voulant faire semblant d’appliquer les normes et principes qui accompagnaient la lettre de convocation, a décidé de renvoyer la séance.

Selon Haïti 24.net en date du dimanche 12 mai, « la séance de ratification de l’énoncé de politique générale du PM Jean Michel Lapin a été renvoyée après plusieurs scénarios où les sénateurs ont exprimé leurs désaccords sur plusieurs points à l’ordre du jour de la séance. Aux termes de plusieurs heures de débats, le dimanche 12 mai 2019, les sénateurs n’ont pas pu s’entendre sur la ratification de l’énoncé de la politique générale du Premier ministre nommé, Jean Michel Lapin, ce qui a donné lieu au départ à des échauffourées puis à un renvoi définitif de la séance. Le Sénat a donc décidé de surseoir sur toutes conclusions en attendant une prochaine invitation qui doit sortir de la conférence des présidents, ce lundi 13 mai, à 9 h du matin. »

Entretemps, comme à l’accoutumée, la population vaquait à leurs activités quotidiennes. Pour les gens des classes défavorisées, la ratification du Premier ministre Jean Michel Lapin importait que très peu. Selon un groupe d’étudiants de la faculté d’Ethnologie, « sa kap fet lan pa gade nou. Se men m man pareyman. Yo se menm kabrit tomazo/Ce qui se passe ne nous regarde pas. Ils sont tous des gens d’une même famille.

Pour un pouvoir exécutif tant décrié de l’utilisation des fonds du Trésor public, d’implication dans le détournement des fonds du Petrocaribe et, de connivence du Palais national avec des bandits, le chef de l’Exécutif devrait, au lieu de soudoyer à tous les niveaux des élus en fonction aussi bien que des membres influents des cadres et dirigeants d’autres partis politiques, monter un gouvernement de consensus. Mais, comme le changement de gouvernement n’était motivé ni par le souci d’efficacité ni par la recherche de résultats, le président et son chef de gouvernement ont de préférence opté pour un remaniement ministériel. En remplaçant Jean-Henry Céant par M. Jean Michel Lapin, ancien ministre de la Culture dans le précédent gouvernement, président Jovenel Moise a opté pour le changement dans la continuité. C’est dans cette Haïti avec un avenir incertain, malheureusement fait de machinations politiques de l’équipe au pouvoir, que beaucoup se pose la question : avec ce remaniement ministériel, de quoi demain sera fait ?

Dans le domaine du sport, on dit souvent qu’on ne change pas une équipe qui gagne. Cependant, quand l’équipe est incapable de donner des résultats on est obligé de la changer. À commencer par les dirigeants jusqu’aux joueurs réservistes. Pas du replâtrage. On veut des résultats.

Prof. Esau Jean-Baptiste



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