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Haïti se meurt, malheureusement, par faute d’autorités intègres, morales et compétentes

Haïti se meurt, malheureusement, par faute d’autorités intègres, morales et compétentes








Le titre peut paraitre hasardeux, controversé ou mal vu par certains. Mais, en dépit de la beauté naturelle des plages, de la culture (musique, cuisine etc) de ce pays de contraste de la Caraïbe, tous ceux et celles qui habitent ou qui ont eu la chance de visiter ce morceau de terre, peuvent, avec aisance, comprendre le bien-fondé d’un tel titre. L’idée, ce n’est pas pour diviser davantage un pays qui est déjà en proie à toutes sortes de difficultés économiques et d’instabilité politique. Mais, avec les inégalités sociales, l’insécurité, la dévalorisation de l’administration publique, l’affaiblissement des institutions étatiques, ce texte n’est pas à faire peur comme pourraient penser certaines personnes, mais se veut plutôt le cri d’un patriote qui appelle à une prise de conscience aux citoyens afin d’épargner le pays d’un sort plus agonissant.

«Mon peuple est détruit, parce qu’il lui manque la connaissance. Puisque tu as rejeté la connaissance, je te rejetterai, et tu seras dépouillé de mon sacerdoce; puisque tu as oublié la loi de ton Dieu, j’oublierai aussi tes enfants » peut on lire dans Osée 4:6 de la version Louis Second. Tandis que, dans le cas d’Haïti d’aujourd’hui, catholiques, protestants, vodouisants, adventistes, témoins de Jéhovah, religieux ou pas, ils savent tous qu’Haïti se meurt faute de dirigeants intègres, compétents, expérimentés et moraux. Tout le monde peut le voir. Sauf les autorités.

En effet, le drame socio politique auquel Haïti fait face actuellement est indubitablement lié à la défaillance de ses dirigeants á répondre aux problèmes du pays. Face à ce constat, ils sont nombreux ceux qui se posent ces questions: que faire, que peut-on espérer? Autant de questions pour autant de réponses dans un pays ou rien n’est sûr, surtout dans le domaine de sécurité, particulièrement quand les dirigeants ont des relations étroites avec les chefs de gangs. Quand la vie chère, les dépréciations de la gourde et l’incurie des élites dirigeantes qui donnent l’impression d’être impuissants á tous ces problèmes, donc il ya lieu de se poser des questions sur l’état de santé de la nation haïtienne.

«En médecine, le diagnostic est la démarche par laquelle le médecin, généraliste ou spécialiste détermine l’affection dont souffre le patient, et qui permet de proposer un traitement. Le diagnostic se repose sur la recherche des causes (étiologie) et des effets (symptômes) de l’affection ….» Quand les résultats d’un test sont inquiétants, il n’est pas toujours facile pour le médecin traitant ou le corps médical de faire passer le message au patient. Ce qui explique que depuis l’antiquité, la question de comment transmettre à un patient ou à ses parents de mauvaises nouvelles sur son état de santé n’est pas toujours chose facile à l’équipe médicale. «En médecine, le diagnostic et l’annonce d’une mauvaise nouvelle renvoient à des situations cliniques diverses, mais toujours difficiles pour le patient. Ainsi, malgré la mise en place d’un dispositif d’annonce, malgré toute la bonne volonté du médecin et en dépit des précautions dont il peut s’entourer et entourer son patient pour atténuer le choc, cette étape peut toujours mal se passer. »

En matière médicale, une fois que le cas se révèle compliqué et dépasse de la compétence de la clinique ou de l’équipe, immédiatement le médecin traitant réfère le patient à d’autres experts, certaines fois à l’étranger, pour des soins médicaux beaucoup plus avancés. Question de dire, on ne peut pas tenter la chance avec un amateur ou un charlatan surtout quand le cas est compliqué. Quand le patient est gravement malade, on faire appel à un expert, surtout quelqu’un avec des années d’expérience. Si c’est comme ça qu’on opère en matière de santé pourquoi dans le cas d’Haïti on ne fait jamais appel à de bons et vrais techniciens à son chevet pour traiter son mal. Plusieurs cas de figure peuvent se poser, soit jusqu’à présent on n’a jamais fait un diagnostic réel du mal haïtien, soit qu’on le fait depuis longtemps, mais on sous-estime les conséquences qui peuvent en découler. Oui le diagnostic est fait et le cas est compliqué. La différence, si les cas compliqués se référent toujours à des techniciens expérimentés, dans le cas d’Haïti, c’est toujours aux charlatans qu’on laisse le soin de traiter le cas. En fin de compte, quel est donc le diagnostic?

L’Haïti d’aujourd’hui

Il suffit à un étranger d’atterrir à l’aéroport Toussaint Louverture de Maïs Gâté (dans les zones de Delmas et Tabarre) et d’effectuer une visite dans le centre-ville de la capitale et d’autres villes de province du pays pour se rendre compte de l’état de délabrement avancé des infrastructures routières d’Haïti. Pour ceux qui vivent depuis un certain temps en Haïti avec de grands moyens économiques dans les grands hôtels avec des voitures confortables, même lorsqu’ils vivent une vie aisée, ils peuvent bien témoigner de la situation catastrophique du pays. Ils savent bien que plus de la moitié de la population vit dans l’extrême pauvreté. L’Haïtien aussi bien que l’étranger savent que le pays n’est plus essentiellement agricole. Dans l’Haïti d’aujourd’hui, la société se trouve chaque jour confrontée à des problèmes d’insécurité, de chômage, d’électricité, de transport, du coût élevé de la vie, d’analphabétisme, de corruption et d’enrichissement illicite, de la dépréciation de la monnaie nationale (la gourde) au dollar américain. Ouf! La liste est longue.

Après plus de 215 ans d’indépendance, le bilan est lourd et très catastrophique. Deux siècles après l’épopée de Vertières, c’est une nation divisée, déchirée où le colonialisme sans les colons continue. Haïti est le pays où la capitale elle-même est complètement séparée du reste du pays. Ce n’est pas seulement en termes d’infrastructures que la capitale est séparée du reste du pays, mais au niveau des services de base, c’est un monde à l’envers. Le sociologue aussi bien que l’urbaniste qui écriront sur Haïti vous diront non seulement que Port-au-Prince est une ville qui défie toutes les normes sociologiques de classes, mais encore qu’il est un grand bidonville qui ne respecte pas les normes d’urbanisation.

Avant le tremblement de terre du 12 janvier 2010, avec ces masures dans les flans des mornes comme Canapé-Vert, Morne l’hôpital, Boutillier, Jalousie, et, au bord de la mer (cités de Dieu et l’Éternel au Bicentenaire), Port-au-Prince était une ville ceinturée de bidonvilles. Ne répondant à aucune norme d’habitat, ces habitats, surpeuplés, vivent dans les taudis de ces zones marginales manquant de service de base comme l’eau potable, l’électricité, services sanitaires et assainissement. En un mot, les gens défavorisés qui y sont là vivent dans des conditions malsaines, dangereuses et précaires.

Port-au-Prince n’est pas seulement la capitale du pays, mais elle est aussi la République même d’Haïti. Puisque, c’est la où réside le Président, le Chef du gouvernement et ses membres de cabinet, les 30 sénateurs et les 117 députés. N’en parlons pas des puissantes ambassades et autres institutions internationales comme: OEA, la BID, FMI et UN. En un mot, c’est là où tout est concentré. Haïti est le pays où des « mounn an deyo » se trouvent dans les provinces et les communes les plus reculées sans accès à l’éducation, soins médicaux, eau potable, aux structures et infrastructures de base répondant aux normes internationales de modernité. Pour se procurer un passeport, un extrait d’archives, effectuer un voyage à l’étranger, faire des études universitaires ou trouver un bon emploi, il faut rentrer à Port-au-Prince. Même là encore, dans cette capitale bidonvillisée, il faut avoir des connexions pour que les choses puissent se faire vite et bien.

Haïti, le pays des contrastes

Il ya des ghettos partout en Haïti. Port-au- Prince, la capitale, elle-même, est une ville ceinturée de bidonvilles et de ghettos. Cité Soleil, la Saline, Solino, Raboteau, Sainte Hélène, La Forcette sont les principaux ghettos d’Haïti. Aujourd’hui, le pays est devenu une grande ville ghetto de deux peuples, de deux modes de vie. Dans les ghettos, il ya une autre vie. De là, les gens ont leurs propres restaurants (chen janbé) et commerces. Ils habitent dans des taudis faits de tôles, de cartons et tous objets volants. Partout, dans les tronçons de route, il ya, avec le business informel, des petits commerçants qui étalent leurs produits. En un mot, un peu partout, il se trouve des marchés publics.

On peut se rendre dans n’importe quelle ville d’Haïti, on trouvera des exemples classiques de misère et pauvreté dans lesquelles vivent les Haïtiens. C’est un pays au bord d’une explosion sociale. Cependant, dans cette même Haïti, il ya des enfants qui vivent dans l’abondance. Ils vont dans les meilleures écoles du pays. Ils voyagent quand ils sont en vacances. Ils ont leurs ordinateurs et des téléphones de marques récentes. Ce n’est pas un problème puisque il ya des gens aisés partout. Si vous êtes un rude travailleur ou professionnel, il est normal que vos enfants vivent bien. Cependant la vie n’est pas aussi belle pour les enfants des Morne Hercule et Morne Calvaire, du quartier de Jalousie. Dans ces zones-là, c’est le monde à l’envers. Dans ces ghettos, il ya des membres de familles de 5, 6, et 7 personnes vivant dans une chambrette sans confort moderne. Tandis qu’aux frais de la République, des dirigeants incompétents ont l’argent pour leurs résidences, cartes de téléphones, voitures de confortables, sécurité rapprochée avec des policiers, frais divers, etc.

Ce qui permet à plus d’un de conclure que la problématique de bidonvilisation et la pauvreté en Haïti restent deux phénomènes complexes. La crise de bidonvilisation qui prévaut en Haïti a entraîné des manifestations de certaines situations socio-économiques vraiment néfastes à la survie de la population défavorisée. En Haïti, il y a « une minorité qui détient toutes les richesses (détenteurs du pouvoir politique, propriétaires de grands commerces, de grands revenus adéquats afin de jouir des grands modes de vie), tandis qu’il y a une grande majorité pour laquelle la vie sur terre devient un enfer. Cette dernière vit dans l’instabilité économique, dans la pauvreté, dans l’insatisfaction des besoins de base ou primaires.»

Cependant, par ses plages, sa cuisine, en un mot, par sa culture, Haïti est un pays qui fascine et surprend toujours les touristes lorsqu’ils reviennent de vacances dans cette île appauvrie des Caraïbes. N’empêche que ce pays « interpelle, car il est tout en contraste, ce qui engendre chez la plupart des gens des émotions fortes, des plus belles aux plus insupportables. »

Certes, depuis le départ de Jean-Claude Duvalier en 1986, ce pays demeure politiquement instable. Il est le pays le plus pauvre de l’hémisphère, selon des experts internationaux qui, de leur côté, détiennent une part non négligeable de responsabilité dans cette instabilité politique et crise économiques qui prévalent en Haïti. C’est précisément ce qui frappe davantage : le fait que cette misère chronique soit considérée comme normale par les autorités et les gens de la classe possédante du pays. Le contraste entre ces hommes et ces femmes aisés, qui exhibent leur richesse par leur train de vie, leurs voitures de luxe, leurs tenues vestimentaires et leurs bijoux, et les autres qui vivent dans des bidonvilles déshumanisés où, le plus souvent, ils meurent de faim. Tout ceci ne devrait laisser personne indifférent. En un mot, Haïti est le pays de deux peuples, de deux modes de vie contrastés.

À Port-au-Prince, la capitale, Pétion-Ville, Fermathe, Kenscoff, Laboule, Montagne Noire pour ne citer que celles-là, certaines personnes sont au top des technologies modernes. Par contre, ceux qui vivent dans les bidonvilles de Ti Bwa, Grand Ravin, Cité Soleil, La Saline, Solino, Lafosset, Raboteau et Sainte-Hélène, n’ont même pas accès à l’eau potable et à l’électricité. Par ailleurs, certaines routes, où roulent les voitures de grandes marques appartenant à des autorités insouciantes et la classe aisée des affaires du pays, sont restées dans le même état qu’à l’époque coloniale : pour une grande partie, elles ne sont même pas goudronnées. Le pire dans tout cela, si ce n’est pas un voyage pour aller chercher mieux dans certains de la région, les jeunes sont condamnés à rester dans la misère, sauf s’ils sont armés par des officiels du pays. Là, ils sont devenus des chefs de gangs qui peuvent décider des vies et bien d’autres citoyens dans le quartier. Pendant que l’éducation qui devrait offrir une chance égale à tous est un luxe.

Tandis que sous l’administration du dictateur Jean Claude Duvalier, on disait souvent à la radio nationale que : l’avenir est aux jeunes qui prennent leurs études au sérieux. Men ki etid ? Nan ki peyi ? Avek ki dirijan ?

Éducation en Haïti

Quant à l’éducation en Haïti, elle est pour le moins préoccupant et demande d’être prise en compte si on veut toutefois éviter une ‘’continuit钒 en termes de formation académique pour deux catégories différentes d’enfants. «La qualité de l’enseignement est gravement compromise par le niveau général insuffisant des enseignants et des écoles. » Selon des experts, l’éducation haïtienne est défaillante: il y a carence d’encadrement pour les enfants à la maison, carence de matériel, classes mal conçues, mal équipées et surchargées, manque d’ouvrages pour les élèves et les enseignants.

Au lieu d’être un moyen capable de former des agents de développement au niveau national et international, le système ne fait que drainer des ressources et des capitaux du trésor public sans pour autant former des éléments productifs pour la société et le monde. « Les élèves quittent l’école comme des intellectuels ratés, sans avoir non plus de compétences techniques pour subvenir à leurs besoins ». Pour un pays avec environ des milliers d’écoles primaires dont un fort pourcentage sont encore dans les mêmes conditions que lors de la guerre de l’Indépendance, bon nombre avait été détruit par le séisme du 12 janvier, plus que 90% de ces dites écoles « sont contrôlées par le secteur privé et les organisations religieuses ou des ONG et un taux de fréquentation de 67%, dont seulement 30% atteignent la fin du système primaire .»

Quant à l’enseignement supérieur, les choses ne sont pas différentes. À telle enseigne que Paul Yves Fausner dans son texte L’enseignement supérieur en Haïti, enjeux et débats actuels publié dans les colonnes du quotidien Le Nouvelliste en date du 27 novembre 2017 pense que « Peu de chercheurs ont consacré leurs plumes à la problématique de l’enseignement supérieur en Haïti. La réforme tant attendue par la communauté haïtienne tarde encore à devenir réalité et l’État, dans le cadre de sa politique générale, semble incapable de créer l’environnement propice dans lequel les universités peuvent planifier leur destinée. Il se pose chaque jour de sérieux problèmes en matière de développement qualificatif de l’enseignement, de financement de la recherche, de diversification des ressources, de l’efficacité du système de fonctionnement, de qualité et d’adaptation des programmes d’études, etc. Et c’est avec raison que bon nombre d’acteurs oeuvrant dans le sous-secteur sont amenés à remettre en question le mode de gouvernance et de pratiques de gestion traditionnelle des institutions d’enseignement supérieur publiques et non publiques du pays, la formulation des politiques, le système d’accréditation, l’utilisation sans cesse accrue des institutions d’enseignement privées pour réduire les charges publiques, les activités de renforcement des capacités pour le perfectionnement dans le domaine scientifique et de la recherche .» Oui, le pays se meurt. L’État est démissionnaire.

Haïti, l’État en faillite

Quand Haïti n’est pas présentée comme un État en faillite, certaines fois, l’international a tendance à la présenter comme le pays le plus pauvre de l’hémisphère. Quoique certains vous disent qu’Haïti n’est pas un pays pauvre, mais de préférence, un pays appauvri. État en faillite, pauvre, il suffit à quelqu’un d’effectuer une courte visite en Haïti pour se rendre compte de la situation catastrophique dans laquelle vit le peuple haïtien. Structurellement et conjoncturellement, Haïti est très problématique. Et pourtant, il fut un temps, le pays était appelé la perle des Antilles. Il était, avant son indépendance, considéré comme la colonie la plus riche de la métropole française. Il est une évidence qu’Haïti est aujourd’hui très pauvre. Et cette dernière est due aux mainmises et aux ingérences des étrangers dans les affaires économiques et politiques du pays, à l’insouciance de la classe des affaires et surtout celle des autorités immorales et incompétentes.

Face à ce constat d‘échec, des professeurs et des chercheurs en sciences sociales dans leur préoccupation de mieux comprendre la situation d‘Haïti, arrive à cette conclusion qu’il y a un quelconque rapport entre l’explosion démographique de la population haïtienne pendant ces deux dernières décennies et les conséquences économiques qui en découlent. Lors d’une conférence organisée à la Faculté des Sciences humaines sur l’explosion démographique, les conséquences économiques et sociopolitiques en Haïti, dont le terme était: Comportements démographiques, décisions politiques et conséquences sociales, économiques et politiques: une approche interactionnelle le professeur et chercheur, Louis-Naud Pierre, a fait le point sur le sujet. Selon le professeur, « Jusqu’à la fin du XIXe siècle, la population haïtienne ne dépassait pas un demi-million d’habitants. Au début du XXe siècle, elle en comptait à peine un million et demi. Et de 3.200.000 en 1950, cette population est passée à plus de 8.000.000 en 2000. En 2011, elle est estimée à 10 millions. Démographiquement Haïti se multiplie, qu’en est il des ressources et services? »

Les derniers chiffres en date de l’Institut haïtien de Statistique et d’Informatique accusent une densité de 350 habitants par kilomètre carré. Les experts en urbanisation constatent plus la densité de la population augmente dans un espace donné, plus les besoins deviennent plus criants.

Entre-temps, sous les yeux des autorités du pays, la situation socio politique se détériore. Depuis bien des mois, Haïti vit une situation de tension généralisée qui fait peur. Quand ce n’est pas à grand Ravine, Ti Bwa, village de Dieu ou au Bicentenaire dans l’air métropolitain, c’est dans presque toutes les grandes villes du pays que les armes automatiques se font entendre. N’en parlons pas de la tuerie organisée contre les pauvres gens de La Saline, de cite soleil et de Carrefour- Feuilles. Partout, les bandits imposent leurs lois. Face à cette situation, on a l’impression que toutes les institutions sont impuissantes quant à ce qui se passe dans le pays.

À l’échelle internationale, Haïti est considérée comme un état en faillite. Mais, pourquoi Haïti est-elle si instable et si appauvrie en ressources naturelles, humaines et en moyens économiques? Beaucoup de commentaires et d’analyses d’experts peuvent, chronologiquement, répondre, et à cette question. Il n’est pas sans savoir que depuis l’indépendance d’Haïti en 1804, le pays a été saboté et l’est encore par les grandes puissances de l’impérialisme occidental certes, mais la mauvaise gouvernance des autorités haïtiennes égocentriques, incompétentes et immorales a aussi un très grand rôle à jouer dans cette affaire.

Le pays n’est pas gouverné

En guise de conclusion, le pays n’est pas gouverné. Les différents gouvernements qui se sont succédé au pouvoir de 1986 à aujourd’hui ont tous, piteusement, échoué. Ils le sont du fait qu’ils sont incapables de comprendre que le soulèvement qui a conduit au départ de Jean-Claude Duvalier le 7 février 1986 était beaucoup plus profond qu’un simple changement de gouvernement. Dans leurs revendications, les masses défavorisées étaient dans les rues pour réclamer d’un leader moderne avec de grandes visions, un nouveau contrat social. En un mot, le peuple se voulait d’un leader capable, à travers de l’idéal dessalinien, de comprendre leurs aspirations politiques, économiques et sociales. « Car, si le devoir des responsables politiques est d’apporter des réponses aux besoins des citoyens à travers une société organisée, il est clair que ces besoins doivent être identifiés et articulés dans des programmes bien définis. Il est inadmissible qu’un pays soit aussi souvent exposé au hasard sans que des ayants droit n’interviennent pour indiquer une orientation comme s’il n’y a pas de sortie possible. »

L’avis est aussi partagé par les quatre sénateurs de l’opposition du secteur démocratique. « L’heure est sombre. La jeunesse fuit le pays et le désespoir s’installe partout. Le déficit budgétaire avoisine 40 milliards de gourdes avec un taux d’inflation d’environ 19%. Le pays va mal et il n’est pas dirigé. Alors, comment peut-on continuer sur cette même lancée sans s’attendre aux pires conséquences », peut-on on lire dans une note adressée par les sénateurs Evalière Beauplan, Ricard Pierre, Nènel Cassy et Antonio Chéramy au président de la Chambre du Sénat, Carl Murat Cantave.

Prof. Esau Jean-Baptiste



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