Et si c’était le moment…
Les temps sont durs. Le climat social est à couper au couteau et les conflits de classe n’ont jamais été aussi exacerbés. Encore une fois, ce pays flirte avec la violence : celle symbolique de la précarité et de la perte d’espérance et aussi celle qui vient des bas-fonds de la cité et qui à la manière d’un séisme libère au moment où l’on s’y attend le moins une énergie tellurique qui menace de tout emporter.Il nous faut à ce carrefour de l’Histoire réfléchir sérieusement sur notre devenir en tant que peuple. L’exode ininterrompu de nos jeunes vers le Chili ou d’autres destinations à la recherche d’un avenir meilleur interpelle l’exécutif et le Parlement pressés de trouver des réponses à une situation qui se dégrade de jour en jour. Cette situation d’un peuple devenu nomade est aussi une question posée à toutes les élites qu’elles soient économiques ou intellectuelles.L’auto flagellation ou le ressassement de vieilles rancoeurs coloristes qui n’ont jamais été abordés sereinement dans le cadre d’un dialogue national ne feront que rendre encore plus impraticable une conjoncture déjà boueuse.
Les temps sont durs. Le climat social est à couper au couteau et les conflits de classe n’ont jamais été aussi exacerbés. Encore une fois, ce pays flirte avec la violence : celle symbolique de la précarité et de la perte d’espérance et aussi celle qui vient des bas-fonds de la cité et qui à la manière d’un séisme libère au moment où l’on s’y attend le moins une énergie tellurique qui menace de tout emporter.Il nous faut à ce carrefour de l’Histoire réfléchir sérieusement sur notre devenir en tant que peuple. L’exode ininterrompu de nos jeunes vers le Chili ou d’autres destinations à la recherche d’un avenir meilleur interpelle l’exécutif et le Parlement pressés de trouver des réponses à une situation qui se dégrade de jour en jour. Cette situation d’un peuple devenu nomade est aussi une question posée à toutes les élites qu’elles soient économiques ou intellectuelles.L’auto flagellation ou le ressassement de vieilles rancoeurs coloristes qui n’ont jamais été abordés sereinement dans le cadre d’un dialogue national ne feront que rendre encore plus impraticable une conjoncture déjà boueuse.Le nombre de jeunes aujourd’hui qui sont à la recherche d’un emploi est effarant dans un pays où pourtant il y a tant à faire. Et qui a plus que jamais besoin de ses filles et fils pour se reconstruire. Mais cette reconstruction est en panne depuis 2010 par manque de moyens, mais aussi, et surtout à cause d’une gestion chaotique de la chose publique. La vérité est que l’économie ne produit pas de richesses en quantité suffisante, quand tout simplement elle ne régresse faute d’investissements et de « ballons d’oxygène » fournis par une Communauté internationale de plus en plus réticente.Le président de la République est désormais piégé entre un budget aux ambitions élevées, mais peu convaincant sur le plan des résultats escomptés et des bailleurs étrangers qui comme à l’accoutumée prennent tout leur temps avant de commencer à délier les cordons de la bourse. Placé sur la liste des pays très endettés, Haïti ne peut par ailleurs emprunter sur le marché international, ni apparemment bénéficier des largesses chinoises qui se préparent pourtant à investir massivement dans notre région.En effet, la Chine populaire et ses immenses moyens pourraient représenter un bol d’air frais pour une économie chétive et asphyxiée, mais jusqu’ici la mayonnaise ne semble pas prendre, en dépit des effets d’annonce. Ce qui coince, c’est qu’en tant que pays assisté, endetté et à la réputation « louche » nous ne figurons que sous le régime des dons, donc de l’humanitaire, et nous ne sommes pas qualifiés pour des prêts selon ce qui se répète dans les couloirs que fréquentent nos tuteurs de la Communauté internationale.Il y a aussi au passage quelques problèmes de géopolitique à résoudre en ce qui concerne nos relations avec Taiwan ! Il faudra à un moment ou à un autre faire un choix entre Taipeh et Pékin ou tenter de maintenir des relations saines avec les deux capitales, ce qui relève de la haute voltige diplomatique pas forcément à notre portée.Entretemps, acculé dans les cordes comme un boxeur sonné, le gouvernement tente de parer les coups d’une opposition de plus en plus farouche et qui flaire l’odeur du sang. Dans une ultime manoeuvre, il vient de couper une partie de la base sociale toute neuve acquise par ses opposants à la faveur du budget en délestant celui-ci de quelques irritants après une négociation menée tambour battant avec des Syndicats de transporteurs.Si certains leaders de la frange dure de l’Opposition ont su tirer leurs marrons du feu provoqué par un budget controversé, il leur reste à prouver sur le terrain leur capacité à accompagner un peuple exsangue sur la voie de la revendication démocratique sans faire exploser la « maison commune ». Le problème pour arriver à cette démocratisation des services sera toujours le refus de ce système qui permet à de véritables maffias au sein de l’État d’enrichir des individus à tous les échelons de l’administration. Seule une volonté politique avec un fort appui populaire pourra initier de vraies réformes en ce sens. Pour les intérêts de la population, il faudra mettre en commun toutes les forces qui veulent espérer un autre État, un autre pays sans ségrégation d’aucune sorte. C’est ce qui doit se construire patiemment, sans se laisser distraire ou corrompre.Une certaine histoire nous rappelle que nous savons toujours nous soulever chaque fois que les dés institutionnels sont pipés. Ce qui a toujours manqué, c’est une vraie offre politique capable d’aider ce peuple à habiter le territoire de ses ancêtres.Roody Edmé Un sénateur qui déchire un rapport en pleine séance oui c’est violent. Choquant pour les bien-pensants hypocrites.Mais notre drapeau, notre dignité qu’on déchire chaque jour avec des dirigeants incapables même de gérer l’espace physique à un kilomètre à la ronde de leurs propres bureaux n’est-ce pas de la violence ? Ce n’est pas de la violence dans les rues dont il faut avoir peur. C’est de ceux qui utilisent cette violence pour venir donner du sang frais au monstre. Car ils ont tous usé de cette violence pour arriver au pouvoir pour venir se repaitre des violences aveugles d’un système injuste, inégalitaire et terriblement anachroniqueC’est aux violences de ce système qu’il faut s’attaquer. Ce système, cet État voyou qui sont une offense à la dignité de l’Homme.
Mérès M. Weche
Roody Edmé
Roody Edmé
L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?
Roody Edmé
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