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Éditorial

De la surdité

De la surdité

Le Président de la République, selon la constitution en vigueur, a la responsabilité de la bonne marche des institutions. Ce seul élément lui donne des pouvoirs énormes qu’on n’a pas assez étudiés ou qu’on n’a pas voulu examiner dans la logique voulue de la détérioration continue de tout ce que nous possédons comme institutions.  Ainsi a-t-on très peu vu l’implication effective et continuelle d’un Président de la République dans le redressement d’institutions pourtant nécessaires à la vie nationale. Nous sommes dans un processus de laissez-faire, de « lese grennen », de plaire à tout le monde en particulier à ceux qui se sont installés dans un pouvoir économique souvent en utilisant des procédés illégaux, maffieux même. Les discours ne restent que des discours pour faire rêver les plus crédules. Les déclarations de bonne intention sont ce qu’elles sont.

Le Président de la République, selon la constitution en vigueur, a la responsabilité de la bonne marche des institutions. Ce seul élément lui donne des pouvoirs énormes qu’on n’a pas assez étudiés ou qu’on n’a pas voulu examiner dans la logique voulue de la détérioration continue de tout ce que nous possédons comme institutions.

 Ainsi a-t-on très peu vu l’implication effective et continuelle d’un Président de la République dans le redressement d’institutions pourtant nécessaires à la vie nationale. Nous sommes dans un processus de laissez-faire, de « lese grennen », de plaire à tout le monde en particulier à ceux qui se sont installés dans un pouvoir économique souvent en utilisant des procédés illégaux, maffieux même. Les discours ne restent que des discours pour faire rêver les plus crédules. Les déclarations de bonne intention sont ce qu’elles sont.

 L’Université d’État est la plus importante de nos institutions. Elle est en crise depuis des années. Si les problèmes structurels sont dûs pour une grande part au refus de l’État d’investir dans ce secteur alors que des sommes importantes sont gaspillées ailleurs, il faut aussi admettre que plein d’apprentis sorciers, souvent revenus de l’étranger, ayant mal digéré certaines littératures ou qui sont tout simplement malhonnêtes, méchants, manipulateurs avec des objectifs bassement politiques, ont truffé l’université de règlements, de pratiques totalement absurdes allant jusqu’à l’embrigadement d’étudiants, leur utilisation dans des buts purement personnels.

 Même si l’Université d’État est dite autonome, elle reste une institution de l’État, donc de service public, vitale pour la société. Et tout gouvernement qui se respecte n’a pas le droit de rester les bras croisés quand des conflits absurdes paralysent des facultés et pénalisent de milliers de jeunes. Ces situations peuvent d’autant plus déborder le cadre de l’Université d’État pour affecter, par ce pitoyable exemple, les universités privées qui se croient à tort non concernées par ces mascarades.

 La République dominicaine à la faveur de nos turpitudes accueille des milliers d’étudiants haïtiens. La conséquence c’est que les meilleurs ne reviendront pas dans leur pays où rien n’est planifié pour leur intégration. Nous n’avons même pas pu récupérer nos étudiants en médecine à Cuba, pays réputé pour dispenser l’une des meilleures formations en la matière, beaucoup de nos jeunes nouveaux professionnels ayant été prêter leurs services en Amérique du Sud ou en Europe.

Le drame, c’est qu’il n’y a aucune pensée politique rationnelle avec comme objectif la remise sur pied dans toutes ses constituantes d’un État en décomposition. Jusqu’à présent, en dépit de toutes les dispositions qu’on dit avoir prises, un simple citoyen n’est pas capable d’obtenir son passeport dans un temps raisonnable. S’attaquer à la corruption, à la mauvaise foi, à une routine ségrégative établie depuis des décennies demande une vraie volonté de s’engager sur d’autres chemins. Malheureusement, dès qu’on accède aux privilèges, dès qu’on est de l’autre côté de la barricade et que la misère des citoyens n’est plus la sienne, on se croit au paradis. On devient sourd aux cris de l’enfer pourtant à sa porte. Une porte bien fragile. Si le glas sonne déjà, personne ne semble l’entendre.

Gary Victor

 Il faut enfin pénétrer la poésie de Paul-Émile Latortue pour comprendre que beaucoup d’entre-nous souffrent dans leur chair quand se stigmatise l’honneur national :

«…Et que le monde entier, en montrant ce Drapeau

Sache de quel éclat nous brillons sous la peau ».

 Donc, davantage que la politique, la poésie a de tout temps chanté les prouesses de nos ancêtres et la beauté de nos couleurs nationales. N’empêche qu’il faut toutefois reconnaître à un politique, feu le révérend Père, Hubert Papailler, Ministre de l’Éducation Nationale sous François Duvalier, une certaine expression lyrique, en disant dans un discours à l’Arcahaie, un certain 18 mai : « À l’Arcahaie , il faudrait marcher à deux genoux, pour ne pas brouiller la terre que nos ancêtres ont foulée».

 La politique peut tout de même faire bon ménage avec la poésie, rien qu’à penser à André Malraux, Léopold S. Senghor, Aimé Césaire, et même Néron qui faisait des vers en voyant brûler la ville de Rome. Voire notre poète Pierre Josué Agénor Cadet, qui marche sur les traces, bien que très lointaines, de son prédécesseur, Hubert Papailler, à l’Éducation Nationale.

 Mérès Weche

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