Pour un livre blanc de la remobilisation de l’Armée d’Haïti
La remobilisation ou non des Forces Armées d’Haïti (FADH) ne cesse de susciter des débats houleux à divers échelons de la société. Le tollé est quasi général. Cela illustre le fait que le régime au pouvoir n’a pas su générer l’adhésion, la coopération et l’intelligence dans ce projet à multiples enjeux. En effet, le tandem Moïse/Lafontant paraît assez rationnel, par rapport au modèle classique du mécanisme de la prise de décision. Il préconise une solution optimale au problème crucial de l’insécurité à la veille du départ de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH). Il a donc franchi en ce sens plusieurs étapes : la phase de diagnostic (pendant laquelle il identifie le problème), la phase de recherche (dans laquelle il procède à l’énumération des actions possibles), la phase d’évaluation (où il compare les solutions possibles) et la phase de choix (qui le porte à opter pour la solution optimale.
La remobilisation ou non des Forces Armées d’Haïti (FADH) ne cesse de susciter des débats houleux à divers échelons de la société. Le tollé est quasi général. Cela illustre le fait que le régime au pouvoir n’a pas su générer l’adhésion, la coopération et l’intelligence dans ce projet à multiples enjeux.
En effet, le tandem Moïse/Lafontant paraît assez rationnel, par rapport au modèle classique du mécanisme de la prise de décision. Il préconise une solution optimale au problème crucial de l’insécurité à la veille du départ de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH). Il a donc franchi en ce sens plusieurs étapes : la phase de diagnostic (pendant laquelle il identifie le problème), la phase de recherche (dans laquelle il procède à l’énumération des actions possibles), la phase d’évaluation (où il compare les solutions possibles) et la phase de choix (qui le porte à opter pour la solution optimale.
Jovenel Moise privilégie le modèle d’Harvard, plus connu sous le nom de SWOT (Strenghts, Weaknesses, Opportunies, Threats) qui a pour objectif de maximiser le bien-fondé d’une décision grâce à une connaissance exacte et précise de son environnement. Et de faire correspondre les conjectures en vue de la définition du choix stratégique. Soit. Mais ce modèle ne prend pas en considération les aspirations sociales, les moyens matériels disponibles , voire les conflits d’intérêt et de pouvoir. La rationalité est ici limitée. On commet une erreur de jugement en soulevant la question de la remobilisation de l’Armée d’Haïti avant de plancher avec sérieux sur la problématique du renforcement de la Police nationale d’Haïti (PNH) mais encore et surtout sans la moindre certitude de pouvoir atteindre de manière cohérente les objectifs visés. Bien sûr, comme disait Freud, les gens peuvent se tromper sur eux-mêmes.
Le défi est de taille. Le débat s’appuie sur un argument classique des tenants du révisionnisme qui, pour minimiser les préjudices irréparables causés au pays par les FADH avec des dizaines de coups d’État sanglants, veulent construire du neuf avec du vieux et bâtir l’avenir à partir d’une lecture romanesque des faits historiques. Convoqués par la conjoncture, ils tiennent le discours exigé par leurs contemporains, leur clan. Dès lors, un livre blanc définissant la doctrine, les axes de la sécurité préconisés, la loi organique de la défense, la gouvernance, un code d’éthique et la prévision budgétaire s’avère nécessaire après la fameuse étude de l’Organisation des États américains (OEA).
Le livre blanc insisterait sur la raison d’être d’une nouvelle force militaire haïtienne. Il préconiserait la création d’un Institut des hautes études de défense nationale avec pour mission de préparer des responsables issus de tous les secteurs professionnels de la nation aux grands problèmes de solidarité et de sécurité en cas de désastres naturels, de cataclysmes, de séisme, etc. Il apporterait un éclairage saisissant sur le service militaire obligatoire pour les jeunes, une manière d’identifier les catégories sociales sensibles. Les militaires démobilisés joueraient le rôle d’encadreurs à ces cohortes de recrus. Ce service permettrait de renforcer l’apprentissage de la vie en société des valeurs républicaines et du sens du service civique. Si la remobilisation de l’Armée d’Haïti ne répond pas à la nécessité du moment, compte tenu de la précarité du Trésor public, elle pourrait aider néanmoins à renforcer le service civique. C’est sans appréhension que des dizaines de milliers de jeunes, après lecture de ce livre blanc, auraient investi le Centre de service militaire volontaire créé pour leur insertion socio-professionnelle. On les verrait s’empresser de signer leur contrat d’engagement. La nouvelle Armée viserait à enseigner les valeurs de respect, de rigueur et d’entraide. Ce serait une bonne École. Un repère cardinal. Toute la pédagogie tournerait autour de cette ligne directrice.
Malheureusement, le tandem Moïse/Lafontant n’a pas optimisé suffisamment le temps de concertation, de consultation, de recherche, d’avis et de conseils - dans une dynamique démocratique - auprès de la société civile, l’université, l’Église, les forces vives de la nation. Il n’a pas cru bon de mobiliser l’intelligence collective autour de la question. Le réseau de cerveaux susceptibles de lui livrer ses facultés d’analyses et d’intuitions combinées a été simplement jugé inopportun. D’où le déficit de coercition et de perspicacité susceptible d’aider à résoudre la quadrature du cercle de la Sécurité nationale qui, selon des experts, n’est pas l’apanage de la Police ou de l’Armée, mais avant tout une discipline universitaire.
Robenson Bernard
L’exécutif semble ainsi vouloir toucher à des problèmes graves qui plombent la vie dans nos cités : l’absence de services de propreté et la gestion chaotique de nos hôpitaux ; la désespérance des jeunes qui n’ont plus foi en l’avenir et qui se lancent à corps perdu dans l’exode sud-américain. Cependant, le fond de la question demeure de faire appliquer les résolutions qui sortiront de ces assises.
L’État haïtien est connu pour sa propension à créer des commissions à chaque fois qu’il se trouve dans une impasse et de ne pas ensuite en assurer le suivi. Les tiroirs de nos ministères sont remplis de rapports de commissions et de propositions de projets qui jusqu’ici n’ont jamais été suivies d’effet. On croise maintenant les doigts pour que les dispositions annoncées ne soient pas encore une fois renvoyées aux calendes « haïtiennes ».
Roody Edmé
Robenson Bernard
Roody Edmé
Roody Edmé
L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?
Roody Edmé
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