Haïti à la une, hélas !
La revue de la presse internationale de ce jour confirme que les salles de rédaction des médias internationaux n’ont pas totalement tourné le dos à notre pays, Haïti. De la pitié à la gestion catastrophique et cleptomane de l’après séisme, ils ont joué sur l’empathie et nous ont évité des condamnations. On peut comprendre qu’il est naturel chez l’humain de ne pas reprocher aux survivants d’avoir failli.
La revue de la presse internationale de ce jour confirme que les salles de rédaction des médias internationaux n’ont pas totalement tourné le dos à notre pays, Haïti. De la pitié à la gestion catastrophique et cleptomane de l’après séisme, ils ont joué sur l’empathie et nous ont évité des condamnations. On peut comprendre qu’il est naturel chez l’humain de ne pas reprocher aux survivants d’avoir failli.
Avoir lu la presse internationale aujourd’hui relève d’un douloureux exercice. Le journal Marianne se référant à une proposition de loi récemment votée au Sénat a eu des mots peu tendres pour présenter un sénateur haïtien comme un « fervent défenseur du texte [proposition de loi contre le mariage homosexuel], qui n’a pas hésité à faire un lien entre l’homosexualité et les catastrophes naturelles qui ravagent régulièrement l’île, en se référant au mythe biblique de Sodome et Gomorrhe. »
Le Figaro nous a également gratifiés de ses petites piques. Mais, la saillie violente de Loïc Tassé dans Le Journal de Montréal fait mal. Depuis l’annonce de la fin du TPS par l’administration Trump, les Haïtiens, susceptibles d’être expulsés, traversent massivement la frontière en quête d’asile au Canada. Il est évident que le discours est un refrain connu des nationalistes riches. Mais tout racisme primaire mis à part, il nous a rappelés à l’ordre : « Le Canada ne peut pas prendre sur ses épaules la misère du monde entier, surtout lorsqu’il n’en est pas responsable. La cause est limpide dans le cas d’Haïti. Si les Haïtiens fuient leur pays, c’est d’abord et avant tout parce que les élites haïtiennes sont en majorité incompétentes et corrompues. Ces mêmes élites qui échafaudent toutes sortes de théories plus ou moins farfelues pour détourner la colère des Haïtiens et pour culpabiliser les Occidentaux. »
La lutte contre la dictature, les meurtrissures du tremblement de terre de 2010 étaient des occasions historiques de nous réinventer en tant que peuple avec de nouveaux modèles de gouvernance et de nouveaux responsables capables de saisir et de faire fructifier les meilleures opportunités.
L’international, pour passer le chiffon sur la coopération intéressée et suspecte, meurtrière avec le choléra, entre autres, s’est retourné contre notre talon d’Archille : nos élites.
Comment prouver à M. Tassé qu’il s’est trompé quand nos chefs sont prêts à dégainer pour se disputer la priorité sur la voie publique ? Pouvoir contre pouvoir, le clash entre le convoi de la Première dame et le sénateur n’était qu’un signal. Bien reçu.
Ce matin, après la revue de presse internationale, nous avons appris avec stupeur que le maire de Port-de-Paix, pressé et exigeant la priorité, a tiré sur un autobus. Un jeune passager, grièvement blessé, en a fait les frais. Le maire est-il coupable ? Demain est un autre jour.
Notre pays nous apprend à ne jamais nous dresser sur la route d’un chef. Sur la voie publique tout comme à la fac.
Jean-Euphèle Milcé
Roody Edmé
Robenson Bernard
Roody Edmé
Roody Edmé
L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?
Roody Edmé
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