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Éditorial

Désenclaver le Nord-Ouest

Désenclaver le Nord-Ouest

Le président de la République est surtout connu aujourd’hui pour le salaire minimum qu’il a fixé à 350 gourdes. Mieux : il s’est illustré à travers sa Caravane au cours de laquelle il est particulièrement fertile en promesses généreuses. En veux-tu ? En voilà ! Pour ceux qui s’intéressent à la fameuse question de la remise en cause des régimes de privilèges post-présidentiels, le nom de Jovenel Moïse exorcise bien des démons qui hantent notre quotidien. L’entracte paraît bien digne de l’imagination d’un Chef d’État déterminé à jouer la carte de la politique d’austérité ou des coups d’éclat passionnants. Au gré de la conjoncture.

Le président de la République est surtout connu aujourd’hui pour le salaire minimum qu’il a fixé à 350 gourdes. Mieux : il s’est illustré à travers sa Caravane au cours de laquelle il est particulièrement fertile en promesses généreuses. En veux-tu ? En voilà ! Pour ceux qui s’intéressent à la fameuse question de la remise en cause des régimes de privilèges post-présidentiels, le nom de Jovenel Moïse exorcise bien des démons qui hantent notre quotidien. L’entracte paraît bien digne de l’imagination d’un Chef d’État déterminé à jouer la carte de la politique d’austérité ou des coups d’éclat passionnants. Au gré de la conjoncture.

Les mieux informés n’ignorent pas que Jovenel Moïse a procédé, le 10 août 2017, à l’installation d’une usine électrique de 1,6 mégawatt à Bonneau dans le Nord-Ouest. Peu avant, il avait annoncé le début des travaux de construction de la route carrefour Joffre/Port-de-Paix. Voilà qui fait de lui le maitre chanteur du désenclavement progressif de l’arrière-pays. C’est beaucoup. Mais au-delà de ces quelques certitudes abracadabrantes, l’image se brouille et de multiples inconnus surgissent.

 En effet, c’était un Chef d’État chaleureux, enthousiaste, détendu et souriant — qualités plutôt naturelles chez tout « grand politicien » —, qui s’adressait à une foule de gens attentionnés et pleins d’entrain ayant l’intelligence ou la naïveté de concevoir son projet comme un journal de bord. Pour ceux qui sont atteints vraisemblablement de « cécité collective », les lendemains du Nord-Ouest, désormais, ne chantent pas faux. Pour d’autres qui choisissent d’être un peu plus circonspects, ce projet tient d’une vaste fumisterie. C’est le cheval de bataille de tous les dirigeants haïtiens qui s’appliquent toujours à donner l’impression de vouloir remettre des pendules à l’heure. Mais il n’en est rien.

Jovenel Moïse n’est pas dupe. Qu’on se rende compte de ses paroles éthérées, alambiquées et mesurées : ni coût ni durée d’exécution des travaux qui seront d’ailleurs réalisés — tenez-vous bien ! — sur plusieurs temps. C’est mieux que rien dans la mesure où le Chef de l’État a tenté de rallumer cette petite flambée de rêve. Et si ça réussissait pour une fois ?

Le Chef de l’État rejoint l’opinion publique pour reconnaître que cette injustice causée depuis plus de 200 ans à la route nationale # 1 mérite enfin réparation. Son engagement paraît solennel. Mais a-t-il les moyens de sa politique ?

Ce projet de construction de 100 km de route est plein de revirements et de détours inattendus, mais curieusement il pourrait donner lieu à des surprises. Quand Jovenel Moïse annonce pour début décembre 2017, la pose de la première couche d’asphalte, nombre de ceux qui ont bien voulu l’entendre avaient envie, rapporte-t-on, de le prendre dans leurs bras dans un vaste mouvement d’empathie. Il était vite devenu leur héros. Mais guéris de leur amnésie, ils n’ont pu s’empêcher de ne savourer que de la parole dans le vent au point de se donner une pointe d’ironie du genre « Sa ka la ka wel » (attendons voir !). Se sont-ils trompés ? Il est bien trop tôt pour le dire. C’est à l’aune de la réalisation de ce projet qui sera, bien sûr, mené à terme par des entreprises nationales ayant déjà fait leurs preuves que le Nord-Ouest mesurera, en ce qui le concerne, le bilan du mandat de ses parlementaires (au-delà de leurs fonctions légiférantes et représentative réelles ou fictives) et du président de la République.

Gageons toutefois que, de la parole aux actes, Jovenel Moïse, à l’instar de tous ceux qui ont marqué leur passage à la tête de ce pays, est hanté par le désir d’accomplir quelque chose de hardi pour l’arrière-pays trop longtemps livré à son sort. Car, les Nordouésiens en particulier et les Haïtiens en général se rendent à l’évidence qu’il n’y a plus rien à dire aujourd’hui de ce projet qui vaille la peine, si ce n’est de le concrétiser afin de rompre définitivement l’isolement de la région.

Robenson Bernard

 Le gouverneur de Guam pense que la stratégie de Donald Trump peut réussir car c’est avec un coup de poing au nez qu’on arrête les petites brutes. Sauf que dans le cas qui nous concerne, nous sommes très loin de la cour de récréation.

Roody Edmé

Robenson Bernard

 Roody Edmé

Roody Edmé

L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?

 Roody Edmé

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