Miami Herald opine sur la crise haïtienne
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Dans un texte d’opinion, publié le mardi 10 mars, le journal américain Miami Herald a expliqué comment le chef de l’État haïtien, Jovenel Moise, peut devenir un autocrate, et demande à l’État américain d’intervenir pour empêcher que cette situation se produise. Cependant, Jovenel Moise, n’éprouve aucune inquiétude face à la direction que prend Haïti, c’est justement parce qu’il a le support de la communauté internationale, notamment des États-Unis, qui n’a pas les mains propres dans la crise que traverse le pays actuellement.
Miami Herald croit que le gâchis d’Haïti est aussi le gâchis de tout l’hémisphère, parce qu’Haïti souffre au sein du continent américain. Cette décennie a été plus catastrophique pour le pays qui a enregistré d’énormes pertes après le tremblement du 12 janvier 2010. Depuis, le régime du PHTK est à la commande du pays. Durant cet espace de temps, des milliards de dollars du fonds Petrocaribe ont été détournés majoritairement par les dirigeants de ce régime, sans compter les milliards de dollars du Fonds pour la reconstruction d’Haïti (CIRH).
À plusieurs reprises, le peuple haïtien a tenté de chasser ces dirigeants du pouvoir, mais bénéficiant de la protection de la communauté internationale présente en Haïti, ils s’en sortent à chaque fois. Michel Joseph Martelly, le premier dirigeant PHTK a été défendu par l’Ambassade américaine, en la personne de Kenneth Merten, au moment où un ancien sénateur avait révélé certains doutes concernant sa nationalité. Jovenel Moise, depuis son accession au pouvoir, s’est accroché à la communauté internationale, particulièrement les États-Unis qui lui accordent un support inconditionnel malgré la détérioration de la situation économique du pays.
La semaine dernière, le président Jovenel Moise, a fait savoir que ce pouvoir qu’il est en train d’exercer actuellement vient du ciel. Ce n’est pas une déclaration innocente. Depuis son arrivée au pouvoir, il n’a jamais créé les conditions propices au renouvellement du personnel politique. Le Parlement n’existe plus. Le président a un boulevard devant lui. Il fait ce qu’il veut. Le journal Miami Herald critique le fait que de l’État est en train d’appliquer très mal la règle de l’homme unique, en confisquant des propriétés privées, et s’attaquer à certaines personnalités du secteur des affaires.
En l’absence du Parlement, le chef de l’État a installé son gouvernement de manière unilatérale, sans aucun accord avec les autres forces vives de la nation, en dépit des discussions tenues à la nonciature apostolique. Le journal croit que cela seul devrait interpeller les États-Unis. Mais pourtant, le Gouvernement américain a été le premier à saluer l’installation de ce gouvernement.
Le soir même de l’installation, le Gouvernement américain a fait savoir qu’il est déjà prêt à travailler avec le nouveau gouvernement d’Haïti, alors que le chef de l’État est passé outre des considérations normatives dans l’installation de ce gouvernement. Des portefeuilles ministériels, des postes de secrétairerie d’État sont créés par le chef de l’État au bénéfice de sa famille politique, au mépris de la misère atroce qui s’installe dans le pays. Et plus de la misère, les gangs armés dictent leur loi aux citoyens, le phénomène du kidnapping a connu une remontée vertigineuse.
Les attitudes du pouvoir ne donnent pas l’impression que cette situation interpelle les autorités. Au contraire, ils cherchent à tout politiser. Des agents de la PNH manifestent pour de meilleures conditions de travail c’est la faute de l’opposition, le kidnapping, l’insécurité, la prolifération des gangs armés. Alors, la non-tenue des élections, la non-réalisation des promesses de campagne, tout sur le dos de l’opposition. Tout le monde a tort, sauf les dirigeants.
La situation est grave à un point tel que les États-Unis ont augmenté au niveau 4 l’alerte de voyage en Haïti, plaçant le pays au même niveau que le Yémen, la Syrie, la Somalie, etc. Mais le pouvoir est toujours supporté par le Gouvernement américain en dépit de ce tableau sombre. Alors, comment demander aux États-Unis d’intervenir pour empêcher à Jovenel Moise de se transformer en autocrate, pendant que le président haïtien bénéficie de leur support inconditionnel malgré l’aggravation des conditions de vie dans le pays ?
Evens REGIS
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