De nouvelles nominations pour compléter le Gouvernement de Joseph Jouthe
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Environ cinq jours après la prise en fonction du Gouvernement de Joseph Jouthe, de nouvelles nominations sont effectuées pour compléter le cabinet ministériel. En plus de quatre nouveaux ministres qui viennent de rejoindre l’équipe gouvernementale, neuf secrétaires d’État sont également nommés par arrêté présidentiel pour compléter le Gouvernement de Jouthe.
Les policiers, depuis tantôt un mois, sont sur leur pied de guerre. Ces derniers réclamant la formation d'un syndicat au sein de l'institution policière n'arrêtent pas de multiplier les mouvements de protestation en vue de contraindre le haut état major de la PNH à plier. Les unes plus violentes que les autres, les mobilisations commencent à susciter des remous. Pour ou contre, les opinions divergent à ce sujet.
Dans un micro-trottoir réalisé par le journal, les citoyens n'ont pas apprécié la situation de façon unanime. Ceux qui supportent le mouvement des policiers clouent au pilori le gouvernement dans son ensemble. Selon eux, les autorités ont provoqué cette situation dans le seul but de détourner l'attention sur eux afin de profiter de leur mauvaise gouvernance qui garantit leur enrichissement. « Les autorités auraient pu agir en conséquence, mais, pour casser la pression de l'opposition, ils créent un autre centre d’intérêt », critique un membre des organisations politiques de l'opposition.
Ces situations proches de la totale dérive qui sévissent dans le pays sont des conséquences du laxisme de l'État. Les responsables, croit un étudiant de la Faculté d'ethnologie, auraient pu anticiper cette situation, s'ils dirigeaient. « Avec un salaire aussi dérisoire que peut faire un citoyen responsable? En plus, il n'arrête pas de s'exposer dans une mission qui parait de jour en jour plus que suicidaire. Malgré le coût de la vie, ils sont traités en parent pauvre. Pas un salaire valorisant ni des avantages sociaux. Devant de tels agissements, à quoi s'attendaient les autorités ? », se questionne cet étudiant qui déplore toute fois la manière utilisée par les policiers.
La polémique est à son comble dans l’opinion publique. Selon eux, les protestataires ont intérêt à garder leur calme et à mieux coordonner le mouvement. S'en prendre aux propriétés des autres ; reprenant les mêmes actions qu'ils ont toujours réprimandées montre que le pays vit dans l'amalgame, commentent-ils. Aux dires d'un de nos intervenants, les revendicateurs sont dans l'ultime contrainte de bien utiliser la confiance populaire.
Revenant sur les actions passées y compris, celles du lundi 9 mars, les riverains de Port-au-Prince appellent les policiers au calme. Selon eux, ces agissements risquent de faire plus de mal que de bien. De leur avis, il n'y a rien de mal dans ce qu’ils exigent, mais, la manière de faire prête à équivoque.
La peur commence à s'installer
Dorénavant, personne n’est serein dans le pays. Crise politique, marasme économique, montée flambante de l'insécurité, pays lock, violence et voilà enfin une mobilisation policière. Cette dernière malgré son caractère concentré semble susciter beaucoup plus de curiosité. « Dans les autres cas, les policiers étaient là pour rétablir l'ordre. Pour l'heure, on est abandonné à notre sort », déplore un jeune avoisinant les trentaines. Il ajoute : « le problème de circulation d'armes à feu était pour nous une maladie presqu'incurable. Si maintenant la seule force légale tourne ses armes contre le pouvoir et la population, à quoi doit-on s'attendre » ?
Entretemps, les regroupements de magistrats sont déjà montés au créneau en exprimant leur ras-le-bol face à ce mouvement policier. Côté du gouvernement, ils ont les yeux ailleurs minimisant l'impact de ce mouvement qui tend à devenir de plus en plus violent. L'insécurité fait rage, l'administration en place fait le serment de la mater. Par contre, ceux qui sont les auxiliaires de la justice et qui doivent assurer la sécurité de la communauté s'en prennent à l'État dans tout ses compartiments.
Daniel Sévère
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