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La PNH en miettes

La PNH en miettes

Malgré l’annonce de trêve du syndicat non reconnu par les hauts gradés, des policiers ont à nouveau regagné les rues pour exiger de meilleures conditions de travail. Après la journée du lundi 9 mars, ces policiers ont encore été dans les rues ce mardi 10 mars, toujours dans le même objectif et avec la même détermination. Cette situation qui persiste, en dépit des séances de négociation initiées par l’Office de protection du citoyen (OPC), ne fait que prouver qu’un vent de division souffle au sein de l’institution policière.

C’est une institution plus que jamais divisée. Face au refus du commandement de l’institution de reconnaître le syndicat, des policiers de l’institution réunis sous le label « 509 fantom » décident de renverser la situation. Ces agents ne veulent plus négocier. Ils ne jurent que par la reconnaissance du syndicat et l’amélioration des conditions de travail des policiers. C’est tout ou rien pour ces policiers qui ne dépassent pas le grade d’agent 3, selon un inspecteur faisant partie du comité de gestion du Syndicat de la police nationale d’Haïti (SPNH).

Le SPNH avait lancé un appel au calme et priorisé un dialogue avec les hauts gradés. Méfiants par rapport aux membres du comité de gestion du SPNH, ces agents ont décidé de réanimer le mouvement des policiers. Avec cette fois plus de fermeté. Le mouvement a changé de phase. Ce groupe n’entend pas négocier. De par les réactions de ces agents, c’est comme s’ils veulent implanter le syndicat envers et contre tout. Ils agissent de façon à ne laisser qu’une option aux autorités : l’acceptation pure et simple du SPNH, et l’amélioration des conditions de travail. Le comité directeur du SPNH ne se désolidarise pas du mouvement, mais veut toutefois être prudent en condamnant les agissements de ces policiers du groupe.

Personne ne sait qui dirige ce groupe qui transforme le mouvement des policiers en une vague d’intimidation. Aucun des policiers membres n’a pas encore revendiqué la paternité de ce groupe. Pas de moyens de les identifier non plus. Ils sont toujours encagoulés, mais vêtus de l’uniforme de la police nationale. Ils agissent comme bon leur semble en créant la panique à travers toutes les rues de Port-au-Prince. Après celle du lundi, une nouvelle manifestation violente des policiers syndiqués a été enregistrée ce mardi. Ces policiers ont, durant ces deux journées, érigé des barricades de pneus enflammés sur presque toutes les artères stratégiques de la capitale.

Par ailleurs, ils ont fermé les portes de plusieurs bureaux publics, dont le Fonds d’assistance économique et sociale (FAES), l’Office d’assurance-vieillesse (ONA) et les Archives nationales. Les policiers manifestants ont même fait usage de gaz lacrymogène dans les locaux des archives nationales pour forcer les fonctionnaires à vider les lieux. Lors de son l’installation en qualité de Premier ministre, Joseph Jouthe qui, de fait, est le chef du Conseil national de la police nationale (CSPN) avait dénoncé le caractère illégal d’un syndicat au sein de la PNH. Ces policiers disent qu’ils sont en train de donner une leçon à Joseph Jouthe pour ses remarques jugées inadmissibles.

Pendant ces deux journées, des patrouilles de police suivaient la manifestation, mais sans intervenir, en dépit du fait que c’était des individus encagoulés, munis d’armes automatiques. À travers les rues, des citoyens qui appuient la cause des policiers syndiqués lancent des slogans de toutes sortes contre les autorités étatiques, notamment le chef de l’État et le Premier ministre Joseph Jouthe. Avec des uniformes de la BOID, de l'Udmo, du CIMO, etc. Ces policiers ont saisi les clés de plusieurs véhicules afin de bloquer la circulation. Cette situation s’est répétée durant les deux premières journées d’activités de la semaine. Les autorités n’ont pas encore réagi, alors que tout le monde se plaint de la situation. Toutefois, une rencontre, en urgence, du Conseil supérieur de Police national, devra être tenu incessamment.

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