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Joe Biden va-t-il l’emporter ?

Joe Biden va-t-il l’emporter ?

Le samedi 29 février se sont tenues les primaires démocrates en Caroline du Sud. Après les caucus du Nevada qui ont vu le triomphe de Bernie Sanders (78 ans), on a assisté ce samedi à celui de Joe Biden (77 ans). Une victoire conquise trois jours avant le « Super tuesday » qui se déroulera aujourd’hui.

Tous les sondages donnaient Joe Biden gagnant pour ces importantes primaires, mais Bernie Sanders le talonnait de très près. Mais l’ex-vice-président des États-Unis a fait plus, en remportant 48 % des voix en Caroline du Sud, devançant largement son rival qui n’a obtenu que 19,9 %. Aussi a-t-il empoché les 25 autres délégués sur les 1991 nécessaires pour obtenir l’investiture démocrate.

Sanders qui était pressenti par les sondages pour être en seconde position a quand même pu décrocher 20 autres délégués qui seront ajoutés à ceux recueillis au Nevada, au New Hampshire et dans l’Ohio.

Le grand succès de Biden en Caroline du Sud lui est venu de la minorité afro-américaine qui lui a été apparemment favorable. Cette communauté représente 27 % de la population de cet État du sud des États-Unis. Néanmoins elle fait la moitié de l’électorat démocrate en Caroline du Sud. Ce qui fait sa force.

Joe Biden avait beaucoup compté sur cet électorat pour remporter une victoire décisive et déterminante avant les primaires du « Super tuesday » d’aujourd’hui. En cas de défaite ou de performance mineure, il y aurait eu de fortes chances que ses bailleurs de fonds l’abandonnent avant même les élections de mars. Ce qui signifierait sa mort électorale. Au pays de John Fritzgerald Kennedy, aucun candidat à un poste électif ne peut mener une course électorale de longue haleine sans l’appui ferme de donateurs financiers.


Après son triomphe au Nevada, Bernie Sanders avait attendu son rival Joe Biden au tournant. Sur le tournoi de la Caroline du Sud, il comptait bien arracher avant le fameux 3 mars un autre succès électoral retentissant. Espoir perdu, car l’électorat de « speedy Bernie » est traditionnellement très « blanc », comme dans son Vermont natal. Pour gagner haut la main l’investiture du Parti démocrate, il doit démontrer sa capacité à mobiliser les minorités ethniques noires et hispaniques. Au Nevada, il a pu rallier l’électorat hispanique qui représente 30 % de la population de cet État du sud-ouest des États-Unis. Mais il a eu bien du mal à conquérir la minorité noire de la Caroline du Sud, considérée comme le fief de Joe Biden.

Compte tenu de cette prouesse réalisée en Caroline du Sud, la voie est désormais grande ouverte pour Joe Biden en vue de l’investiture à Milwaukee par le Parti démocrate. C’était là l’enjeu principal de ces primaires du samedi 29 février en Caroline du Sud. Cette élection interne a été importante aussi bien pour la survie électorale de Joe Biden que pour la continuité du succès politique de Bernie Sanders. Tous les observateurs de la scène politique américaine avaient en effet les yeux tournés vers cet État qui fut autrefois un des bastions du ségrégationnisme aux États-Unis.

Le fameux « super mardi »

Aujourd’hui c’est le fameux « Super tuesday » qui verra se dérouler en un seul jour les primaires démocrates dans 14 États, dont le Texas et la Californie. D’après tous les sondages, ces deux États sont très favorables au candidat « socialiste » Bernie Sanders. Ils sont susceptibles d’apporter 1 600 délégués d’un seul coup au panier électoral de l’homme du Vermont.

Si les sondages ne se trompent pas, le sénateur Sanders va effectuer le plein de super pour sa locomotive électorale. Bien plus encore, un sondage Ipsos de la semaine dernière avançait que si les élections présidentielles américaines avaient eu lieu maintenant, Bernie Sanders l’aurait emporté sur Donald Trump par 60/40 %. C’est peut-être un peu aller trop vite en besogne, car Donald Trump, le grand maître de la télé-réalité et des « dirty tricks », a plus d’un tour dans son sac à attrapes. Mais une chose est sûre : l’homme de Mar A Largo commence à prendre très au sérieux le « socialiste du Vermont ». Donald Trump a intérêt à se méfier de ce « crazy Bernie » — comme il aime le décrire dans ses tweets – qui, après le 3 mars, pourrait devenir « speedy Bernie ».

Le locataire de la Maison-Blanche doit commencer à regretter peut-être ce cher Joe Biden, ce candidat très BCBG dont il aurait pu faire une bouchée le 3 novembre 2020. Si Donald est un bon coureur de dix mille mètres, en revanche le vieillard du Vermont qui attire et séduit beaucoup la jeunesse américaine, est un très redoutable coureur de marathon. Il peut faire aisément du 42 km au pas régulier.

Toujours est-il que les élections chez l’oncle Sam promettent, à partir de juillet 2020, d’être tout sauf ennuyeuses. Deux grandes personnalités anticonformistes sont en train de s’affronter. Si elles s’opposent par leur parcours et par leur vision, elles se ressemblent sur bien des points. Le vol « Air America 2020 » prend son envol, alors passagers attachez vos ceintures, car ça va bien secouer !

Azad Belfort
Spécialiste de relations internationales

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