Gonaïves : la vie a repris dans l’insouciance
La ville des Gonaïves, qui a longtemps maintenu les mouvements de revendications antigouvernementales qui ont secoué le pays tout entier, adopte depuis près d’un mois une trêve en vue de faciliter la reprise des activités, notamment les activités scolaires bloquées pendant quatre mois. Depuis, comme si tout est oublié, les activités scolaires et universitaires ont repris correctement. De même pour les institutions publiques et privées de la ville.
Les mouvements de protestations antigouvernementales ne sont plus d’actualité tout en laissant le pays dans une situation bien plus difficile qu’au début des protestations. Et, la majorité de la population a repris le cours de leur vie sans se poser des questions, alors qu’aucune des revendications qu’ils ont soutenues pendant plusieurs mois, en défiant l’ordre établi, n’a été satisfaite. Fatalité ou défiance ?
Il est vrai que depuis l’annonce de la trêve, le calme est revenu dans la ville. Les marchands ont pu étaler leurs produits sans aucun souci. Mais, il reste beaucoup de zones d’ombre. Une partie du Centre-ville reste encore inaccessible, le conflit interzone reste ouvert et la ville en sort beaucoup plus divisée. Les journalistes sont victimes de menaces de toute sorte pendant que tout le monde fonctionne sur pilotage automatique.
Dans une information relayée par le journaliste Rolguy Docteur hier mardi 4 février 2020, Energe Pierre, récemment gradué de l’école de droit et des sciences économiques des Gonaïves, a été victime d’un braquage à main armée opérée par des individus circulant à moto. Il revenait d’une banque commerciale de la place. Lors de l’attaque, qui a eu lieu à la rue Louverture à quelques mètres du commissariat des Gonaïves, Me Energe Pierre a reçu quatre projectiles et a été dépouillé d’environ quatre-vingt-dix mille gourdes. Heureusement, il a été secouru par les riverains qui l’ont emmené en urgence dans un centre hospitalier pour être soigné à temps. Quant aux braqueurs, ils sont dans la nature.
La population affiche apparemment une indifférence totale en tentant de vaquer à ses activités. Un citoyen, en guise de réponse à la question y relative posée par Le National, que les gens « gens se reconnaissent et se rassemblent dans l’obéissance. Ils subissent la crise de plein fouet et se contentent de faire profil bas ». Cette attitude ne fait que renforcer les inquiétudes. Entre temps, la ville se lance dans les préparatifs pour le carnaval. Les militants aussi.
Lesly Succès
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