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Pourquoi éduquer les élèves, impliquer les parents et aider les écoles dans la lutte contre le cancer ?

Pourquoi éduquer les élèves, impliquer les parents et aider les écoles dans la lutte contre le cancer ?

4 février : Journée mondiale contre le cancer

Des millions de jeunes et des femmes représentant une bonne partie de la population haïtienne, particulièrement des élèves et leurs parents, des responsables d’écoles et des professeurs, se retrouvent dans cette liste des victimes du cancer en Haïti chaque année.

Depuis quelques années, la date du 4 février a été retenue par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), pour la Journée mondiale contre le cancer, afin de faire reculer la charge de morbidité imputable à cette maladie qui empoisonne et emporte environ 8.2 millions de vies chaque année dans le monde (Source OMS).

Définie selon l’OMS, comme un groupe de maladies qui peuvent toucher n’importe quelle partie de l’organisme. L’une des caractéristiques du cancer est la prolifération rapide de cellules anormales qui peuvent essaimer dans d’autres organes, formant ce qu’on appelle des métastases.

Détecté tardivement dans la majorité des cas, ces malades de cancer, sont le plus souvent victimes de leurs ignorances et l’absence de campagne de sensibilisation dans les médias et leurs communautés respectives, et d’inexistence de programme d’éducation sanitaire efficace, capable de leurs fournir les informations essentielles, pertinentes, utiles, spécifiques et pratiques autour des différents types de maladies, particulièrement le cancer.

Dans beaucoup de cas détection ou des décès, l’ignorance et la méchanceté de plus d’un alimentent les campagnes de diabolisation de la culture populaire le vaudou, ou les phénomènes liés à la sorcellerie dans les zones les plus reculées comme dans les milieux urbains et huppés.

Derrière la commémoration de la journée internationale du 4 février et les marches de sensibilisation réalisées dans le cadre de la lutte contre le cancer en Haïti, il faudra étendre la stratégie de communication durant toute l’année. Pourquoi utiliser l’éducation pour empêcher les jeunes en Haïti de tomber dans cette forme d’ignorance autodestructrice ? Comment aider les écoles en Haïti à s’impliquer dans des activités pédagogiques, une démarche continue, et des stratégies dynamiques en matière d’éducation sanitaire, incluant la lutte contre le cancer ? Quelles sont les connaissances et les compétences, les consignes et les conseils, les conséquences de la maladie et les contacts des institutions qui peuvent aider ou assister les familles en Haïti touchées par le cancer ?
Durant toute l’année académique et dans les différentes salles de classes des écoles du pays, il nous faut une action conjointe et des initiatives intelligentes entre les acteurs du système éducatif et les opérateurs dans le domaine sanitaire, pour pouvoir lancer une véritable campagne de sensibilisation autour du cancer en Haïti, en dehors de la journée du 4 février, qui pratiquement sera perdue dans les euphories du carnaval.

Depuis plusieurs années, on retient la marche organisée par le Groupe de support contre le cancer (CSCC), parmi les initiatives les plus en vue, qui méritent d’être renforcée à travers tout le territoire national. Pourquoi impliquer le plus grand nombre des opérateurs et des acteurs du système éducatif dans une telle démarche ?

De nombreux cancers peuvent être prévenus en évitant les principaux facteurs de risque, comme le tabagisme. Un nombre significatif de cancers peuvent être soignés par la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie surtout s’ils sont détectés suffisamment tôt, nous rapporte une communication de l’OMS, disponible sur le site de l’Organisation des Nations unies sur le sujet.

Distribuer des affiches à placer dans les salles de classe et les endroits les plus fréquentés dans les espaces éducatifs et culturels en Haïti, figure parmi les actions en matière de communication de masse à entreprendre, pour associer le plus grand nombre d’élèves, de jeunes et des écoles dans la lutte contre le cancer.

Des concours à caractère national sur le sujet, réalisé dans les différents champs de la création comme la littérature (poésie, dissertation, articles). La musique, le théâtre, la peinture, entre autres, s’ajoutent également dans les autres actions publiques, stratégiques et pratiques à entreprendre.

Développer des cours et des séminaires, des documentaires et des conférences sur le sujet, de manière formelle, suivant les normes pédagogiques, didactiques et communicationnelles sont à prendre en compte, dans le prochain accord de partenariat stratégique que le ministère de l’Eduction nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) et le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) devraient parapher inévitablement ou actualiser, pour la formalisation d’une véritable politique publique en matière d’éducation sanitaire dans les écoles.

En guise de diagnostic local, on retient suivant les données de l’Institut haïtien d’oncologie en 2019 que chaque année, 500 nouveaux cas de cancers sont enregistrés dans le pays, dont 60 % sont des cancers du col de l’utérus.

Dans le même sens, il faut rappeler que le taux de cancer du col de l’utérus s’élève à 93.2 femmes pour 100 000, alors que le taux de mortalité est de 53 pour 100 000, selon les chiffres de l’OMS, rapportés dans un article d’Alterpresse.org publié en 2019, qui rapporte que « L’incidence du cancer du col de l’utérus est la plus élevée en Haïti, par rapport aux statistiques régionales dans la zone Amérique latine et Caraïbe.

Derrière ces 8.2 millions de décès causés par le cancer dans le monde, l’OMS confirme que : « Plus d’un tiers de ces décès peuvent être évités et que, détectés suffisamment tôt, de nombreux cancers peuvent être guéris. Le cancer ne connait pas de frontière et il nous affecte tous, ou nous affectera, de façon directe ou indirecte au cours de notre vie.

Des initiatives et des institutions inscrites depuis plusieurs années dans la lutte contre le cancer sont à inviter et à supporter dans une telle démarche, qui ne peut que servir de support moral pour les milliers de familles déjà touchées, et sauver du même coup d’autres vies à partir de la prévention et les modèles de traitement.

Des interventions des spécialistes travaillant sur le cancer, des statistiques seraient régulièrement diffusées, des visites organisées au profit des professeurs, des élèves et de leurs parents seraient réalisées dans la plupart des principales institutions, qui offrent des services de dépistage du cancer et organisent des activités de sensibilisation sur cette problématique en Haïti. À titre d’exemple, on pourrait citer : le MSPP, l’OMS/OPS, les différentes associations des institutions sanitaires et des professionnels de la santé, le Groupe de support contre le cancer (CSCC) ; de nombreux hôpitaux du pays et dans la zone métropolitaine tels l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), l’Hôpital Bernard Mevs, l’Institut haïtien d’Oncologie (IHDO), l’Hôpital universitaire de Mirebalais, la Société haïtienne d’Oncologie (SHONC), l’hôpital de Cange, parmi quelques autres.

Dix ans après la mort des suites d’un cancer de l’artiste peintre et éducatrice Lédy Noncent, il est pratiquement très difficile de comptabiliser le nombre de personnes décédées par le cancer dans les familles haïtiennes au cours des dernières années. Tous les secteurs d’activité économique et toutes les classes sociales confondues, n’ont pas été épargnés par ce fléau qui ne fait pratiquement pas de cadeau à aucune famille évoluant dans un pays où la faiblesse et l’absence des institutions publiques impliquées dans la sécurité publique et la santé des collectivités encouragent l’importation abusive dans nos frontières des produits avariés, expirés, dégradés, de pseudo-qualité, parfois même destinés exclusivement au peuple haïtien.

Des consommations démesurées, comme des déformations génétiques, et des pratiques autodestructrices influencent certainement la croissance du cancer, en dehors des matériels nocifs et des équipements radioactifs, comme les camions et d’autres véhicules qui ont servis pendant des années à transporter des produits chimiques (hautement dangereux) pour des laboratoires dans d’autres pays, qui nous viennent en Haïti pour transporter désormais nos chères Madan Sara, et toutes nos marchandises et les produits agricoles comme les fruits et les légumes que nous consommons aveuglement au quotidien.

Défendre la sécurité et la santé de la population haïtienne en responsabilisant les générations actuelles et futures face à ces grands défis et dangers sanitaires pourrait s’ajouter dans la liste des objectifs à atteindre dans le cadre de l’importante campagne de sensibilisation nationale dans la lutte contre le cancer, qui doit passer par les collectivités territoriales, à travers des acteurs très influents dans le système éducatif comme les universités, les chercheurs, les parents, les élèves, et les écoles.

Dominique Domerçant

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