Haïti-sécurité
Plusieurs régions demeurent embrasées par la violence des gangs
La situation sécuritaire demeure critique dans plusieurs régions du pays. Malgré les efforts conjoints de la Police nationale d’Haïti (PNH), des Forces armées d’Haïti (FAd’H), de la Force de répression des gangs (FRG) et de la compagnie privée d’Éric Prince, chargée de contribuer au rétablissement de l’ordre, les groupes armés semblent conserver une longueur d’avance. Ils défient les autorités et sèment la terreur au sein de la population civile.
Les gangs « Kokorat san ras » et « Gran grif » ont attaqué, dimanche 16 août, la 7e section communale de Saint-Michel de Latalaye, située au nord du département de l’Artibonite. L’offensive a fait au moins, un mort et plusieurs blessés. Les assaillants ont incendié plusieurs habitations, aggravant la précarité des habitants dont les produits agricoles ont été détruits, dans un contexte marqué par une inflation élevée et une insécurité alimentaire croissante.
Face à cette tragédie, de nombreux habitants ont dû fuir leurs foyers pour chercher refuge dans des zones jugées plus sûres. Par contre, malgré ces incursions des gangs, un contingent de la FRG a été déployé dans le département de l’Artibonite afin de mettre un terme aux activités criminelles. Le commandant en chef de la FRG, le général Batsuuri, s’était d’ailleurs rendu dans le département le 13 août pour superviser les territoires.
Par ailleurs, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé avait annoncé que « la sécurité est en route ». Le déploiement de la FRG vise à redonner une lueur d’espoir à une population en quête de stabilité. Pourtant, malgré la présence de la PNH, des FAd’H, de la FRG et de la compagnie privée d’Éric Prince, aucune solution durable n’a encore été trouvée pour enrayer la crise sécuritaire.
À Port-au-Prince, la capitale est encerclée par les gangs. Les habitants, livrés à eux-mêmes, subissent la violence quotidiennement dans le silence des autorités. Plus de 85 % du territoire serait sous l’emprise des groupes armés, paralysant la libre circulation et fragilisant les activités économiques. À Kenscoff, la coalition « Viv Ansanm » a pris le contrôle de cette commune autrefois paisible et réputée pour ses attraits touristiques.
Ce constat soulève des interrogations aux autorités étatiques: à quoi servent ces forces légales, équipées mais incapables d’éradiquer les gangs ? Quel est l’impact réel du contrat signé avec Éric Prince pour rétablir la sécurité dans le pays? La FRG réussira-t-elle là où la force kényane a échoué ? Cette nouvelle force étrangère parviendra-t-elle à reconquérir les territoires perdus et à instaurer la paix sur l’ensemble du pays ?
Likenton Joseph
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