« Dans la splendeur de la nuit », le dernier roman de l’écrivain Dany LaFerrière

Présent au parc de Lafontaine de Montréal le samedi 30 juillet 2022, l’écrivain et académicien Dany LaFerrière a signé ses livres pour ses nombreux lecteurs dans le cadre de la 16e édition de Haïti en Folie. Avec sa simplicité et sa générosité proverbiales, l’auteur de « L’énigme du retour », prix Médicis 2009, a présenté pour les lecteurs du journal son dernier roman « Dans la splendeur de la nuit » qui sort le 2 août 2022 dans une collection dirigée par l’écrivain Alain Mabanckou.

« C’est un livre qui parle de la nuit à Port-au-Prince à l’époque de mes dix-sept ans. J’avais découvert par hasard cette nuit-là puisque c’est une période du jour assez interdite, la nuit. C’était une nuit chargée de révolvers, une nuit de dictature, mais malgré tout il y avait la possibilité de sortir la nuit et de vivre ce moment-là. On avait l’impression que des animaux nous guettaient dans les forêts. On entendait des bruits, des musiques, des sonorités diverses et à un moment donné au lieu d’avoir peur de tout cela, je me suis dit plutôt que je devrais faire un effort pour faire partie de cet univers étrange, fantaisiste et basique. C’est un moment où l’on est plus ou moins désarmé, où des gens montrent leurs visages nus, où l’aspect créatif enchante la nuit. On a envie de causer de littérature, de peinture, on rencontre des artistes. C’est un monde magique, le monde de la nuit », a fait savoir d’entrée Dany LaFerrière. Plus loin, il a expliqué qu’il a voulu écrire ce livre pour faire ressortir à la fois les teintes sombres et lumineuses de la nuit et dire avec la force et la magie de sa prose cette période importante de sa vie. Pour écrire ce récit attachant, il s’est fait accompagner d’un poète chinois, Li Po. Avec un seul vers de ce poète, a dit LaFerrière, j’ai pu traverser la nuit, rencontrer des amis. Et au cours de cette nuit, a-t-il poursuivi, il y a même un meurtre. Quelqu’un a tué un adolescent qui était brillant on ne sait pas qui, c’est la nuit qui est dangereuse naturellement. Ça fait un livre poétique qui s’appelle « Dans la splendeur de la nuit ».

 Le livre est écrit à la main avec des dessins originaux avec des couleurs primaires : rouge, bleu, jaune, noir. J’aime bien ces couleurs qui sont frappantes et qui nous rappellent la peinture primitive haïtienne qui m’est chère. Je trouve que c’est un art direct, un art qui m’enchante. Les toiles sautent au visage de celui qui les regarde au lieu de leur proposer de pénétrer dans l’espace pictural. C’est la peinture elle-même qui saute au visage du spectateur. J’aime bien cette forme d’art. Elle me plaît. Elle est comme au premier degré toujours avec un seul plan, rarement deux plans. J’aime écrire comme ça aussi direct, sensible, nu », a-t-il conclu.

Pour Alain Mabanckou ce roman épousait déjà la forme poétique que nous retrouvons ici, portée par des dessins originaux de l’auteur et dont les couleurs exaltent le goût du voyage et percent les mystères de la nuit tropicale. Par ses talents de narrateur et la finesse de son crayon, Dany LaFerrière invente le « réalisme merveilleux poétique » et nous livre les saveurs de l’enfance, toutes les nuances de la nuit.

En voici un extrait : « Les gens pensent que les livres restent dans la bibliothèque la nuit alors qu’ils partent à la recherche des lecteurs endormis. C’est ainsi qu’on se réveille le matin avec le matin avec le goût d’un récit sur les lèvres ».

 

Schultz Laurent Junior

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