Sortir de l’instabilité permanente

De nombreux pays, en particulier notre voisine la République dominicaine, obtiennent des résultats importants dans plusieurs domaines parce qu’ils ont pu instaurer une certaine stabilité politique. Si la stabilité politique est comprise par beaucoup comme simplement la possibilité d’une alternance politique sans violence, des élections honnêtes et démocratiques, elle n’est en fait possible que si ceux qui sont au pouvoir ne se comportent pas comme des ayants droit, des profiteurs de la chose publique, mais comme des serviteurs de la communauté, des serviteurs qui peuvent, certes, avoir droit à des privilèges, mais dont la mission première est de travailler à l’avancement de la nation.

 

 

Nulle société n’est à l’abri des contradictions. Chaque citoyen, chaque groupe, chaque classe sociale a ses intérêts à défendre. Mais, au-delà de toutes ces différences, il y a des valeurs qui doivent rassembler toutes les femmes et tous les hommes de la communauté. Il ne faut surtout pas qu’un groupe dominant, formé souvent grâce à ses rapines au cours du parcours historique de la nation, ne fasse du mépris de la majorité, un élément fondamental de sa pensée, de ses actions, jusqu’à préférer le naufrage du navire plutôt que cette majorité accède à un mieux-être.

 

Les grands chefs marrons furent assassinés sous le prétexte qu’il fallait l’union pour la grande bataille finale de libération. Mais, leur refus de se soumettre aux anciens officiers français, aujourd’hui ne peut-il pas être considéré comme une compréhension presque visionnaire ? L’état du pays aujourd’hui ne leur donne-t-il pas raison ? « Et ceux dont les pères sont en Afrique, qu’auront-ils ? » Jean Jacques Dessalines qui va être assassiné quelque temps après avoir prononcé ces paroles, qui est ulcéré, de découvrir l’ampleur du complot contre la nation, donne raison à tous ceux qui se méfiaient des anciens colons, français et créoles.

 

Aujourd’hui plus de deux siècles après cette grande tragédie qu’a été cette révolution confisquée qui a abouti à un pays confisqué, les ressources nationales confisquées, les aides internationales confisquées, toujours avec l’appui de certains étrangers tout heureux de participer à la destruction de ce pays afin, en privé, de professer les thèses de Gobineau, la lutte ne fait que continuer.

 

Ceux qui profitent de l’inacceptable, les éternels commandeurs, recourent à toutes les arguties pour faire comprendre à la population qu’elle doit accepter son sort. Le pays est prêt à toutes les catastrophes. Tout va bien, madame la marquise.

 

Ce cycle d'instabilité biséculaire nous conduit aujourd'hui encore au bord du précipice. Et comme par le passé, on fait encore appel à l'étranger pour nous aider à sortir du bourbier. On commet les mêmes erreurs, on utilise les mêmes méthodes, mais on espère des résultats différents. Véritablement raisonnement de fous. Il est venu donc le temps de changer ce logiciel qui génère toutes ces calamités.

 

La Rédaction

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