Le grand effroi

L’augmentation anormale des prix en Haïti, la compression des activités économiques et la cadence du dollar américain par rapport à notre faible gourde ne font plus recette dans les médias et sur les réseaux sociaux. En quelques jours, l’économie incertaine et ses corollaires n’occupent plus l’actualité et les soucis primaires de la population.

 

Place à la peur. La population secouée observe le cynisme des uns et la dérobade des autres. La population compte et enterre les morts, vivant encore dans l’ultime et bête espoir d’assister à l’écriture des dernières pages de l’histoire d’Haïti.

 

L’insouciance des acteurs de la sécurité en Haïti augmente l’angoisse généralisée et laisse les Haïtiens désarmés et à la merci du premier qui décide d’être bandit. Comprenez une personnalité issue des quartiers vulnérables qui a gravi les échelons, armes à la main, avec des couilles d’acier jusqu’à devenir la personne la plus écoutée à la radio. Gagnant, au passage, le droit de tutoyer les riches et les puissants du pays et les titres de commandant et de justicier.

 

L’effroyable série d’attaques des bandits qui a fait en quelques mois trop de morts, de femmes violées, de blessés, de vies cassées, de business fermés, de familles déplacées, constitue un danger mortel pour cet État de droit que nous peinons à construire. Peut-être est-il déjà trop tard pour concevoir et établir le temps de la correction ?

 

Le peuple a le cœur sur la main et les politiques le savent. Mieux, ils ont lu Kipling dans le Livre de la jungle et confondent le peuple haïtien et le peuple des singes : « Leur chemin n’est pas le nôtre. Ils n’ont pas de chefs. Ils n’ont pas de mémoire. Ils se vantent et jacassent, et se donnent pour un grand peuple prêt à faire de grandes choses dans la jungle ; mais la chute d’une noix suffit à détourner leurs idées, ils rient et tout est oublié ».

 

Les récents évènements de Carrefour-Feuilles prouvent que les gangs voudront encore de leur part de territoire pour ensanglanter toutes les soirées qui auraient dû être paisibles à Savane Pistache, à La Saline, à Delmas, à Martissant, à Petite Rivière de l’Artibonite, à Delmas et partout en Haïti.

 

Depuis bien des temps, l’État haïtien a perdu le contrôle de l’économie, de la morale publique et de la sécurité. Pour faire court, l’État n’a plus la maitrise de l’avenir d’un pays constitué majoritairement de jeunes et de paysans sans ressources.

 

Le pays tremble. La population a peur et attend que l’État, à travers un dispositif sécuritaire dynamique et maitrisé, protège les résidents d’un pays en proie à la faillite économique, à toutes les inégalités sociales et à l’obsolescence des structures politiques.

 

Le temps est à l’effroi et aux attentes élevées.

 

La Rédaction

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