La certitude de l’incertain

Les bandits continuent de frapper et grignotent du territoire. Gressier en fait les frais. Des postes de police sont vandalisés et détruits comme pour montrer à l’État central qu’il ne représente rien.

Tout cela continue après l’arrivée du premier contingent de 400 policiers kenyans.

Les citoyens attendent que ce contingent en appui à la Police nationale passe à l’action.

Mais on est toujours au point zéro. Les donneurs d’ordre n’ont pas trop changé. Il y a même d’énormes suspicions sur les donneurs d’ordre. En plusieurs occasions la PNH avait eu la possibilité de porter un grand coup à un gang, mais à chaque fois un ordre venu d’en haut avait sauvé les délinquants.

Que pourront la PNH et les forces étrangères si ces donneurs d’ordre c’est-à-dire les nationaux et les étrangers initiateurs et complices de ce chaos sont toujours aux commandes d’une manière ou d’une autre ?

Il faut se rappeler que les Nations unies ont eu des résultats douteux partout où elles sont intervenues. Après plus de dix ans d’une mission de stabilisation en Haïti, le pays a sombré dans la délinquance, la violence et la corruption avec comme cerise sur le gâteau des élections frauduleuses sous commande étrangère.

Le Premier ministre du Mali a tracé un tableau peu reluisant de l’intervention étrangère dans son pays prétendument pour venir en aide à l’armée et pour mettre à la raison les djihadistes. Non seulement les étrangers ont rendu l’armée malienne inefficiente en refusant même qu’elle se procure des armes, ils ont cassé la gouvernance de ce pays en faisant la promotion des plus corrompus jusqu’à ce que les terroristes contrôlent 60 pour cent du territoire. Dès que la Mali a retrouvé sa souveraineté avec des dirigeants ayant à cœur l’intérêt national, son armée a pu récupérer les territoires perdus et bousculer les djihadistes.

Aujourd’hui, chez nous, c’est la grande question qui se pose. À quoi peuvent servir les Kenyans et même la Police nationale quand ceux qui devraient donner les ordres mangent dans la main des étrangers et des maffias ? Les contingents internationaux peuvent n’être que les éléments d’une vaste comédie dont l’objectif ultime est la désintégration de notre nation. Un gouvernement sain et souverain est la condition absolue pour mener la guerre contre ce banditisme qui risque un jour ou l’autre de déboucher sur un génocide. C’est peut-être ce qui se trame dans certaines officines occidentales.

Pour l’instant, le gouvernement ne semble pas comprendre que cette situation exceptionnelle demande des mesures exceptionnelles. L’urgence c’est la question sécuritaire et les élections à organiser. Si on ne peut pas se mettre en tête cette simple vérité, on va patauger dans la catastrophe et la poubelle de notre histoire va encore s’alourdir. Il nous faut d’urgence des hommes et des femmes qui ont le pays dans leur peau, qui considèrent chaque pouce de notre territoire comme une partie indissociable de leur être. On ne peut faire encore une expérience douloureuse avec ceux dont l’ultime intérêt est leur confort à l’étranger. Alors qu’en Afrique une nouvelle génération relève la tête, nous de la première république noire, nous rampons comme jamais auparavant devant les Blancs.

 

Gary Victor

 

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