Le territoire

Les bandits jusqu’à présent contrôlent des zones importantes de la région métropolitaine.

De Martissant à Gressier en passant par Canaan sur la route Nationale # 2, Croix des Bouquets, et le tronçon du Morne à Cabris sur la Nationale # 3.

L’avancée aussi des gangs au centre-ville est venue disloquer la région métropolitaine parce que même une zone aussi stratégique que le Palais national a subi l’assaut des bandits. L’hôpital de l’Université d’État à une centaine de mètres du Palais national a été repris aux malfrats par la PNH mais pour combien de temps ?

On remarquera seulement comment toutes ces zones tombées sous le contrôle des gangs ont été pratiquement abandonnées, ignorées par les autorités qui y ont laissé prospérer une installation sauvage de populations majoritairement pauvres sans aucun encadrement étatique en termes de service de base.

Mariani à partir de la zone dite de l’abattoir est la preuve d’une totale absence de prise en charge du territoire par l’État. Les bassins versants ont été colonisés par des habitations précaires. Il suffisait de la moindre pluie pour que la route Nationale #2 soit impraticable, enfouie sous deux jusqu’à quatre mètres de boue et de pierres. L’absence de la police était toujours évidente dans cette zone à part bien sûr pour contrôler occasionnellement les papiers des conducteurs de véhicules plus dans un souci de sécuriser la rentrée de l’argent dans les caisses de l’État que dans le souci de préserver un climat de sécurité dans la zone. En fait, on devrait de préférence s’étonner que la délinquance sur le tronçon Mariani-Gressier ait pris tout ce temps pour exploser jusqu’à presque transformer ce territoire en une zone de guerre.

Le centre-ville a subi aussi les conséquences d’une totale absence de l’État en termes de prise en charge de l’espace physique comme si le pays se résumait aux zones, aux quartiers privilégiés par les élites. On a eu à faire l’exercice pour démontrer comment dans un rayon de trois cents mètres à partir du Palais national, le centre du pouvoir politique, s’étale dans sa toute laideur une non-gouvernance qui n’a aucune honte à s’afficher. À l’échelle du pays, cela devient catastrophique. On pense à certains lieux à l’occasion d’une fête patronale. Ensuite c’est l’abandon complet. Certains patelins ne parviennent à exister que grâce à certains natifs travaillant en terre étrangère qui gardent  un certain amour pour leur ville. Les politiciens, surtout les parlementaires, s’empressent souvent d’oublier la région qui les a envoyés au parlement, soucieux seulement de s’enrichir au plus vite.

Pour que le pays change, il faut des dirigeants avec chaque parcelle du territoire dans leur peau. Des dirigeants qui ont conscience que le pays est un tout et non par des enclaves faussement dorées où l’on profite des privilèges offerts par le pouvoir.

 

Gary Victor

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