Repenser la notion du bien en Haïti

D'une façon générale, le mot bien fait souvent référence à la raison, à la morale, et confirme souvent un certain degré de satisfaction.

Différentes autres utilisations permettent d'apprécier la pertinence de ce concept dans plusieurs autres domaines, y compris dans les émotions et les relations humaines. 

Dans cette Haïti qui se transforme actuellement et perd pied dans une dynamique autodestructrice, nombreuses sont les personnes ou leurs familles qui cherchent à trouver une alternative au bien-être et au chaos social.

Derrière chaque bien exprimé ou expérimenté dans les relations interpersonnelles et familiales, il y a la notion de confiance qui remet souvent tout en question. 

Du bien au bien-être, en passant par les biens créés ou acquis, le bien, comme capital actif ou passif, n'a plus le même sens dans la réalité sociale, économique, politique ou institutionnelle en Haïti en ces temps d'incertitude et dans nos habitudes.

Du bien commun comme héritage collectif et  patrimoine partagé au sein de chaque communauté, il n'y a que la vie qui nous reste comme dernière forme de manifestation ou d'expression du bien en Haïti. 

Des gens de bien dans beaucoup de cas se sont fait démasquer au cours des dernières années. Entre vivre dans le bien et mourir dans le mal, ou bien l'inverse, il faudrait faire un choix. La nature a  toujours horreur du vide. Même s'il est rempli par le bien.

Dans d'autres circonstances, les biens matériels construits, hérités ou gérés après des années d'investissement et de sacrifice sont contraints d'être abandonnés. 

Il est nécessaire de repenser le bien en Haïti, pour tenter de réinventer d'autres garanties pour asseoir la morale, la raison et l'économie nationale. 

Dans les intentions de plus d'un comme dans les actions de chacun au quotidien, il nous faut apporter ce grain de bien indispensable qui manque dans la tête de la plupart des dirigeants et dans la terre que nous arrosons avec tant de sang. 

Dans le malheur que connaît Haïti ces derniers mois, il y a une certaine confusion entre le pouvoir réel du bien et la puissance sous-évaluée du mal, qui devient pratiquement la norme. 

Dans la lumière apportée toujours par le bien, dans beaucoup de cas, il y a l'ombre orphelin du mal qui traine sous nos pas, jusqu'à nous conduire au cimetière de nos rêves.  Ici, on crève debout, en pensant vouloir faire uniquement le bien ou ce qui est bien. 

On espère le début d'une nouvelle ère pour repenser le bien en Haïti. Sinon, tous les gens de bien finiront par laisser leurs peaux en voulant continuer à agir uniquement par le bien qui, dans certains cas qui n'apportent plus rien de concret dans la balance entre le bien et le mal. 

 

Dominique Domerçant

 

 

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