Fin de mandat des sénateurs : le Sénat crie au complot

La fin de mandat des derniers 10 sénateurs de la République est le principal sujet de discussion depuis le début de cette année. Les opinions sont partagées.Pour le Centre d'analyse et de recherche en droits humains (CARDH), la question ne se pose même pas. Les sénateurs doivent partir en 2023. Et pour le Collectif des avocats pour la défense des droits de l'humain (CADDOH), ces élus doivent tirer leur révérence. L'institution sénatoriale, de son côté, dénonce une manœuvre de déstabilisation.

Dans une note parue ce 5 janvier 2022, portant la signature du président du tiers du Sénat Joseph Lambert, le Sénat s'est prononcé sur le sujet.Il s'agirait de «manœuvres de diversion et d'intimidation planifiées et mises en œuvre par les laboratoires occultes qui travaillent à la déstabilisation du Sénat depuis quelque temps», peut-on lire dans la note.

 

Depuis que l'ancien président Jovenel Moise avait déclaré constater la caducité du Parlement, le 13 janvier 2020, la Chambre des députés ne fonctionne plus et le Sénat de la République se trouve, par cette décision, amputé de deux tiers de son effectif. Ainsi, les 10 sénateurs restant avaient le malheureux privilège d’être les seuls élus de la République après l'assassinat du président Moïse.

 

Maintenant, le débat se résume à la question de savoir si les 10 sénateurs doivent partir l'année prochaine ou la semaine prochaine. Le Sénat dénonce une campagne qui aurait pour objectif de discréditer l’institution aux yeux de la population, en vue de procéder au renvoi des sénateurs. Cette décision, si elle est prise, aurait pour finalité d'instaurer un régime totalitaire dans le pays.



En ce sens «le Bureau invite la population à ne pas se laisser prendre au piège bien connu des apprentis dictateurs qui veulent, par tous les moyens, éliminer tous ceux et toutes celles auxquels le peuple haïtien délègue l'exercice de la souveraineté nationale, au regard de l'article 58 de la Constitution». Pour ainsi dire, ceux qui sont animés du désir de mettre fin aux mandats des sénateurs lundi prochain «rêvent d'établir un régime fort, où la totalité des pouvoirs est concentrée entre les mains d'une seule personne qui, elle-même, ne tire sa légitimité d'aucune entité constitutionnelle et démocratique», poursuit la note.

 

La faiblesse et l'absence des institutions habilitées à statuer sur le sujet laissent libre cours aux interprétations diverses. Ce bras de fer, qui semble se profiler entre l'exécutif et le reste de ces élus, n'augure rien de bon pour le paysdans les jours à venir.

 

Esdra Jeudy

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