L’OPC appelle les pays voisins à supporter les réfugiés haïtiens

Ce 20 juin marque la Journée mondiale des réfugiés. Pour l’occasion, l’Office de la protection du citoyen et de la citoyenne (OPC) appelle les pays de la région des Caraïbes et de l’Amérique de cesser les déportations massives des Haïtiens qui fuient leur pays à cause notamment de l’insécurité et la crise économique.

« L’OPC encourage les gouvernements de la région à remplir, sans discrimination, leurs obligations internationales au regard des droits de l’homme et celui des réfugiés conformément aux dispositions de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 28 juillet 1951 », lit-on dans une note de presse paraphée par le protecteur du citoyen, Renan Hedouville, le 19 juin 2022. 

De septembre 2021 à mai 2022, environ vingt-six mille (26 000) Haïtiens sont refoulés des États-Unis d’Amérique (USA). Près de neuf mille (9 000) autres déportés de la République dominicaine pour le seul mois de mai, a souligné l’OPC. 

En effet, la situation des migrants haïtiens ces dernières années est critique notamment en République dominicaine où le Groupe d’appui des rapatriés et des réfugiés (GARR) ne cesse de dénoncer les agissements des autorités de la migration . Selon son dernier rapport pour le mois de mai 2022, 4 488 migrants haïtiens ont été rapatriés en République dominicaine. 

Par ailleurs, L’OPC a aussi attiré l’attention sur la situation des réfugiés internes obligés de laisser leur domicile et de fuir les zones dangereuses où règnent les gangs armés. Plus de 16 800 déplacés incluant des personnes appartenant à des groupes vulnérables ont été identifiés et proviennent en grande partie de Martissant, Fontamara, Croix-des-Bouquets, Pernier, Bel-Air, Bas Delmas et la Plaine du Cul-de-sac. Certains se sont réfugiés. D’autres ont choisi de laisser le pays de façon clandestine, souligne l’OPC. « La situation de ces déplacés internes vivant dans des conditions d’extrême vulnérabilité et exposés à toutes formes de violence et d’exploitation nécessite une attention spéciale et urgente des autorités », a dit Renan Hedouville dans la note. 

Pour sa part, le GARR critique la politique migratoire des États-Unis qui refoulent les citoyens haïtiens qui fuient l’insécurité et les mauvaises conditions de vie, sans leur donner l’opportunité de formuler une demande d’asile. « Le GARR juge inefficace cette politique migratoire mise en place par les États-Unis, car, nombre de gens qui craignent pour leur vie ou leur avenir n’ont pas l’intention de rester en Haïti. Ils tenteront continuellement leur chance d’accéder au territoire américain. C’est d’ailleurs ce que confirme une enquête de l’OIM menée auprès de 383 personnes expulsées. Selon cette enquête, 69 % d’entre elles ne se sentent pas en sécurité dans le pays et 84 % souhaitent repartir à cause de la dépravation économique, politique et sécuritaire dans le pays », a publié la section communication et plaidoyer de cette structure dans un communiqué de presse ce 20 juin 2022. Elle lance un appel a la solidarité et recommande aux autorités de mettre un terme à l’insécurité qui sévit dans le pays et la crise économique, raisons premières de la fuite de nombreux Haïtiens vers d’autres pays.

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Retour sur les données de l’OIM

L’Organisation internationale pour la migration (OIM) a indiqué avoir fourni une assistance à plus de 11 mille rapatriés, dont plus de 8 mille en provenance des États-Unis, au cours des 4 derniers mois.

Pour le seul mois de janvier, 4 523 compatriotes ont été refoulés au pays contre 2 923 en avril, 2 561 en mars et 1 613 en février, a détaillé l’OIM.

C’est un total de 21 380 migrants haïtiens que les autorités américaines ont expulsé de leur territoire de septembre 2021 au mois d’avril dernier, selon cette structure. 

Pour marquer cette journée mondiale, le haut-commissaire pour les réfugiés, Filippo Grandi, dans son message, appelle les différents États à mettre un terme aux conflits et aux guerres qui sont la conséquence des départs forcés de bon nombre de personnes. « Les pays à travers le monde ont le choix : soit ils s’unissent pour inverser la tendance en mettant fin aux persécutions, à la violence et à la guerre, soit ils acceptent que le XXIe siècle soit marqué par la persistance du déplacement forcé. Nous savons tous quelle est la meilleure chose à faire», a fait savoir le haut-commissaire dans son message. Selon lui, le nombre de personnes contraintes de fuir reste supérieur à celui des personnes qui sont en mesure de rentrer chez elles, qui peuvent se réinstaller dans un pays tiers ou qui ont la possibilité de s’intégrer pleinement dans le pays où elles ont trouvé refuge.

Murdith Joseph 

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