Vers une réponse binationale pour réduire les décès maternels en Haïti

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Le Directeur régional de l’UNFPA pour l’Amérique latine et les Caraïbes plaide pour une réponse binationale efficace pour mettre fin aux décès maternels évitables en Haïti.

Harold Robinson s’exprimait lors d’une visite dans le pays et en République dominicaine, du 30 mai au 3 juin 2022.

 

Les lieux visités

Cette mission conjointe, à laquelle participaient les Représentants de l’UNFPA en Haïti, Saidou Kabore, et en République dominicaine, Sonia Vasquez, et leurs équipes, visait à comprendre la complexité de l’offre de services de santé maternelle afin de réduire la mortalité maternelle le long de la frontière.

La délégation en a visité deux des trois principaux points, à savoir Ouanaminthe-Dajabon et Anse-à-Pitre-Pedernales.

 

Les Haïtiens dans les hôpitaux dominicains

Plus de 50% de la fréquentation des hôpitaux dominicains se fait par des Haïtiens, a appris l’UNFPA lors de la visite de l’une des institutions sanitaires à Pedernales. Certains résident en République dominicaine tandis que d’autres proviennent directement d’Haïti en raison de la faiblesse du système de santé.

Les femmes vont en République dominicaine parce que les soins de santé maternelle de qualité sont disponibles et pris en charge par les hôpitaux, selon le Directeur départemental de la santé du Nord-Est, Dr Jean Denis Pierre.

Le renforcement de la disponibilité et la qualité des services en Haïti est une des solutions durables. “Si du côté haïtien, on arrive à offrir des services de qualité avec du personnel qualifié garantissant la disponibilité et l’accès, les Haïtiennes ne vont pas traverser la frontière”, estiment des membres de la société civile rencontrés.

 

Le manque de suivi

Des femmes haïtiennes arrivent en République dominicaine sans aucun suivi prénatal de qualité et parfois tardivement en provenance des localités comme Tilori, une localité du département du Centre. Cette situation fait augmenter le taux de décès maternel en République dominicaine.     

Il y a beaucoup de grossesses chez les adolescentes et le taux de césariennes est élevé en République dominicaine, dépassant les 15% recommandés par l’OPS. Les dominicaines réclament assez souvent la césarienne. Par contre, en Haïti, des femmes enceintes sont souvent portées contre leur gré en échange d’argent à faire une césarienne, selon des membres d’organisations.

 

Le système de santé dominicain

La gamme de services offerts en République dominicaine est plus large avec des spécialistes en médecine interne, urologie, chirurgie, orthopédie, gynécologie, pédiatrie et imagerie. Des 45 médecins disponibles dans l’hôpital visité, 25 sont des spécialistes.

Le système mis en place permet aux spécialistes dominicains d’offrir les services. Il y a un système de référence entre les différents niveaux de la pyramide de santé.

 

Pour surmonter les défis

Cette mission conjointe a montré une faiblesse dans l’offre de services de gynécologie et d’obstétrique du côté haïtien tandis que c’est l’inverse en République dominicaine. 

L’appui de l’UNFPA à la frontière Haïtiano-Dominicaine pour renforcer le système de santé porte sur les ressources humaines, les produits de santé de la reproduction/planification familiale, les équipements médicaux et le renforcement de capacité du personnel.

Haïti et la République dominicaine travaillent ensemble en vue de trouver une solution binationale et durable à la question de l’accès des femmes aux services de santé sexuelle et reproductive, selon le Représentant de l’UNFPA en Haïti, Saidou Kabore.

Nous sommes à Pedernales et à Anse-à-Pitre pour réfléchir sur l’appui à apporter aux Gouvernements d’Haïti et de la République dominicaine pour améliorer la santé maternelle, précise la Représentante de l’UNFPA en République dominicaine, Sonia Vasquez.

 

La solidarité entre les personnels médicaux

Il faut faire venir des médecins dominicains travailler quelques jours par semaine en Haïti pour améliorer la santé maternelle et réduire le flot de femmes enceintes vers la République dominicaine, selon l’Association des Femmes vaillantes d’Anse-à-Pitre.

Nous saluons la solidarité entre les personnels médicaux d’Haïti et de la République dominicaine par rapport à la santé des femmes enceintes et des nouveau-nés, indique le Directeur départemental du Sud-Est, Dr Newton Jeudi.

La délégation a rencontré, outre des responsables sanitaires, d’autres agences des Nations Unies en République dominicaine ainsi que des membres de la société civile des deux pays.

 

En condensé

Cette mission a fourni l’occasion d’échanger autour des problèmes de santé maternelle, de santé de façon générale, depuis la pédiatrie jusqu’à la chirurgie, en passant par les les services d’imagerie et de radiographie.

L’offre de service du coté haïtien mérite d’être améliorée tant en qualité qu’en quantité. Les centres devraient être en mesure d’offrir une plus large gamme de services avec une stratégie claire de rétention du personnel.

 

Des indicateurs préoccupants

Les indicateurs de santé maternelle demeurent à des niveaux préoccupants en Haïti. Le taux de mortalité maternelle a légèrement fléchi en 14 ans, passant de 630 pour 100 000 naissances vivantes à 529 en 2017 (EMMUS VI). Ce taux est plus de 7 fois plus élevé que la moyenne internationale fixée par les Objectifs de développement durable à l’horizon 2030.

La proportion de femmes ayant accouché en présence d’un personnel qualifié n’est que de 42%, tandis que seules 39% de femmes ont accouché dans une structure hospitalière, selon le même rapport.

Ces chiffres montrent qu’il reste de très nombreux défis liés à l’accessibilité aux services de santé pour une grande partie des Haïtiennes, avec des disparités géographiques profondes, notamment dans les zones rurales.     

 

Source: UNFPA

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