Les institutions et les normes entretiennent des rapports étroits et constants avec les faits. Elles ont leur fondement dans les données sociales, politiques et philosophiques. C’est un rappel que me faisait souvent mon ancien professeur de droit constitutionnel avancé, M. Jacques-Yvan Morin, dont j’ai eu la chance de suivre le cours intitulé : « Constitution, gouvernance, État de droit et droits fondamentaux dans l’ordre interne et externe », au cours de mes études de 2e cycle (maîtrise) en droit à l’Université de Montréal (UdeM).
Quand je suis devenu professeur de droit, j’ai toujours dit à mes étudiants que le droit n’est jamais neutre : c’est un produit politique, issu de rapports de force et de compromis. Dès lors, il est tour à tour — voire simultanément — une arme de libération et de domination, selon l’usage qu’on en fait.
La semaine dernière, j’ai publié un article intitulé : « Seule une bonne connaissance du droit peut permettre de défendre l’intérêt général ». Certains citoyens, exerçant une profession autre que le droit, ont estimé que ce titre était trop restrictif, puisque, eux aussi, mènent le même combat que des juristes au nom du bien commun. Ma réponse est simple : bien que complexe, le droit n’est pas confiné aux tribunaux ni aux facultés. Il est une “mathématique sociale” qui concerne tous les citoyens. À vos toges, citoyens ! Le destin d’Haïti est entre vos mains et relève de votre responsabilité.
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