« Gouverner c’est prévoir, et pour prévoir, il faut savoir ». La vulnérabilité aux désastres naturels de notre espace géographique n’est plus à démontrer. Des menaces multiformes, dont les cyclones, les inondations, les séismes et tsunamis taraudent nos esprits puisqu’elles risquent de nous couper l’oxygène de vie et d’appauvrir du jour au lendemain même les couches les mieux loties.
Si par une « boule de borlette » un citoyen peut dormir pauvre et se réveiller riche, avec d’ailleurs une probabilité infinitésimale; il est tout aussi vrai, sinon plus probable, qu’un citoyen puisse aller au lit très riche et se lever dans la pénurie la plus totale suite à une secousse sismique ou une inondation. À preuve, lors de l’évènement tragique du 12 janvier de 2010, une pléiade de propriétaires et investisseurs avaient rendu l’âme sous les décombres ; dans la douleur atroce. D’autres ont assisté au cauchemar de voir partir en cendre - en moins d’une minute - leurs immeubles, leurs personnels et leurs patrimoines construits sur des dizaines d’années.
Les pertes économiques post-désastres sont prévisibles et perceptibles à l’ œil nu quand les mesures de protection et les techniques modernes ne sont pas adoptées pour prévenir les dégâts. Notre génération a entamé et intensifié des réflexions et recherches sur les risques sismiques depuis seulement une décennie, car Haïti n’a pas vécu de tels scénarios sur le dernier demi-siècle. Cependant, il n’y a pas que les séismes qui désemparent le pays de ses ressources rares. Les inondations et les cyclones successifs qui se sont abattus sur notre pays ont également engendré des pertes énormes.
Par exemple, de Jeanne jusqu’à Matthew, notre ami Thomas Lalime a analysé la situation économique des derniers cyclones en Haïti, qu’il a évaluée à plus de 12 milliards de pertes économiques. Pourtant, selon le docteur en économie, ce n’est pas tant les catastrophes naturelles qui font mal aux familles et à la nation. Mais plutôt la gestion calamiteuse desdites catastrophes par les dirigeants myopes, incultes et cupides. Pour nous en convaincre, le chroniqueur du Nouvelliste de la rubrique « Des idées pour le développement » a rappelé que le taux de croissance économique en l’année du tremblement de terre a été de -1.5%, sans surprise une méforme économique notoire.
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