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Crise politique en Haïti : Fanmi Lavalas propose une piste de sortie

Crise politique en Haïti : Fanmi Lavalas propose une piste de sortie



Le parti Fanmi Lavalas se jette dans la mêlée pour formuler des propositions de sortie de crise, juge-t-il, proportionnelle à l’embourbement actuel de la nation. Déduisant que le système ne cadre pas aux besoins de la communauté, il appelle à l’instauration d’une transition politique de salut public.

Comme les autres structures de l’aile dure de l’opposition, le parti Fanmi Lavalas peint de façon très sombre la conjoncture haïtienne marquée par une crise sociopolitique et économique chronique. Dans une note signée du comité, la structure de l’ex-président Jean-Bertrand Aristide concède que le moment est venu de renverser « la donne » (chavire chodyè a). Selon la note, Haïti est en train de vivre une situation exceptionnelle caractérisée par un pourrissement de la réalité politique, de la dégradation de l’économie, du déficit de légitimité et de l’absence de la crédibilité. Fort de ces constats, lit-on dans la note, la crise nationale ne peut en aucun cas envisager à travers les lunettes constitutionnelles.

De l’avis des politiques, la crise est la conséquence d’une élite qui s’obstine à garder le statu quo. « En vue de sauver le système, il instaure une démocratie institutionnelle de façade à travers un régime économique et social basé sur des inégalités criantes, la main mise sur les pouvoirs politiques et la dilapidation des ressources nationales sur fond d’exclusion des masses populaires », déduit-il avant de réitérer l’engagement du parti au côté de la population dont il clame son réveil grâce, entre autres, du scandale Petrocaribe.

La note poursuit : « il faut que nous respections les aspirations au progrès, à une société juste et solidaire de ce peuple revendicatif qui réclame une nouvelle forme d’État. La nation mérite un niveau système plus en harmonie avec les rêves de nos pères fondateurs, une nouvelle vision de la République, la justice, la transparence et la participation ». Face à ce sombre tableau dessiné par les commissaires, les signataires lancent un solennel appel à la classe politique de s’armer de courage afin d’enclencher un processus de changement profond de paradigme et de la structure de gouvernance qui caractérisent le système actuel.

Opposant farouche à l’équipe en place, le parti n’envisage pas une possibilité de défaire le noeud sans mettre hors-jeu l’administration en place. Ainsi, présente-t-il un ensemble de recommandations vers un dégel heureux de la situation. « Il ne peut pas y avoir de solutions cosmétiques. Il faut une autre approche incluant la démission de Jovenel Moïse par la force de la mobilisation ; la démission de l’ensemble du gouvernement ; la constatation du dysfonctionnement aussi que la caducité du Parlement. Après tout cela, il faut mettre en place un Exécutif de salut public de 36 mois qui va s’engager à respecter et satisfaire les priorités de la feuille de route qui constituera son mandat », recommande le parti.

Entre autres priorités que doit cibler ce gouvernement, Fanmi Lavalas envisage dans son document, une amélioration des conditions de vie de la population à travers une gestion saine et efficace des priorités actuelles en attendant le nouveau gouvernement. Il fait mention aussi de la nécessité de la création d’une assemblée constituante en vue d’une nouvelle charte fondamentale définissant les contours de la nouvelle République ; l’organisation du nécessaire dialogue national et de s’assurer avoir pris toutes les mesures de réviser la loi électorale et mettre en place un nouveau conseil électoral. Toujours suivant la note, la transition doit se charger de rétablir la confiance entre la population et l’État et réaliser les réformes fondamentales afin de libérer la démocratie en construction et de faciliter la tenue dans le pays des élections libres honnêtes et crédibles.

Rappelons au passage que cette structure représentée par Maryse Narcisse était la première à basculer dans l’opposition à la suite des joutes contestées de 2015 et 2016. Mme Narcisse qui a défendu les couleurs du parti aux dernières élections siège depuis des années au directoire de Fanmi Lavalas. Durant sa campagne électorale, elle avait promis, entre autres, de s’attaquer à la faiblesse du cadre juridico-administratif, d’appuyer la justice, d’établir un appareil judiciaire de qualité et travailler sur la sécurité frontalière.

Mme Narcisse, médecin de formation, avait surtout détaillé son projet de gouvernance en le basant sur le renforcement de l’État et des investissements à travers un partenariat public/ privé, la mise en oeuvre d’une politique d’ouverture, la cohésion sociale, le dialogue constructif avec l’opposition, la relance du dialogue social, le renforcement des partis politiques, mais aussi la réalisation d’un compromis historique pour arriver au vivre ensemble.

Daniel Sévère




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