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Le vaste chantier qui attend le nouveau gouvernement

Le vaste chantier qui attend le nouveau gouvernement



Jovenel Moise est déjà à pied d’œuvre pour former un nouveau gouvernement. Le chef de l’État promet un gouvernement d’ouverture. Ce qui sous-entend que la possibilité de voir des figures de l’opposition au sein de ce nouveau gouvernement qui héritera l’ensemble des passifs du régime durant ces 10 dernières années.

À la suite de la démission de Joseph Jouthe, Jovenel Moise dit espérer pouvoir adresser dans les meilleurs délais le problème de l’insécurité et former au plus vite un nouveau gouvernement. Des prétendants aux postes, il y en aura beaucoup. La seule chose, ils doivent mesurer au moins la dimension de la tache qui les attend. La vie chère, l’insécurité, enlèvement contre rançon, instabilité politique, crise électorale, précarité, etc. sont autant de maux qui ravagent le pays actuellement. Les futurs membres du gouvernement auront l’impérieuse obligation de se colleter à ces problèmes, et de réussir là où les 5 anciens gouvernements de Jovenel Moise ont échoué.

En dépit de tout, le prochain gouvernement disposera d’au moins 10 mois pour asseoir sa politique générale qui devrait s’accentuer notamment sur les grands maux que traverse le pays. De nos jours, il n’y a plus de pratique de serviteur au sein de l’administration publique. Les pratiques des dirigeants s’inspirent notamment d’une perspective d’accumulation de richesse. Cette fois, il est temps de voir les choses autrement. Les prochaines initiatives devraient être prises dans l’idée d’orienter le pays vers une autre voie.

De nos jours, on observe à la persistance de l’insécurité alimentaire en marge de la crise sociopolitique et du prix élevé des produits alimentaires de base. Les prix élevés des produits alimentaires et les revenus agricoles faibles et en dessous de la moyenne continuent d’affecter négativement le pouvoir d’achat des ménages pauvres, qui se retrouvent en insécurité alimentaire. Dans les centres urbains, la crise sociopolitique réduit les opportunités d’embauche et, donc, les revenus pour un plus grand nombre de ménages pauvres et très pauvres, selon des rapports de l’OCHA et de la CNSA.

En 2021, l’insécurité alimentaire s’aggrave encore. Plus de 4 millions d’Haïtiens ont besoin d’une assistance humanitaire, selon la dernière analyse des autorités nationales et de l’ONU. Si les catastrophes climatiques expliquent en partie cette situation, la crise sociopolitique en est aussi l’une des principales causes. Une crise politique et sociale inédite paralyse le pays. Depuis l’été 2018, soit le 6 et 7 juillet, Haïti est touché par une crise politique et sociale profonde, plongeant le pays dans une paralysie presque totale. Le scandale Petrocaribe a été le catalyseur de ce mouvement, mais la gestion approximative du pouvoir en place a aggravé la situation.

28 février dernier, plusieurs milliers d’Haïtiens ont gagné les rues contre l’insécurité. Ils ont dénoncé la recrudescence des enlèvements commis par les gangs. Depuis l’année dernière, le pays enregistre une recrudescence des enlèvements contre rançon qui touche indistinctement toutes les couches sociales. Dans son rapport au secrétaire général sur la situation en Haïti (S/2021/133) du 11 février 2021, le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) a indiqué qu’au niveau de la lutte contre la violence de proximité, l’insécurité s’est aggravée, notamment sous l’effet d’une vague d’enlèvements et de plusieurs meurtres impitoyables.

Par ailleurs, l'interminable crise électorale se prolonge. Elle se poursuit avec la contestation de la légitimité de Jovenel Moise à organiser des élections pour le renouvellement du personnel politique en Haïti. Le pays fonctionne sans Parlement, et pour plusieurs postes électifs, le chef de l’État a effectué des nominations. C’est, entre autres, une situation qui mérite d’être adressée au plus vite. Les ministres du nouveau gouvernement ne sont, pour certains, pas encore nommés, mais de nombreux dossiers s’empilent déjà sur leurs bureaux. D’autant plus urgents et sensibles. L’heure est grave. Si rien n’est fait, Haïti plongera encore plus en récession. Environnement, chômage, éducation, insécurité, crise politique, enlèvement contre rançon, élections. C’est un vaste chantier et il n’y a pas de solution miracle. Pour sortir Haïti de cette impasse, il faut des changements fondamentaux, et de sérieux engagements de la part des nouveaux dirigeants.

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