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Cabinet ministériel d’Ariel Henry : des citoyens y voient le maintien du statu quo

Cabinet ministériel d’Ariel Henry : des citoyens y voient le maintien du statu quo



Si plusieurs organisations politiques dont le Secteur démocratique et populaire (SDP) ont rejeté l’installation de M. Ariel Henry comme Premier ministre pour diverses raisons, certains citoyens estiment que le cabinet ministériel de ce dernier consacre le maintien et le renouvèlement du régime PHTK et alliés au pouvoir.

Quelques heures après la publication de l’arrêté nommant les membres du cabinet ministériel ayant à sa tête Ariel Henri, les réactions des partis politiques et de la société civile sont sans appel. En effet, dans une note en date du 19 juillet, le Secteur démocratique et populaire dit rejeter « l’installation de M. Ariel Henry, comme Premier ministre, prévue pour ce mardi 20 juillet 2021, sans aucun accord politique avec l’opposition et la société civile ». Pour cette structure reconnue comme l’aile dure de l’opposition politique, « cette démarche n’est qu’une provocation politique qui mettra de l’huile sur le feu et enfoncera davantage le pays dans la crise avec comme corollaire l'aggravation des conditions de vie de la population ».

Tout en étant attaché aux revendications populaires comme le procès PetroCaribe, le SDP a profité pour attirer l’attention de « la communauté internationale et de son poulain, Ariel Henry, sur le fait que ce dernier n’a aucune provision constitutionnelle et légale pour monter un cabinet ministériel ». Le SDP a précisé que « l’article 149 de la Constitution dont fait état la communauté internationale s’applique seulement dans le cas d’un gouvernement en place, ratifié par le Parlement qui assure le pouvoir exécutif pour un temps bien déterminé ».

Comme plusieurs autres organisations politiques, pour le SDP, un accord politique est une nécessité. « Le Secteur démocratique et populaire, dit-il, informe que les discussions se poursuivent entre la classe politique et la société civile, toutes tendances confondues, pour proposer sans délai à la Nation une solution consensuelle qui tiendra compte des principales revendications de la population qui est en proie à la misère, la vie chère, la pénurie d’essence, l’insécurité généralisée plus particulièrement la zone du grand sud bloquée depuis plus de deux (2) mois ».

Pour la militante pro-démocratie Monique Clesca, qui a participé le samedi 17 juillet 2021, à la Conférence citoyenne inter-haïtienne de la Commission nationale pour la recherche d’une solution haïtienne à la crise, ce nouveau cabinet ministériel tend à favoriser le maintien du statu quo. « Soyons clairs : rien n'a changé sauf le nom d'un Premier ministre. Il appartient au même régime PHTK qui règne de manière chaotique depuis 10 ans avec le soutien des États-Unis. Et, c'est inconstitutionnel. La meilleure, la seule option est un agenda de consensus de la société civile haïtienne », a twitté, le 19 juillet 2021 Mme Clesca.

Le parti « Ayiti An Aksyon (AAA)» dit prendre ses distances par rapport au gouvernement d’Ariel Henri qui selon lui, tend à renouveler le statu quo dans le pays. « Le bon comportement commence par le haut. AAA s'est distancié du gouvernement d'Ariel Henry. Tous les postes clés vont à PHTK et alliés, violant le consensus et renouvelant les responsables qui ont provoqué le mécontentement populaire initial. La légitimité démocratique ne semble pas concerner M. Henry », a twitté ce mardi 20 juillet 2021, le leader de AAA, en l’occurrence, l’ancien sénateur Youri Latortue.

Pour ce dernier, « l’heure n’est pas à l’accaparement du pouvoir, mais à l’établissement de structures pour des élections crédibles et honnêtes ». Selon M. Latortue, « le consensus indispensable est méprisé par Ariel Henry qui entend diriger seul, sans feuille de route, pour renouveler le pouvoir décrié du PHTK et alliés ».

De son côté, le docteur en linguistique, de la Faculté de linguistique appliquée (FLA) de l’Université D’État D’Haïti (UEH), Renauld Govain, semble un peu sceptique avec cette nouvelle équipe gouvernementale. « Les mêmes visages vont, viennent et reviennent sur le devant de la scène. Que peuvent apporter ces bas-coup-loups dans la situation qui est nôtre? Que peut-on attendre d'eux? Ma 3e oreille me dit que Ti Mari p ap monte, Ti Mari p ap desann epi lepèp nan tray ak traka! », a tweeté ce mardi 20 juillet le professeur Govain.

Pour la structure dénommée « Vizyon Peyi », le « gouvernement d’Ariel Henri n’est pas viable et inclusif ». Selon elle, « un accord politique est un impératif pour bien fixer les responsabilités ». Avec ce nouveau gouvernement incité par le Core Group, la structure estime que « le ver est encore dans le fruit ». Toutefois, la structure a fait savoir qu’en absence d’une feuille de route dans laquelle figurent les principales revendications des masses et d’un chef d’État légitime garantissant la bonne marche des institutions, le drame est encore vital dans la société ».

Faut-il signaler que la Conférence citoyenne inter-haïtienne de la commission nationale pour la recherche d’une solution haïtienne à la crise qui avait pour objectif de « trouver un accord pour la gouvernance de la transition » a été doublée, samedi 17 juillet 2021 par le Core Group à travers un communiqué appelant Ariel Henry « à former un gouvernement consensuel et inclusif ».

Wisly Bernard Jean-Baptiste




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