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Sud : les habitants des communes de Maniche et de Camp-Perrin sont aux abois

Sud : les habitants des communes de Maniche et de Camp-Perrin sont aux abois



Dans l'idée de mener une enquête pour recueillir des informations (remplir des fiches techniques) sur les dégâts qu'a provoqué le séisme du 14 août 2021 dans le département du Sud, ainsi que la façon dont les gens ont pu comprendre ce phénomène, une délégation de 14 étudiants en science de la terre et de l'environnement, à l'École nationale de géologie appliquée (ENGA), a laissé la capitale d'Haïti pour se rendre dans les communautés de Maniche et Camp-Perrin, le 31 août 2021.

Les habitants des communes de Maniche et de Camp-Perrin expriment à quel point ils sont frustrés et indignés face à la situation qui sévit dans leurs localités suite au séisme du 14 août 2021. En effet, les aides locales et internationales destinées aux habitants du chef-lieu du département du Sud (Les Cayes), suivant le choix des points de distribution, sembleraient être politisées.

D’après les informations recueillies sur le terrain, la plupart des habitants déplorent le mode et le choix des sites de distribution. Les habitants de Maniche et de Camp-Perrin pensent que les aides sont restées concentrées dans la ville des Cayes. Les gens se plaignent du fait que certaines autorités de leurs villes, de concert avec des donateurs, conçoivent que leurs cas ne font pas objet d’attention. Pourtant ils sont sans-abri depuis le séisme. Cela fait maintenant deux semaines que certains d’entre eux n’ont jamais vu les autorités et n’ont jamais reçu, jusqu’à notre arrivée, d’assistance. Un grand nombre témoigne que la distribution se fait de manière sélective, pour les répéter: « kolòn ki bat ». Se sentant plus proches des faits, des ouvriers frustrés de la Mairie de Camp-Perrin montrent le niveau de l'exclusion dont ils sont victimes par leurs propos, on cite: « bon nou menm k ap travay nan meri a pa jwenn anyen lè bagay yo vini ». Les habitants de Lepiné dans la commune de Maniche expriment aussi leur mécontentement à propos du mode de déroulement de la distribution des kits et autres accessoires. Parfois, ils se font tabasser par des agents de sécurité. En lieu et place d’aide et d’entretien, pour eux, c'est une humiliation.

Onze ans après le séisme du 12 janvier 2010, les habitants ne comprennent toujours pas ce que c’est un séisme (goudougoudou). Certains pensent qu’il s’agit d’une sentence de Dieu, d’autres affirment qu’ils n’ont aucune idée. Peu d’entre eux (d’après les fiches techniques) sont au courant du séisme en tant que phénomène naturel, alors que la formation et l’information de la population sont deux éléments très importants dans la prévention du risque sismique.

Certes, ce qui est fait est déjà fait, les maisons sont endommagées ou détruites. Cependant, il n’est pas trop tard pour la mise en place d’une politique de gestion de risques sismiques afin d’atténuer l’intensité des dégâts du séisme en ce qui a trait à la perte de vies, des biens meubles et immeubles.

De ce fait, dans la formation de la population, l'intégration d’un cours de gestion de risques dans le système éducatif haïtien permettra aux habitants de cultiver les pratiques à adopter avant, pendant et après un séisme. Parallèlement, une meilleure compréhension du phénomène sismique incitera les autorités étatiques dans leurs prérogatives à mettre en place les mesures de prévisions en cas de séisme, à long et à moyen terme. Ainsi, on évitera des constructions près des berges et des infrastructures sur des pentes raides. On en finira avec les poutres en bloc, l’utilisation de matériaux non appropriés dans les constructions, tel est le cas de la plupart des constructions dans les communes de Maniche et de Camp-Perrin.

Étant donné que jusqu’à présent il n'existe pas de prévisions à court terme concernant le risque sismique, la meilleure chose à faire c’est de se préparer autant qu’on le puisse en s’intégrant dans un plan de mitigation, afin d'atténuer les intensités relatives des séismes. Un plan de gestion de risque sismique permettra à la population d’être résiliente, et de ce fait on évitera d’attribuer le phénomène sismique au terme de catastrophe. Par ailleurs, ce ne seront plus les phénomènes sismiques qui joueront le rôle de première campagne de sensibilisation au sein de la population.

Schneider Munder
Wishy Ben-Ony Dossou




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