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Le photographe et le mannequin : l’exploitant et l’exploité

Le photographe et le mannequin : l’exploitant et l’exploité



Entre vide juridique et manque de structure dans les agences, le mannequin en quête de célébrité est devenu la proie des photographes. Si, entre le photographe et le mannequin, le rapport premier devrait être professionnel, il n’en est pas moins personnel.

Le mannequinat, comme pratique artistique, a vu son jour presqu’en même temps que l’industrie de la mode en France avec Charles Fréderic Worth au XIXe siècle, précisément en 1858. Dans l’idée d’agrandir sa clientèle, Worth a sélectionné parmi ses vendeuses, les meilleures figures pour les faire porter ses pièces dans un défilé dans lequel il invite non seulement ses clients, mais aussi ses potentiels clients. Toutefois, l’institutionnalisation de cette pratique date de 1923 avec John Robert Powers aux États-Unis. Celui-ci a monté une agence (la toute première) pouvant répondre au besoin des différents secteurs : photographie, magazine, entreprise et autres.

Et la photographie quant à elle, a connu sa grande expansion au début du XXe siècle en Angleterre. Mais elle n’a pas mis beaucoup de temps pour couvrir toute l’Europe et le nord de l’Amérique. La photographie est vue aux yeux des couturiers et bookers (les patrons des agences) comme la pièce manquante du puzzle, du fait qu’elle immortalise les défilés-spectacles. Elle est une sorte de complément pour le couturier et mannequin.

Trois domaines qui tournent en boucle, la photographie, la haute couture et le mannequin (j’entends le mannequin ici dans le texte tantôt comme le domaine à pratiquer, tantôt les pratiquants dans sa double implication, à la fois homme et femme qui en fait usage). L’un est complément de l’autre dans un certain sens. Le couturier monte une pièce portée par un mannequin pour se faire photographier.

Dans certains pays, en France par exemple, il y a des lois qui régissent leur mode relation. Le mannequin est, d’un point de vue de la loi, un salarié, peu importe par qui il est embauché. Alors que chez nous en Haïti, juridiquement le terme mannequin n’existe pas. Il n’est inscrit dans aucun texte de loi ou tout autre texte ayant une portée juridique. Pourtant, entre maisons de haute couture, des studios photographiques et agences de mannequins, il y a plus d’une centaine ; ce qui est paradoxal. Ils sont tous livrés à eux-mêmes et règlent leur mode de fonctionnement comme bon leur semble.

Entre vide juridique et manque de structure dans les agences, le mannequin en quête de célébrité est devenu la proie des photographes. Ces derniers, prétextant vouloir l’aider à devenir célèbre, s’en profitent à tous les coups. Dans les conditions normales, soit le mannequin pose (se faire pendre en photo) pour le photographe sur un contrat payant, généralement appelé « contrat de cession » où le photographe exploite les images de celui-ci. Soit le mannequin paie le photographe pour un shooting et qu’en retour le photographe n’a aucun droit sur les images et ne peut les publier sans le consentement préalable du mannequin.

Inversement chez nous, le mannequin se fait exploiter à deux niveaux. Dans un premier niveau, le photographe exploite l’image du mannequin sans contrat de cession sous prétexte qu’il veut promouvoir la carrière de celui-ci, alors qu’avant tout, il ne profite qu’au photographe. Dans un second niveau, le mannequin est exploité sexuellement, parce que, pour avoir la grâce du photographe, il faut lui donner ti bout anba w. Ce qui fait que le photographe gagne sur deux tableaux.

Loin de voir finir ce petit jeu puisque ça parait normal pour les deux parties. Le mannequin ne se soucie presque pas de sa personne s’il se voit être au bout de sa quête, avec des photos de toutes sortes. Et le photographe, lui, ne fait qu’user son appareil pour agrandir la liste des filles qu’il a abusées.

Francky Saint-Fleur




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