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Florence Augustin revisite l’histoire d’Haïti à bord d'un tap-tap

Florence Augustin revisite l’histoire d’Haïti à bord d'un tap-tap



Dans un autre âge de l’histoire contemporaine d'Haïti, qui ne reviendra jamais, elle est cette figure emblématique, cette douce voix que l’on retrouve dans l’une des plus célèbres réalisations idéographiques de F. Marcelin, à la fin des années 80, qui porte les rythmes et les couleurs du groupe Kata, dans « Ann Mache Kata ». Florence Augustin « Pluriel », entre ses talents multiples et ses compétences variées, celle qui portait la robe bleue et chantait sur la carrosserie de la camionnette rouge, nous invite à revisiter l’histoire d'Haïti à bord d’un tap-tap.

Des mots croisés, des mots mêlés et autres sont proposés aux lecteurs de tout âge. Florence Augustin est l’auteure de cette belle aventure imprimée à l’encre patriotique de son cœur d’enfant attaché à la terre des Amérindiens.

Dans ce premier volume, composé d'une vingtaine de pages, illustré par Anouk Rousso, et sorti en 2020, aux Éditions Jacques Trouillot, Florence Augustin nous propose de faire un tour dans les souvenirs de nos ancêtres et la mémoire collective à travers un lexique historique. Sans réinventer la roue, avec une telle démarche à la fois pédagogique, instructive et récréative, un tel ouvrage devrait avoir une place dans le prochain musée des Enfants en Haïti. Il pourrait également inspirer les concepteurs du premier Musée des tap-tap en Haïti, tout en animant le parcours de la Biblio-Tap-Tap, ce projet qui ne fait pas trop de bruit, pratiquement beaucoup moins que la chanson « Kamyonèt cheri mennenm ale lwen... »!

Dans la préface, elle trouve les mots pour rendre un bel hommage à sa mère: « Une mère connaît toujours ses enfants. La mienne, Madeleine Kerlegand Augustin avait, dès mon plus jeune âge, constaté que j'étais une artiste, et elle s'est aussi rendu compte que le système scolaire ne me convenait pas. Elle m’envoya donc pendant les vacances d’été à différents cours: secourisme, couture, peinture, cuisine… Pensez bien que mon vocabulaire s’enrichissait à chaque fois, car chaque domaine a son vocabulaire propre ».

Durant l'année 1976, Florence Augustin se rappelle: « J’ai commencé avec le théâtre et dans les années quatre-vingt j’ai incarné Annie Mérien dans le feuilleton radiophonique de Mona Guérin (Woy, les voilà). J'étais en même temps animatrice de messes avec le groupe religieux Le Gitans et aussi l’une des fondatrices de Kata, mon groupe de chants populaires ».

Dans cette publication, c’est un hommage à la civilisation des Amérindiens, tout en s’amusant à travers la pratique des jeux instructifs et inspirants. Une belle occasion pour se rappeler de la période indienne et de mémoriser les termes comme: Ajoupa, Amulettes, Areytos, Boumba, Cacique, Fantassin, Pagne, Roucou, Tribut, Zémès. La division du territoire et des noms importants figurent également dans le menu de ces questions-réponses. La Magua, le Marien, le Xaragua, la Maguana, le Higuey, Bohéchio et Anacaona, Guarionex, Guacanagaric, Caonabo, Cotubanama, Arawak, Boumba, Haïti-Quisqueya-Bohio, sont autant de destinations et de personnalités immortelles et incontournables dans l’histoire de cette terre.

Dans la page 19, l’ouvrage offre un autre hommage plus personnel, à Mme veuve Clovis Charlot, née Camille Fortuné (Lily) . Elle fut une éducatrice et enseignante au grand cœur, une femme cultivée à la mémoire prodigieuse toujours au courant des nouvelles nationales et internationales, protectrice des plus faibles, cruciverbiste invétérée. Ce personnage féminin aussi inspirant est parti le 10 mai 2015, quelques mois avant de célébrer son centenaire le 9 octobre (1916-2016).

Dans « Mon histoire d’Haïti », par Florence Augustin, cette dernière tente d’envoyer des ondes positives sur le pays, à travers : « L’histoire de Françoise, une femme de soixante ans, qui se décide de rentrer en Haïti après cinq ans d’absence, pressée par l’invitation de sa sœur Isabelle. Elle lui a tellement parlé des changements survenus dans le pays au niveau social, culturel, juridique..., qu’elle voyage par curiosité, comme visiteuse. Pendant son séjour, son étonnement s’en va grandissant devant ce nouveau pays ».

De cette histoire, l’auteur conclut ce premier numéro de son « Tap-Tap », même si sur la couverture de l’ouvrage, c’est un camion « Bwa fouye », qui avance, chargé « Kou Legba ». Florence Augustin n’est pas à son premier coup d’essai dans la promotion de la culture nationale.

Dominique Domerçant




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