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« Prizon pata dwe lanfè »: trois (3) journées de formation pour les femmes après la prison

« Prizon pata dwe lanfè »: trois (3) journées de formation pour les femmes après la prison



L'Association Quatre chemins a organisé, en partenariat avec Avocats sans frontières Canada (ASFC), trois (3) journées de formation sur les droits humains pour une dizaine de femmes qui ont connu l’enferment en Haïti. Tenues à Yanvalou du 25 au 27 août 2021, ces séances instructives ont été animées par Me Evens Fils du mouvement Mutation, actuel bâtonnier du Barreau de Fort-Liberté.

C’est dans le cadre du projet « Prizon pa ta dwe lanfè », que cette formation a été organisée pour les femmes, des ex-détenues en particulier, qui ont vécu l'horreur et qui ignorent leur droit en tant que citoyennes de la nation. Durant cette formation, elles en ont profité pour raconter les déboires de la vie carcérale : punition, famine, parfois même le viol, en plus de cas de détentions préventives qui durent des années. Des femmes qui se retrouvent à croupir derrière les barreaux sans pouvoir être jugées. Parfois, qui tombent enceintes par des gardiens, autant de maux que connaissent ces femmes qui ont vécu le pire.

Les témoignages des ex-détenues poussent à croire que la prison en Haïti est tout simplement un enfer, en particulier pour les femmes. L'endroit où les coupables devraient purger leurs peines est devenu le lieu où l'inconcevable et l'interdit se produisent au quotidien.

Au menu de cette formation, des concepts, tels que réinsertion, réhabilitation, réparation, les types d'infractions ainsi que les différentes sanctions prévues par la loi haïtienne, ont été expliqués par le bâtonnier de l'Ordre des avocats de Fort-Liberté.

« Pendant cette formation portée sur les droits humains, elles ont appris les droits fondamentaux de la personne humaine, tels que : le droit à la liberté et le droit au silence, les limites des composantes judiciaires, le droit à la réparation de la part de l'État, les droits qu'elles possèdent avant, pendant et après leurs détentions », a confié l'homme de loi, Evens Fils qui est instigateur du mouvement Mutation, partenaire opérationnel sur le projet «Prizon pa ta dwe lanfè ».

Pour leur part, les femmes n’ont pas caché leur émotion. Marianette Bemora, jeune femme à peine dans la trentaine est bénéficiaire du projet, a dû passer plusieurs années à la Prison civile de Cabaret sans passer par devant un juge naturel. Elle a été incarcérée sans que la justice ne se penche sur son cas. Sans la juger pour ce qu’on lui reprochait. Aujourd’hui libre, elle se dit prête à recommencer et connaître ses droits, ses devoirs, c’est pour elle est une nécessité. « Je me réjouis de cette formation qui me permet d’avoir une bonne connaissance de mes droits, de savoir ce que je dois éviter de faire et comment je peux exiger réparation pour les torts dont j’ai subis », a-t-elle fait savoir.

Selon les responsables, « Prizon pa ta dwe lanfè » est un projet qui s’étale sur une période de cinq (5) mois environ sur Port-au-Prince et Ouanaminthe. La compagnie Hors-Temps aura à animer des ateliers de théâtre et performance avec ces femmes ex-détenues pour présenter un spectacle à la fin du programme. Ce projet se réalise sous le dispositif Théâtre citoyen, instauré par l’Association Quatre chemins et en partenariat avec le projet Accès à la justice et lutte contre l’impunité en Haïti, mis en œuvre par Avocats sans frontières Canada avec l’appui financier du gouvernement du Canada par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.

Bethaida Bernadel

PS Marianette Bemora est un nom d’emprunt




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